Xavier Deutsch, Petit con, Oskar, 2024, 89 p., 8,95 €, ISBN : 979–1‑0214–0847‑0
Le nouvel opus de Xavier Deutsch se déroule à une époque où les francs (belges ou français, nous l’ignorons) étaient toujours d’actualité. Willy est un jeune garçon de 10 ans qui aime écrire des mots sur les murs avec ses amis Gilbert et Michel. Un jour, quand il est dans sa classe avec ses camarades, son instituteur l’envoie au tableau et lui demande qui est Charlemagne. Willy ne connaît pas la réponse à cette question et, en plus de se moquer de lui, son enseignant demande à Augusta, son ex-amoureuse, de lui infliger des coups de règle sur les doigts devant tout le monde (« Alors, Crâne de moule, vous ne savez point ? Que vous êtes bête ! Permettez-moi de vous le dire, vous êtes un petit con. »).
Notre héros ne se laisse pas pour autant démonter par les brimades injustes de son professeur. Animé par une belle légèreté et une grande curiosité, il s’en va explorer la foire sur la place du village où une diseuse de bonne aventure le met en garde contre « des hommes forts ». Loin de se laisser déstabiliser par cet avertissement, Willy découvre les coulisses d’un spectacle de marionnettes et ne peut s’empêcher de dérober le personnage du lion, mettant ainsi dans l’embarras la responsable de la pièce, qui lance trois saltimbanques peu commodes à ses trousses. Une course poursuite commence alors entre notre héros et les bandits recherchés par la police internationale. Willy parviendra-t-il à sortir indemne de cette délicate situation ?
Dans Petit con, Xavier Deutsch nous donne à lire une histoire courte, simple et facile à lire écrite dans un style fluide teinté d’un humour léger.
Tout à coup il voit un type qui se tient devant lui avec un revolver colorié en rouge dans la main. Le type dit :
- Pouche parsi, mébélone !
- Plaît-il ? Ne parlez-vous pas un langage chrétien ?
- Achtoune ! Parsila monneye !
Avec celui-là, qui porte un revolver, il y en a deux autres : de grands gaillards qui sont habillés de façon bizarre et qui portent des moustaches noires au milieu de la figure. Willy, alors, se dit que ces trois personnages doivent être des saltimbanques, et il décide de ne pas faire le malin. Il demande :
- Que puis-je pour vous, mes bons amis ?
- Achtoune bité ! Parsila monneye !
Alors, comme le gars fait un geste vers la porte avec son revolver, Willy comprend qu’il lui propose de sortir. Sauf que, dehors, le ciel commence à sentir l’orage. Est-ce bien nécessaire de risquer de se mouiller le paletot ?
Conformément à la lignée éditoriale de la maison d’édition, ce récit nous offre un contenu éducatif qui invite les jeunes lecteurs à réfléchir sur le monde pour les aider à construire leur identité. L’histoire de Willy les questionne sur la relativité des étiquettes attribuées parfois de manière trop hâtive aux enfants, mais aussi sur le pouvoir insoupçonné de l’amitié et la solidarité.
Séverine Radoux