La vache qui regarde passer le train

Buhbinder Penka la vache bulgare

Penka, la vache bulgare

Autrice : Ari­ane Buh­binder

Mai­son d’édition : Lans­man

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 40

Prix : 10 €

Livre numérique : /

ISBN : 978–2‑8071–0460‑0

Un cou­ple de fer­miers, Yvan et Zla­ta, vit dans un vil­lage bul­gare, à la fron­tière avec la Ser­bie. Leur spé­cial­ité ? Le véri­ta­ble yoghourt bul­gare fab­riqué à par­tir du bon lait de leurs vach­es. Dès les beaux jours, le cou­ple emmène le trou­peau en pâture, plus haut dans la mon­tagne. Par­mi les bovidés, il y a Pen­ka, une vache rousse, enceinte de plusieurs mois. Son appétit dévo­rant l’amène à tra­vers­er la voie fer­rée, à la recherche d’herbe fraiche. Les autres n’osent pas la suiv­re. Intrépi­de, Pen­ka aime regarder pass­er le train. Ces derniers temps, le chemin de fer est toute­fois très fréquen­té. Qui sont ces per­son­nes qui lon­gent les rails ? Quelques min­utes de dis­trac­tion, et voilà Pen­ka qui perd le reste du trou­peau. Elle se met alors elle aus­si à longer les rails… elle fini­ra bien tôt ou tard par retrou­ver sa mai­son. Sur sa route, elle croise dif­férentes per­son­nes de pas­sage sur ces ter­res.

À la ferme, Yvan trou­ve un jeune migrant caché dans son tracteur.  Les ani­maux – poules, coq, chien, chat et âne – com­mentent cette anec­dote, ce qui nous vaut un dia­logue cocasse truf­fé d’expressions ani­mal­ières :

Mais trop tard, l’âne est vexé et fait la tête de mule. (…) Et lorsqu’enfin Yvan et Zla­ta accourent et parvi­en­nent à sépar­er le chien du chat en faisant taire toutes les poules mouil­lées (…). 

Les fer­miers finis­sent par se ren­dre compte de la dis­pari­tion de Pen­ka. Vont-ils retrou­ver leur vache ? Per­due et sans papiers, que peut-elle bien faire ? L’affaire vire à l’absurde.

Cette pièce tra­gi-comique est basée sur une his­toire vraie. En 2018, une vache bul­gare a franchi la fron­tière et s’est retrou­vée bien mal­gré elle en Ser­bie. Les règles européennes exigeaient que la vache dis­pose d’un cer­ti­fi­cat attes­tant sa par­faite san­té avant son retour dans l’Union européenne – la Bul­gar­ie faisant par­tie de l’Europe, au con­traire de la Ser­bie. Faute d’un tel doc­u­ment, les autorités bul­gares avaient exigé qu’elle soit abattue. Son pro­prié­taire avait alors lancé une péti­tion pour la sauver et l’histoire de Pen­ka avait fait le tour du monde. Paul McCart­ney him­self avait pris la défense du bovin avec le #SavePen­ka. Cette his­toire ubuesque – et pour­tant totale­ment vraie – regorge d’humour. Le nar­ra­teur – qui peut être incar­né par une ou plusieurs per­son­nes – annonce d’ailleurs d’entrée de jeu une his­toire incroy­able, presque « à dormir debout ». Mais der­rière l’absurdité et l’ironie de la sit­u­a­tion, Ari­ane Buh­binder met en lumière le triste sort de mil­liers de per­son­nes qui gag­nent l’Europe dans l’espoir d’un avenir meilleur.

La pièce Pen­ka, la vache bul­gare, qui a été créée en août 2025 aux Ren­con­tres jeune pub­lic de Huy et s’adresse aux enfants dès sept ans, a été écrite pour être jouée en théâtre d’objets (sans oblig­a­tion toute­fois de suiv­re cette indi­ca­tion de mise en scène). Le texte, pub­lié aux édi­tions Lans­man Jeunesse, traite de la migra­tion et rend hom­mage à toutes ces per­son­nes qui n’ont pas de papiers et cherchent asile en Europe. C’est le cas d’Amine, un Libyen qui a trou­vé refuge dans une voiture et à qui le texte est dédié. Pour celles et ceux qui con­nais­sent l’histoire de Pen­ka, elle finit bien : la vache a retrou­vé sa ferme. Ce n’est mal­heureuse­ment pas le cas de nom­breuses per­son­nes qui atten­dent tou­jours de savoir si elles pour­ront rester en Europe.

Émi­lie Gäbele