Emmanuel DEBRUYNE, « Femmes à Boches ». Occupation du corps féminin, dans la France et la Belgique de la Grande Guerre, Belles Lettres, 2018, 456 p., 25,90€ / ePub : 18.99 €, ISBN : 9782251448435
Se revendiquant à la fois de l’histoire du genre et de celle de la guerre, l’ouvrage « Femmes à Boches », d’Emmanuel Debruyne, professeur d’histoire contemporaine à l’UCL, examine une question audacieuse, dans sa formulation même : l’« occupation du corps féminin », en France et en Belgique, durant la Guerre 14–18. Quel est le contexte ? « Pendant quatre ans, la quasi-entièreté de la Belgique et de larges pans de dix départements français sont occupés par l’armée allemande » : ces territoires, découpés par l’ennemi en plusieurs zones disposant de leur administration, forment un large périmètre regroupant une dizaine de millions d’habitant-e‑s. Continuer la lecture

Plus de soixante ans après le Traité de Rome, peut-on dire que l’Europe est démocratique ? C’est l’une des questions que pose Véronique De Keyser, ancienne députée socialiste européenne (de 2001 à 2014) et professeure émérite de psychologie à l’ULiège, dans son livre Une démocratie approximative. L’Europe face à ses démons,
Enfants, Irina et Pavel, qui sont cousins, ont passé leurs vacances d’été au château de Portavent, en compagnie de leur tante Olga. À sa mort, celle-ci leur a légué le château de leur enfance, où ils se retrouvent des années plus tard. Ainsi commence Les héritiers de Portavent, deuxième roman du Liégeois Pierre Hoffelinck.

S’il ne s’agissait pas d’opuscules pratiquant un humour (très) gras, on pourrait dire que les aventures de l’inspecteur Désiré Maigros (on n’insistera pas sur la qualité de la référence) ne sont pas faites pour relever l’image de la police. En 2011, Éric Dejaeger, prolixe et anticonformiste auteur de textes courts, avait rassemblé les cent premières aventures de son flic préféré dans La saga Maigros (Cactus inébranlable), après les avoir distillées en feuilleton sur internet. Il a remis le couvert en 2018, à la demande pressante de ses lecteurs (selon lui) avec les cinquante épisodes supplémentaires de Maigros se marie.
À Bruxelles, le journaliste Thomas Holmer apprend que son père Egide, ancien grand reporter, est mort d’un infarctus dans les bras de sa maîtresse, Ana Raïtchev. Dans les affaires de son amant, celle-ci découvre des lettres : une pour elle, une autre adressée à Thomas et la troisième à une certaine Alessia. Qui est Ana ? D’où vient-elle ? Qui est Alessia ? Quelles relations unissaient Alessia et Egide ? Telles sont les questions qui se posent au début de Pur et nu, le premier roman très maîtrisé de Bernard Antoine. Les réponses relèveront de l’Histoire, car le livre met en relation le présent de Thomas et Ana et le passé complexe de la génération précédente, dont il s’ingénie habilement à tisser les relations à travers le temps.
Un village à la campagne, au cœur d’un paysage de collines et de vignobles, avec un air de Toscane. C’est là qu’Anna est envoyée pour faire ses armes. Elle sillonne la campagne en baskets pour effectuer son travail « J’étais auxiliaire de police. J’aimais les chemins de traverse ».
Médecin acupuncteur formé en Chine, maîtrisant le mandarin, Gilles est un fervent admirateur de la civilisation chinoise. Il arrive à Suzhou dont il désire revoir les célèbres jardins. Mais autre chose motive son voyage : « Jusqu’ici ma vie avait été si rectiligne. Avant il y avait le Gilles que je connaissais. Après il y eut une ascension, une évolution accélérée, vers un autre moi, un autre Gilles, une autre vie ».
Avocat et criminologue, spécialiste d’Henry de Montherlant, auquel il a consacré
Première ministre britannique de 1979 à 1990, Margaret Thatcher a beaucoup contribué à l’instauration de l’ordre néo-libéral qui mène aujourd’hui le monde. Son mot d’ordre : « There Is No Alternative », en acronyme TINA, signifiait que le capitalisme néo-libéral constituait le seul horizon possible pour le monde occidental. Et que, dès lors, il n’y avait rien d’autre à faire que démanteler les syndicats, privatiser les services publics (santé, transports, éducation), baisser les impôts, défaire le droit du travail, raboter les salaires, s’attaquer au système de protection sociale, favoriser les profits industriels et financiers en précipitant une partie sans cesse croissante de la population laborieuse dans la précarité et la misère. En somme : privatiser, déréglementer et appauvrir les moins nantis.
Pour son troisième roman publié chez Murmure des Soirs, Douze mesures pour un meurtre, Michel Lauwers nous emmène à Hokum, petite ville de l’état du Mississippi, après la Deuxième Guerre mondiale. Descendu à l’unique hôtel, Alan Malox, employé d’une firme de disques de New York, s’écroule dans le fauteuil qu’il occupait au salon après avoir avalé son jus de citron quotidien, agrémenté d’une dose mortelle de cyanure. Pour Sol Chambers, le jeune shérif chargé de l’enquête, un meurtre dans sa juridiction est une occasion inespérée de démontrer ses qualités de fin limier.
Tour à tour agent territorial au Ruanda-Urundi, grand reporter, directeur de la branche belge des éditions Didier-Hatier, Omer Marchal, né à Ochamps, en Haute-Lesse, en 1936, a passé de longues années à pérégriner loin de son Ardenne natale, avant de rejoindre Villance, le hameau familial, pour y créer une maison d’édition dédiée à célébrer la région de son enfance.
André Dartevelle fut un grand reporter de télévision, ainsi que l’auteur fécond de nombreux documentaires historiques et artistiques. En 2014, il présentait ses derniers films, consacrés aux massacres de civils perpétrés par l’armée allemande en août 1914 à Dinant et en Ardenne. Atteint d’un cancer, il manifesta jusqu’au bout la ténacité et la créativité qui le faisaient vivre en parvenant à terminer ses mémoires, aujourd’hui publiés au Cerisier sous le titre Si je meurs un soir.