
Qu’est-ce qu’un beau livre ?
Pour une bibliophilie populaire
Auteur : Jan Baetens
Maison d’édition : Presses universitaires de Liège
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 228
Prix : 23 €
Livre numérique : /
ISBN : 978–2‑87562–510‑6
Voici un essai qui, à plus d’un égard, ne manquera pas de surprendre, voire de déranger. Les mots « beau livre » et « bibliophilie » semblent annoncer une réflexion sur l’amour des éditions originales, des tirages réduits, des reliures soignées, des illustrations artistiques ou encore des dédicaces d’auteur. Certes, l’épithète « populaire » voudrait infléchir le caractère élitiste de cet engouement, mais en l’occurrence elle parait plutôt contradictoire. Quant à l’expression ambigüe « beau livre », elle peut viser aussi bien l’aspect visuel que la qualité littéraire. Bref, associant une question et une intention, le titre de Jan Baetens n’affirme rien, ne promet rien : il se contente d’amorcer une recherche. Paradoxe supplémentaire, le volume est édité par des Presses Universitaires, ce qui suggère une œuvre savante, solidement charpentée, exempte de fantaisie et de subjectivité… Comment manœuvrer devant cet entrelacs de pièges et de défis ? Continuer la lecture

C’est de mélancolie et dans le même mouvement, d’une fervente passion que se nourrit le dernier roman de Marc Pirlet, Une vocation. Marc Pirlet est né à Liège en 1961. Après de nombreuses années consacrées au voyage, il s’est réinstallé dans sa ville natale. En presque quinze ans, il vient de publier son huitième livre : des récits, des romans, des livres toujours marqués par une extrême attention aux trajectoires des personnages, et qui se lisent aussi comme des témoignages non « sur » l’époque mais issus des femmes et des hommes de notre histoire. Malgré la réticence de l’auteur à développer des fictions de rebonds et de mystères, il existe dans l’écriture de Marc Pirlet une puissance et une intimité de ton qui en font déjà un auteur qui compte dans le paysage littéraire. Témoins, entre autres, ces prix réguliers dont son œuvre est couronnée. Saluons ici aussi la fidélité des Éditions Murmure des soirs qui l’ont révélé en 2009. 





Perché sur un échafaudage, à huit mètres du sol, pour revivre la situation qu’il occupait en tant qu’ouvrier dans une confiturerie, un homme vieillissant pose à la faveur de cette « madeleine » désabusée un regard sur les morceaux de sa vie qui lui reviennent en mémoire. Sans ordre et sans passion, comme s’il était étranger aux remontées erratiques de ce passé qui, de chapitre en chapitre, nourrissent son soliloque mental (« Je commence à me plaire ici en haut. J’y vois ma vie défiler, saccadée, démolie, sauvée, espérée, voulue, détestée, attaquée, vermoulue, repeinte, rouillée, abattue, noyée, brûlée. » Ou encore : « Quand j’y pense, il me semble que j’ai toujours regardé le monde de travers en oblique »). Si, à l’heure du choix, il a quitté l’école pour la vie active, c’est seulement parce qu’il « s’y emmerdait ». Ce qui allait donc le mener à gratter à longueur de journée les dépôts de sucre sur les hauts murs de la confiserie au risque de basculer depuis les planches étroites et branlantes jusque dans les cuves fumantes où bouillonnaient les fruits.
Un ouragan dans la barbe est le premier album de l’autrice Noelia Diaz Igelisas. Dans cette bande dessinée qui emprunte des thématiques et certains traits à l’album jeunesse, la narration se révèle efficace, les procédés graphiques joyeux et expressifs et les personnages (dont le grand-père barbu, et Hugo que nous apercevons tous deux sur la couverture) attachants et singuliers. 
Paul prend la route… Contrairement au bouquin qu’il trimballe, le récit de ses aventures est un texte savoureux.