Le Mardasson au cœur d’un complot mondial

Joseph ANNET, Le dossier Nuts, Mem­o­ry, 2015, 243 p., 17€/ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑87413–251‑3

Max Kevlar[1], de son vrai nom Max­im­i­lien Kevlarovitch, est un détec­tive privé brux­el­lois spé­cial­isé dans la recherche d’œuvres d’art volées. Peu après avoir assisté sans le vouloir à l’assassinat du faus­saire, Este­ban Pin­cho[2], il est con­tac­té par une jeune femme qui s’inquiète de la dis­pari­tion de son père, un archi­tecte con­nu, appelé Rup­pert Stil­ton[3].

Par­ti à sa recherche, Kevlar décou­vre l’architecte chez lui, dans un fau­teuil, un révolver à la main, mort. Il prévient l’inspecteur de police Duran­dal[4], mais ne croit pas à la ver­sion du sui­cide, qui a la préférence de la police. Sarah Stil­ton, la fille du mort, une jour­nal­iste engagée, n’en n’est pas davan­tage con­va­in­cue.

Débute alors une enquête riche en rebondisse­ments, entre Brux­elles, Bas­togne et le Grand-Duché de Lux­em­bourg, au cours de laque­lle on décou­vri­ra que le célèbre Mar­das­son se trou­ve au cœur d’une machi­na­tion menée à l’échelle mon­di­ale, met­tant en jeu une tripotée d’officines secrètes et mal­faisantes. Avec un sens mon­u­men­tal du sus­pense, pour­rait-on dire, Le dossier Nuts déroule avec effi­cac­ité une intrigue bien ficelée et bien infor­mée des côtés les plus inquié­tants des enjeux géopoli­tiques du moment.

Si on reste intrigué par les choix saugrenus de l’auteur pour le nom de ses per­son­nages (se ficherait-il de nous ?), on s’interroge aus­si sur cer­taines de ses errances orthographiques (piment d’« Espel­lete » au lieu d’« Espelette », par exem­ple).

Une ques­tion quand même : ren­voy­ant au mot fameux du général Pat­ton lors de la bataille des Ardennes de 1944, le titre du roman, Le dossier Nuts, ne serait-il pas un peu trop trans­par­ent, s’agissant d’un polar dont l’auteur, Joseph Annet, est né à Bas­togne ?

                                                               René Begon


[1] Le Kevlar est une fibre syn­thé­tique très résis­tante à la trac­tion, util­isée pour ren­forcer cer­tains pro­duits caoutchou­teux.
[2] En espag­nol, le mot « pin­cho » désigne un cure-dent. Il s’agit aus­si d’une sorte de tapa pro­pre au pays basque.
[3] Le Stil­ton est un fro­mage anglais à pâte per­sil­lée.
[4] Duran­dal est le nom de l’épée mythique du héros de la Chan­son de Roland, neveu de Charle­magne qui périt sous les coups des Sar­rasins au défilé de Ron­ce­vaux.