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La bande dessinée abstraite

Aarnoud ROMMENS, Benoît CRUCIFIX, Björn-Olav DOZO, Erwin DEJASSE & Pablo TURNES (dir.), Abstrac­tion and Comics. Bande dess­inée et abstrac­tion, Press­es Uni­ver­si­taires de Liège et Cinquième couche, coll. « ACME », 2019, 2 vol., 452 p. et 444 p., 36 €, ISBN : 978–2‑39008–039‑8

Qu’en est-il de la bande dess­inée dite abstraite ? Quels sont ses ressorts his­toriques, sémi­o­tiques ou for­mal­istes ? Le très beau cof­fret de deux vol­umes, Bande dess­inée et abstrac­tion, rassem­ble des con­tri­bu­tions et des créa­tions orig­i­nales qui explorent la grande var­iété de l’abstraction en ban­des dess­inées. L’abstraction doit-elle être com­prise dans le sens qu’elle a pris dans l’histoire de l’art, en pein­ture ? Peut-on dire qu’elle définit un tour­nant mod­erniste touchant les arts visuels alors que, ab ini­tio, depuis l’origine de l’art, la ten­dance à l’abstraction est présente ? Les opéra­teurs iden­ti­fi­ant une BD expéri­men­tant l’abstraction vari­ent en fonc­tion des théoriciens : là où Ibn Al Rabin nomme abstrac­tion le non-fig­u­ratif, Andreï Molotiu la resserre autour de l’éviction de la nar­ra­tion. Les créa­tions du col­lec­tif WREK avec l’artiste-graveur Olivi­er Deprez, celles de Pas­cal Ley­der, Frank Vega, Berli­ac, Fran­cie Shaw, Ilan Manouach et bien d’autres jouent la carte de la ten­sion, du dia­logue non mimé­tique avec les textes. L’irruption de quelques planch­es abstraites dans une BD ou la con­struc­tion d’œuvres graphiques entière­ment soutenues par l’abstraction mod­i­fient le « régime scopique du spec­ta­teur » (Jacques Dür­ren­matt). Con­tin­uer la lec­ture