Centenaire du surréalisme : deux expositions au Daily-Bul

expo daily bul surrealisme

En cette année de cen­te­naire du Man­i­feste du sur­réal­isme, le Cen­tre Dai­ly-Bul & C° met­tra le sur­réal­isme à l’hon­neur à tra­vers une dou­ble expo­si­tion. À décou­vrir du 27 sep­tem­bre au 9 mars. 

La Louvière, une tradition surréaliste

La Lou­vière a été l’un des grands foy­ers du sur­réal­isme en Bel­gique. C’est en 1934 qu’y est créé le groupe Rup­ture. Il est fondé par Achille Chavée, Albert Ludé, André Lorent et Mar­cel Par­fondry, que rejoignent ensuite Fer­nand Dumont, Mar­cel Havrenne, Jean Dieu, André Bovy, Mar­cel Lefrancq, Bob Deplus, Max Michotte, Con­stant Mal­va (Alphonse Bourlard), René Lefeb­vre, Max Ser­vais, Armand Simon et Pol Bury. Il se don­nait pour objec­tif de « forg­er des con­sciences révo­lu­tion­naires, par­ticiper à l’élaboration d’une morale pro­lé­tari­enne et col­la­bor­er étroite­ment à l’évolution du mou­ve­ment sur­réal­iste ».

Achille Chavée Le persécuté

Achille Chavée, Le per­sé­cuté, 1939, encre sur papi­er, La Lou­vière, col­lec­tion de la ville

La Lou­vière a accueil­li l’Ex­po­si­tion inter­na­tionale du sur­réal­isme, en octo­bre 1935.

Après les années sur­réal­istes pro­pre­ment dites, la cité hain­uyère a tou­jours con­servé un lien avec le mou­ve­ment, en par­ti­c­uli­er par la créa­tion, en 1957, du Dai­ly-Bul, dont le Cen­tre Dai­ly-Bul & C° fait désor­mais vivre la mémoire.

Situé dans une mai­son de maitre en plein cœur de La Lou­vière, le Cen­tre Dai­ly-Bul & C° con­serve le fonds d’archives retraçant l’intense activ­ité édi­to­ri­ale et évène­men­tielle du Dai­ly-Bul. Le Dai­ly-Bul est une pen­sée, une revue et une mai­son d’édition fondée par André Balt­haz­ar et Pol Bury à La Lou­vière, en 1957, dans les brisées du mou­ve­ment Cobra et du sur­réal­isme belge. Ces archives per­me­t­tent de plonger au cœur même de la pen­sée Bul et de com­pren­dre le chem­ine­ment menant aux édi­tions aux­quelles ont par­ticipé des artistes tels que Pierre Alechin­sky, Achille Chavée, Chris­t­ian Dotremont, Jean-Michel Folon ou encore Roland Topor. Au fil des années, le fonds de l’auteur et dessi­na­teur Roland Breuck­er, les archives du trimestriel satirique El Batia Moûrt Soû, le fonds de l’artiste mul­ti­dis­ci­plinaire Hen­ry Leje­une, les archives des édi­tions 100Titres, les archives et la bib­lio­thèque de l’architecte-poète-bibliophile Pierre Put­te­mans, la riche bib­lio­thèque du pas­sion­né et pas­sion­nant régis­seur Luc Rémy ou encore les dessins orig­in­aux tein­tés d’humour du car­toon­iste Péji sont venus enrichir ce noy­au orig­inel.

La pen­sée Bul est à l’origine de nom­breux dél­its artis­tiques que le Cen­tre Dai­ly-Bul & C° con­serve et val­orise tout en gar­dant à l’esprit la notion d’impertinence, véri­ta­ble fil rouge des col­lec­tions.

Historique et contemporain

Le Cen­tre Dai­ly-Bul & C° ne pou­vait donc pass­er à côté de la célébra­tion du cen­tième anniver­saire du Man­i­feste du sur­réal­isme. Et le cen­tre met les petits plats dans les grands avec deux expo­si­tions. L’une, “Ça est deux pipes”, man­i­festes et con­tre­man­i­festes sur­réal­istes, adoptera une ori­en­ta­tion his­torique. L’autre, Luna Lam­bert, je souf­fle mes bou­gies, pays de feu fol­let, s’in­téressera à la sur­vivance con­tem­po­raine du sur­réal­isme.

