
13 films de complot
Auteur : Arnaud de la Croix
Maison d’édition : La 5ème couche
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 162
Prix : 18 €
Livre numérique : /
EAN : 9782390081289
Dans la constellation des ouvrages d’Arnaud de la Croix, 13 films de complots se présente comme le chainon manquant, l’équivalent textuel d’un film qui éclaire l’ensemble de ses recherches. Des échos se tissent avec son essai 13 complots qui ont fait l’histoire et l’angle sous lequel il interroge le cinéma renvoie à son dernier essai Esthétique et érotisme nazis. Les treize films convoqués sont appréhendés en tant que plans de pensée dotés de la singularité d’être des révélateurs de complots. À partir d’une exégèse filmique, Arnaud de la Croix dégage la portée des conspirations, des boîtes noires mises à l’écran par le septième art et il élargit la réflexion en la raccordant à des phénomènes actuels (covid, ère du numérique, surveillance généralisée…), à des invariants anthropologiques (pulsion de savoir, de mettre au jour des rouages secrets). Les 39 marches d’Alfred Hitchcock, Les envahisseurs (Quinn Martin Production), Z de Costa-Gavras, Conversation secrète de Francis Ford Coppola, I comme Icare d’Henri Verneuil, JFK d’Oliver Stone, L’échelle de Jacob d’Adrian Lyne, L’affaire Pélican d’Alan J. Pakula, Airlington Road de Mark Pellington, Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick et enfin la trilogie Matrix, Matrix Reloaded, Matrix Revolutions des Wachowski : les films choisis ont en commun avec Arnaud de la Croix de se pencher sur des énigmes de l’histoire, de rouvrir des affaires non élucidées, dont la vulgate officielle suscite le soupçon. Continuer la lecture


Voici deux bandes dessinées où s’insère un essai, tels trois livres en un.
Qu’en est-il de la bande dessinée dite abstraite ? Quels sont ses ressorts historiques, sémiotiques ou formalistes ? Le très beau coffret de deux volumes, Bande dessinée et abstraction, rassemble des contributions et des créations originales qui explorent la grande variété de l’abstraction en bandes dessinées. L’abstraction doit-elle être comprise dans le sens qu’elle a pris dans l’histoire de l’art, en peinture ? Peut-on dire qu’elle définit un tournant moderniste touchant les arts visuels alors que, ab initio, depuis l’origine de l’art, la tendance à l’abstraction est présente ? Les opérateurs identifiant une BD expérimentant l’abstraction varient en fonction des théoriciens : là où Ibn Al Rabin nomme abstraction le non-figuratif, Andreï Molotiu la resserre autour de l’éviction de la narration. Les créations du collectif WREK avec l’artiste-graveur Olivier Deprez, celles de Pascal Leyder, Frank Vega, Berliac, Francie Shaw, Ilan Manouach et bien d’autres jouent la carte de la tension, du dialogue non mimétique avec les textes. L’irruption de quelques planches abstraites dans une BD ou la construction d’œuvres graphiques entièrement soutenues par l’abstraction modifient le « régime scopique du spectateur » (Jacques Dürrenmatt).
Entier je suis entré, tête et menton devant, fier-bras tout gonflé de mon dur travail de docker, m’asseoir auprès d’hommes rugueux qui soulèvent comme moi bien plus que ce qu’on demande au corps d’un homme normal. Voilà de quoi sont faites mes sombres soirées.
Curieux ouvrage que cet Abrégé de la bande dessinée franco-belge livré par la maison d’édition indépendante La 5e Couche. Cet album conceptuel est l’œuvre de l’artiste Ilan Manouach, un plasticien et musicien né en 1980 à Athènes et qui a étudié à l’Institut Saint-Luc à Bruxelles. Son travail autour de la bande dessinée l’a amené à détourner différents albums : notamment le Maus d’Art Spiegelman, devenu Katz (imprimé en 2011 à petit tirage, il représente tous les personnages avec des têtes de chat) ; ou Les Schtroumpfs Noirs dans Noirs (qui consiste en une réimpression de l’album en utilisant uniquement de l’encre cyan). En 2015 sort Tintin Akei Kongo, une traduction pirate en Lingala de l’album Tintin au Congo. Son œuvre tactile Shapereader, composée de plusieurs panneaux en bois, se présente comme un répertoire de formes revisitant la bande dessinée et destiné aux lecteurs malvoyants. Enfin, en 2018, Manouach publie Blanco, un album entièrement vierge qui interroge entre autres sur la standardisation et la commercialisation (le terme blanco désignant, dans le jargon de l’imprimerie, un exemplaire non imprimé d’un livre, permettant d’évaluer l’objet en tant que tel).