COLLECTIF, Quelqu’un à qui parler, Esperluète, coll. « En toutes lettres » 2024, 128 p., 19,5 €, ISBN : 9782359841930
Le premier centre de Télé-Accueil belge a été créé à Bruxelles le 9 novembre 1959 par le Chanoine Raymond Van Schoubroeck. Sorti assez rapidement du giron de l’Église, il a évolué au cours des décennies tout en maintenant son objectif premier : accueillir par téléphone, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, dans l’anonymat, toute personne désirant parler à quelqu’un et sortir de son isolement. Avec l’évolution des techniques, l’écrit conversationnel a aussi trouvé sa place, avec le chat. Si on le sait moins, on ne peut que saluer une autre fonction de cette ASBL. Témoin de l’évolution des phénomènes sociaux, le Télé-Accueil agit en tant qu’Observatoire social. Avec d’autres acteurs, il répercute les tendances, les questions émergentes aux décideurs politiques, au monde associatif et au grand public. Continuer la lecture

Dans ce récit d’anticipation, Xavier Deutsch nous projette en décembre 2087 dans les Asturies. Émile Poil, un vieil homme de 86 ans, dont le métier consiste à conduire des personnes, communiquer des messages et allumer des feux, est chargé cette fois-ci d’emmener un jeune garçon de 12 ans, Antonin, auprès de Cisco, à 40 kilomètres dans les montagnes. Des raisons de ce voyage, nous ne savons rien et un brin de mystère planera tout au long du récit. 

Voici une initiative originale née dans la foulée de la Foire du livre : rassembler en un recueil des textes écrits par des migrants et d’autres créés pour l’occasion par quelques-uns de nos écrivains francophones et par des personnes impliquées dans les mouvements aux côtés des réfugiés. Ce pari littéraire qui juxtapose les contributions en un jeu de miroirs ne va pourtant pas de soi. Comme le rappelle justement Xavier Deutsch :
Xavier Deutsch fait appel ici à toute l’humanité qu’il est possible de mettre dans un livre. Il nous présente d’une part la terrible réalité que vivent les milliers de réfugiés sur la route de l’exil. Et, d’autre part, la montée de l’intolérance, de l’ignorance et leurs conséquences en Europe.
Qui a‑t-il de commun entre un Parisien d’âge moyen travaillant dans une agence d’images et des apprentis djihadistes au Yémen ? Une photo. Celle d’un groupe. Elle ressemble à une photo de classe. Et puis arrive une blague, parce que Nicolas, le Parisien, se dit que ça serait drôle de flouter un des visages barbus. Que ça aurait des conséquences pour le « flouté » en question. En effet, les répercussions dues à cette petite modification anodine, faite sur un coup de tête, dépasseront celles que Nicolas aurait pu imaginer. 
