Chemin faisant

Norac Brouillard J’ai un poème à te dire

J’ai un poème à te dire

Auteur (texte) : Carl Norac

Autrice (illus­tra­tions) : Anne Brouil­lard

Mai­son d’édition : Pas­tel

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 132

Prix : 18 €

Livre numérique : /

EAN : 9782211343336

Par­fois, Carl Norac a un mot dans la main :

Par­fois, j’ai un mot dans la main qui bouge.
Il me cha­touille comme une paille,
s’allonge à la façon d’un cri­quet
prêt à sauter ou bien il se love
en bout de laine sur les lignes de ma paume.

Et par­fois, ou même sou­vent, il sem­blerait que le poète dépose soigneuse­ment ce mot sur le papi­er, bien accom­pa­g­né d’autres mots com­plices. Car Carl Norac a bien des poèmes à nous dire…

Dans ce nou­veau recueil pub­lié par sa mai­son de tou­jours, les édi­tions Pas­tel, les poèmes de ce pro­lifique écrivain marchent main dans la main avec les illus­tra­tions qu’Anne Brouil­lard a réal­isées autour de ses mots. Il s’agit d’une belle ren­con­tre entre les univers créat­ifs de deux grands noms de la lit­téra­ture jeunesse belge. Entre les textes du poète nation­al qui arpente les plages ostendais­es, et les pein­tures de l’autrice-illustratrice qui sil­lonne les forêts sué­dois­es, l’alchimie fonc­tionne. Les illus­tra­tions d’Anne Brouil­lard, tout en atmo­sphères, nous plon­gent dans des lumières changeantes selon les moments de la journée, des couleurs par­fois douces et par­fois écla­tantes. On retrou­ve une ambiance proche de cer­tains de ses albums illus­trés. Paysage embrumé, clair de lune, soleil fil­trant à tra­vers les feuil­lages… Par­fois en dou­ble page, par­fois sim­ples vignettes, ces images nous pro­posent de suiv­re un per­son­nage enfan­tin, une écharpe rayée autour du cou (on la retrou­vera en poème), et nous fait suiv­re son chem­ine­ment à tra­vers la plage, les dunes, la forêt, le vil­lage, la mai­son, le jardin.

Chemin faisant, les poèmes s’égrènent. On y trou­ve des para­pluies qui mur­murent, une araignée lec­trice, une nuit qui n’arrive pas à s’endormir, un loup qui a faim de mots, une fraise plus grande que soi, un épou­van­tail au chô­mage. Et des ques­tions, cer­taines assor­ties d’une réponse, d’autres pas. Carl Norac a le don de met­tre de la fan­taisie dans les instants les plus sim­ples, à ren­dre le quo­ti­di­en sur­réal­iste. À chaque page, il trans­met un plaisir gour­mand du mot, de sa musique, du rythme des vers, réguli­er ou trébuchant.

Quand le poème arrive, par­fois il gam­bade.
D’autres fois, il se cache der­rière les four­rés, un talus, un arbre. (…)
Il va son chemin de poème. Tu l’accompagnes.
Tu l’écris ou tu le lis. Tu l’inventes ou il t’invente.
Il est ce mince rêveur de jour
qui te par­le de la nuit sans s’éteindre.

Cet ouvrage invite à créer son pro­pre chemin entre les pages, qu’il soit rec­tiligne, ou bien se con­stru­ise au gré des hasards. On le con­seillera aus­si bien aux enfants, déjà bons lecteurs, qu’aux adultes, aux­quels un peu d’espièglerie poé­tique ne pour­ra faire que du bien.

Fan­ny Deschamps