Statbel, l’office belge de statistique, mène chaque année une enquête sur les revenus et les conditions de vie des Belges, dite enquête SILC. Parmi les éléments pris en compte figurent les pratiques culturelles, et notamment les pratiques de lecture. Les résultats de l’année 2022 viennent d’être publiés. Des résultats éclairants, même s’il convient de les appréhender avec quelques précautions : l’année 2022 a encore été marquée par des périodes de confinement et donc de fermeture de lieux de culture. La lecture est alors restée l’une des rares pratiques culturelles accessibles.
Pour le volet lecture, les personnes participant à l’enquête ont dû répondre à la question suivante : « Avez-vous lu des livres au cours des 12 derniers mois, y compris des livres électroniques et des livres audio ? ». Les réponses dessinent le profil socio-culturel des lectrices et lecteurs en Belgique.

Tableau des pratiques de lecture fourni par Statbel
Qui lit, qui ne lit pas
Premier enseignement : 60% des répondants déclarent avoir lu au moins un livre ; 19% déclarent même avoir lu 10 livres ou plus.
Derrière ce résultat, de grandes disparités se font jour. Si l’enquête ne révèle pas de différence en fonction de la géographie, elle met en avant l’influence du genre sur les réponses. 67% des femmes répondant à l’enquête déclarent avoir lu au moins un livre ; les hommes sont seulement 52 % dans le cas. Elles dominent aussi la catégorie des grands lecteurs (ceux qui ont lu au moins 10 livres) : 24 % des femmes appartiennent à cette catégorie, et 15 % des hommes.
L’enquête de Statbel tord le cou à un stéréotype répandu, puisqu’elle montre que les jeunes (18 à 24 ans) ne lisent pas moins que les personnes d’âge actif. L’âge a toutefois bien une incidence sur les pratiques de lecture : ce sont les répondants de 75 ans ou plus qui lisent le moins.
Un autre critère de différenciation est le travail : les actifs sont ainsi plus nombreux à avoir lu au moins un livre que les inactifs, les chômeurs ou les pensionnés.
Enfin, le rapport à la lecture est aussi déterminé par le niveau d’études. 78% des personnes diplômées du supérieur ont lu au moins 1 livre ; 39% seulement des personnes qui ont au plus un diplôme du secondaire inférieur peuvent en dire autant.
Pourquoi ne pas lire
Les statisticiens se sont aussi intéressés aux raisons données par les 40% de la population qui n’ont lu aucun livre.
Le motif le plus fréquemment invoqué est le manque d’intérêt pour la lecture : 29 % des Belges sont dans le cas. Là aussi, de grandes disparités existent, puisque 47 % des personnes qui ont au plus un diplôme du secondaire inférieur et 41 % des chômeurs fournissent cette réponse.
Le deuxième motif invoqué (6,3 % de la population) est le manque de temps. Une réponse qui revient surtout chez les indépendants.
Le manque de moyens financiers pour se procurer des livres n’est avancé que par 0,3 % de la population totale, mais par 1,2 % des personnes à risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Lesquelles, néanmoins, sont 50 % à avoir lu au moins 1 livre.