
Derrière le Prince
Auteur : Nicolas Marchal
Maison d’édition : Weyrich
Collection : Plumes du coq
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 204
Prix : 20 €
Livre numérique : /
EAN : 9782390770251
Cap sur Namur. Nous assistons au lever bougon de Philippe Floyon, enseignant de son état, qui va rejoindre sans réel entrain l’Athénée où il donne cours de français. À mesure que ses pas le rapprochent de sa classe, il rentre dans son rôle de professeur et il s’apprête à faire face aux adolescents dont il peine à retenir l’attention. Parmi ses élèves, voici Liz, et son départ vers l’école nous est aussi conté. Elle affronte son beau-père qui la houspille pour qu’elle ne soit pas une fois de plus en retard. Elle est à l’étroit dans sa vie d’adolescente et elle n’a pas sa langue en poche face aux adultes et à leurs incohérences. Et puis il y a Marceline, la mère de Philippe Floyon, qui réside en maison de repos non loin de là, qui ressasse ses souvenirs et essaie tant bien que mal de sauver les apparences. Soucieuse de sa mise, elle se débat avec son esprit confus qui mêle malicieusement passé et présent. Sans oublier Déborah, technicienne de surface dans la maison de repos, qui fait sa tournée du matin, observe et apporte sa vision des choses. En fin de journée, Philippe Floyon passera voir sa mère, il lui apportera les choux à la crème dont elle raffole et il se laissera faire quand elle le prendra pour son mari Albert, mort depuis bien longtemps. Il jouera devant elle le jeu des souvenirs, entretenant l’illusion avec moult détails, relatant son voyage en Inde. Continuer la lecture
Une fois de plus, la collection Espace Nord joue pleinement son rôle patrimonial, et nous charme par l’audace et la qualité de ses choix. Ainsi, c’est Dominique Warfa qui voit près de cinquante ans d’écriture mis à l’honneur.



Après
Il faut remercier Ange Leccia. En effet, l’artiste, qui présente son œuvre (D)’Après Monet au musée de l’Orangerie du 2 mars au 5 septembre de cette année, a donné envie à Jean-Philippe Toussaint d’écrire sur Monet. Et c’est un délice de livre minute, dans un format que l’auteur pratique régulièrement depuis
Quand on ouvre un livre de Quiriny, on entre, à la suite de ses personnages, dans un monde à part. Parfois, ce monde clos est joyeusement cauchemardesque ; parfois c’est un délice hors du temps.
Automne 2021 : Espace Nord sort son 400e numéro, La Fureur de lire fête ses 30 ans. Les comptes ronds incitent à marquer le coup et ce double jubilé ne fait pas exception. Ce n’est donc pas une réédition classique dans la collection patrimoniale qui a hérité, par le hasard de la numérotation, de ces deux zéros sur sa tranche. Et, tant que l’on parle de chiffres, il ne s’agit pas à proprement d’une mais plutôt de vingt-deux rééditions. Vingt-deux !? Dans un seul volume ? Parfaitement ! Vingt-deux nouvelles, échantillon choisi parmi les plus de cent plaquettes éditées dans le cadre de la Fureur de lire. Tâche ardue à n’en pas douter. 
Dès l’ouverture, Clairières pose dans le derme du concret des questions d’ordre symbolique. Robert, le personnage principal, se touche le ventre, et palpe en même temps que sa peau le passage du temps. Il s’enfonce un doigt dans le nombril, jusqu’à la douleur. Dans son esprit se fait jour une intuition, qui lui fait relier sa naissance à sa mort, par le fil de la souffrance.
Ernest Dubois, professeur de français maniaque de la langue et ornithophobe, de retour d’un voyage, se trouve confronté à la présence inopportune d’un oiseau introduit dans son appartement. Il tourne les talons et s’enfuit dans la nuit. Dans les toilettes des dames de la gare du Midi, Kommer Baert, occupé à recopier les graffitis afin d’alimenter le corpus de son étude, est sommé de vider les lieux par la tempétueuse Madame Pipi, Fintje. C’est alors que les deux hommes se rencontrent, se suivent, prennent langue, et c’est le début d’une histoire d’amitié et de rivalité, une histoire où chacun devient un peu plus lui-même en se mêlant aux autres, une histoire qui doit peu au rationnel, une histoire belge en somme.