Claude FROIDMONT, Dommage qu’elle soit si grosse…, F deville, coll. « Œuvres au rouge », 2022, 270 p., 20 €, ISBN : 9782875990556
Bernard est obèse, adipeux, gorgé de graisse, « comme un énorme beignet trempant dans son huile avant d’être abondamment sucré dans l’assiette ». Cette caractéristique physique s’est imposée à lui dès son enfance, a été gonflée par les soins culinaires maternels, a nourri les moqueries de ses camarades de classe et les regards avides des inconnus, a englouti ses velléités de se frotter au monde. La réclusion s’est rapidement profilée comme le salut possible, entre les murs de sa chambre du vivant de ses parents d’abord, dans une maison au milieu des arbres (dont la boîte aux lettres se situe à un kilomètre, toujours parcouru en quad) ensuite. À l’abri, il s’adonne à ses péchés mignons : la nourriture, en chair et en lettres. Car le narrateur présente un second penchant insatiable, celui des mots. Il avale, dévore, se gave de livres : ceux-ci constituent « des remparts à [s]a difficulté d’être », et les écrivains, une famille. Ses parents, alliés de toujours, l’ont à dessein tôt dégagé de toute inquiétude bassement matérielle et ont veillé à ce que leur poussin se sente comme un coq en pâte. Continuer la lecture
Blanche, 46 ans, souffre de boulimie. Certain·e·s sont accros au sexe, à la cigarette, à l’alcool… Elle, c’est le sucre. En totale franchise, Blanche nous raconte ses déboires avec les régimes, ce fichu calcul de l’IMC (indice de masse corporelle), ses conseils pour une pesée réussie, cette horrible étiquette d’ « obésité modérée » – qui, comparée à l’ « obésité morbide » est encore acceptable… Être grosse, c’est aussi avoir son lot de regards, de réflexions à demi-mot, de remarques hypocrites, méchantes ou psychologisantes : « Oh, elle doit certainement compenser un manque, une perte… ». Mais n’a‑t-on pas le droit d’être gros·se, un point c’est tout ?
La lune est à nous est un roman polyphonique où nous découvrons les voix d’Olive et Maximilien (surnommé « Bouboule »). D’un côté, Olive vit chez son oncle et sa tante, depuis la disparition de ses parents congolais lors d’un voyage dans leur pays natal. Ses trois grands frères ayant déjà quitté le nid, Olive se retrouve seule avec ses tuteurs qui n’ont pas de fibre parentale. La cohabitation n’est pas toujours facile, Olive a trouvé refuge au Dépôt, un centre culturel où elle a élu sa famille de cœur dans la joyeuse bande de bénévoles. 