I wanna be a star

Émilie GÄBELE

kerbusch_gabeleSimon a quinze ans. Comme tous les enfants, il a une mère et un père, mais peu d’amis. Il n’est pas très cau­sant, ce qui lui vaut d’ailleurs de porter le surnom « la tombe ». Simon a aus­si un mau­vais pen­chant pour la nour­ri­t­ure. Il mange… beau­coup. Quand quelque chose le con­trarie, il mange encore plus. Pour ses quinze ans, son père lui offre un IPhone. Sa mère crie au scan­dale. C’est la goutte d’eau qui fait débor­der le vase : ses par­ents divor­cent. Il ne les com­prend pas. Quant à eux, ils ne l’écoutent pas et ten­tent de refaire leur vie cha­cun de leur côté. Simon, coincé entre ses par­ents, rejeté et incom­pris, redou­ble les rations de nour­ri­t­ure. Il gon­fle tout autant qu’il bouil­lonne intérieure­ment, et devient obèse. Son embon­point provoque les rires et les moqueries de ses cama­rades de classe. Seule Pauline, une jeune fille au vis­age per­lé d’acné, lui adresse encore la parole. Peu à peu, Simon va repren­dre con­fi­ance en lui. La pas­sion de Pauline pour les étoiles y est peut-être pour quelque chose…

Par ce réc­it en par­tie auto­bi­ographique, Guil­laume Ker­busch tente de met­tre des mots sur sa douleur, sur le vide qui l’a rongé durant ses années de silence. Ses par­ents ont divor­cé quand il avait onze ans. Il s’est retrou­vé coincé entre deux per­son­nes qui se sont déchirées. Puis, ces années de guerre sont tombées dans l’oubli. Ils n’en ont jamais repar­lé. Le trait dunion est le pre­mier texte du jeune comé­di­en. Il le dédie aux familles con­fron­tées à des événe­ments sim­i­laires et, telle une injonc­tion, les invite à « com­mu­ni­quer ». Au-delà des thèmes cen­traux du divorce et du manque de com­mu­ni­ca­tion, la pièce s’interroge aus­si sur l’exclusion et l’obésité. Elle a été présen­tée en août dernier aux Ren­con­tres jeunes publics de Huy et a été récom­pen­sée par deux prix. Ce pro­jet s’adresse avant tout aux ado­les­cents et il a été créé, très ingénieuse­ment, en vue de faciliter sa dif­fu­sion dans les écoles sec­ondaires.

Guil­laume KERBUSCH, Le trait d’union, Carnières, Lans­man, 2015, 36 p., 9€