Ça est deux pipes”

Jane Graverol Le rendez-vous

Jane Graverol, Le ren­dez-vous, 1977, pas­tel sur car­ton, La Lou­vière, col­lec­tion de la ville

Dans l’exposition his­torique, le vis­i­teur décou­vri­ra dif­férents textes man­i­festes (ou, à l’inverse, « con­tre­man­i­festes ») issus des mou­ve­ments et revues sur­réal­istes français et belges dont La Révo­lu­tion sur­réal­iste, Mino­tau­re, Les Lèvres nues, Cor­re­spon­dance, La Carte d’après nature, Le Ciel bleu, Mau­vais Temps, Dai­ly-Bul ou encore Phan­tomas et Aménophis.

L’exposition présen­tera aus­si des cor­re­spon­dances inédites d’André Bre­ton et de René Magritte, ain­si que des toiles récem­ment mis­es au jour de la péri­ode sur­réal­iste de Pol Bury. Toutes ces archives, graphiques et textuelles, seront ani­mées par l’accrochage de tableaux ou d’affiches emprun­tées à dif­férentes col­lec­tions, publiques et privées, avec une scéno­gra­phie forte, inspirée de celles pro­posées en leur temps par les artistes sur­réal­istes français et belges.

L’exposition est accom­pa­g­née d’un cat­a­logue sci­en­tifique, avec des par­tic­i­pa­tions notam­ment de Paul Aron, Chris­tine Béchet, Xavier Canonne ou Suzanne Van­derveken, fins con­nais­seurs du sur­réal­isme en Bel­gique.

Le Cen­tre Dai­ly-Bul & C° souhaite par ailleurs renouer avec la tra­di­tion du livre d’art et d’artiste en Bel­gique. Dans ce con­texte, la con­cep­tion du cat­a­logue de l’exposition his­torique a été con­fiée à Alex­ia De Viss­ch­er et Raphael Van Leer­berghe, un binôme de graphistes éditeur.ice.s brux­el­lois-hen­nuy­er qui a fait du tra­vail sur les archives et les doc­u­ments his­toriques l’une de ses spé­cial­ités.

Luna Lambert

Luna Lambert

Luna Lam­bert, I love Paris but Paris hate me, 2023, série de porte-clés — © Luna Lam­bert

Luna Lam­bert (Tour­nai, 1987) est une artiste lou­viéroise émer­gente qui col­lecte des images, des sons, des réc­its et des objets du quo­ti­di­en, sou­vent délais­sés, pour en faire le point de départ de ses créa­tions. Ses œuvres, à mi-chemin entre l’art et la vie, explorent l’imagerie pop­u­laire et les lieux com­muns pour engager une réflex­ion col­lec­tive sur l’existence. Par un jeu de col­lec­tion et d’assemblage d’objets récupérés, elle pro­pose de nou­velles per­spec­tives sur le réel, sans chercher à en dévoil­er les mys­tères. Son tra­vail prend la forme d’installations mêlant matéri­aux mod­estes et objets mul­ti­mé­dias, où l’image devient un sym­bole mal­léable et éphémère.

Dans le cadre de son expo­si­tion au Cen­tre Dai­ly-Bul & C° cet automne, Luna Lam­bert présente trois instal­la­tions, de dimen­sions assez impor­tantes, dans les salles de l’exposition his­torique, ain­si que divers pro­jets mul­ti­mé­dias et une pub­li­ca­tion d’artiste.

Une pre­mière instal­la­tion prend place dans l’espace vit­rine du Cen­tre Dai­ly-Bul & C°, vis­i­ble depuis la rue, durant les horaires d’ouverture ; un deux­ième dis­posi­tif allie sculp­ture, gravure et textes dans la salle bib­lio­thèque ; et, enfin, au pre­mier étage, Luna Lam­bert a sélec­tion­né, dans le cadre de sa troisième instal­la­tion, des pièces dans l’exposition his­torique.

D’un point de vue mul­ti­mé­dia, Luna Lam­bert pro­pose égale­ment une prom­e­nade audio au sein de l’exposition et de ses œuvres, ain­si que cinq vidéos Tik­Tok, médi­um qu’elle utilise régulière­ment pour déploy­er ses réflex­ions médi­ta­tives sur les textes qu’elle lit et les œuvres qu’elle conçoit, per­me­t­tant de cibler un pub­lic plus jeune, sou­vent éloigné des con­tenus artis­tiques.

La pub­li­ca­tion de Luna Lam­bert con­siste, quant à elle, en un livre d’artiste pro­duit à 50 exem­plaires qui sera en vente au comp­toir du Cen­tre Dai­ly-Bul & C°. Pour la pre­mière fois dans son tra­vail, l’artiste associera du texte écrit par elle-même à ses images.

En pratique

Cen­tre Dai­ly-Bul & C° — Rue de la loi, 14 — 7100 La Lou­vière
Du 27 sep­tem­bre au 9 mars
Ma-ve, 13h — 17h ; sa-di, 14h — 18h
Entrée libre
Site inter­net

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