Méfie-toi du loup !

Cather­ine DAELE, La nuit du san­gli­er, Carnières, Lans­man, 2015, 48 p., 10€

Térence et Eri­ka sont frère et sœur. Cette dernière, âgée de quinze ans, veut décou­vrir le monde et n’en a que faire de l’école et de ses oblig­a­tions. Les chemins détournés sont bien plus alléchants. Elle aimerait fon­cer tête bais­sée, tel un san­gli­er. Térence et Eri­ka vivent seuls, leur mère étant par­tie à New York. Térence se voit con­fi­er la garde de sa tur­bu­lente sœur, lui qui, au con­traire, préfère respecter les règles et ne pas s’écarter du droit chemin. Il suit de bril­lantes études et tra­vaille comme serveur dans une brasserie. Tout le con­traire de sa sœur qui incar­ne la pas­sion de la jeunesse, la soif de lib­erté. Térence ren­con­tre des dif­fi­cultés à faire respecter son autorité. Eri­ka ren­con­tre Alec, un homme qui lui fait tourn­er la tête. Elle décou­vre les joies de la vie noc­turne, les boîtes de nuit, les bois et les san­gliers. Le frère et la sœur s’éloignent chaque jour un peu plus. Eri­ka aime ce frère mod­èle, mais veut s’en écarter.

Dans ce con­te pour ado­les­cents, le loup prend l’apparence d’un beau jeune homme. Il n’y a pas de jeune fille naïve, mais plutôt une ado­les­cente paumée et révoltée, au car­ac­tère bien tranché. La pièce soulève une foule de ques­tions, de ce besoin de l’inconnu, de cette envie du dan­ger aux liens frater­nels qui peu­vent être con­flictuels. Cather­ine Daele y racon­te l’apprentissage de la vie, avec ses erreurs, ses envies, ses angoiss­es et ses choix impos­si­bles. Les masques sont nom­breux : une guer­rière peut cacher une petite fille frag­ile, un bel homme un manip­u­la­teur. La nuit du san­gli­er est la troisième pièce de Cather­ine Daele pub­liée chez Lans­man. Elle avait déjà con­quis le jeune pub­lic et les pro­fes­sion­nels du secteur avec Super­no­va en 2011.

Émilie GÄBELE