Archives par étiquette : fratrie

Apprendre peu à peu à vivre sans

Karel LOGIST, Le jour où maman n’est pas venue nous chercher à l’école, Oskar, 2025, 62 p., 8,95 €, ISBN : 979–1‑02140–882‑1

logist le jour ou maman n est pas venue nous chercher a l ecoleBasile et Isabel sont des faux jumeaux de presque 12 ans qui appren­nent à vivre avec leur papa et leur tante Amélie depuis la dis­pari­tion de leur mère. Mal­gré leur gémel­lité et les mêmes let­tres qui com­posent leur prénom, les frère et sœur sont très dif­férents : l’une est en fusion avec son GSM, à l’affût de l’actualité de sa star préférée et peut par­fois être plongée dans un mutisme de plusieurs jours, tan­dis que l’autre est un soli­taire qui aime l’école et est tou­jours four­ré avec son seul et unique ami Ludo. Con­tin­uer la lec­ture

Amours toxiques

Mar­tine ROLAND, Pomme de reinette et pomme d’api, M.E.O., 2025, 214 p., 20 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑8070–0546‑4

roland pomme de reinette et pomme d'apiLe nou­v­el opus de Mar­tine Roland débute sur la fin de l’écriture d’un roman qui retrace l’histoire d’amour sin­gulière de la nar­ra­trice, Camille. Lorsqu’elle a 15 ans, elle ren­con­tre Brady, de deux ans son aîné, fraiche­ment arrivé dans son école sec­ondaire. Sa vie monot­o­ne d’élève timide est égayée par ce jeune homme tac­i­turne et mys­térieux. Avec lui et son amie Hort­ense, elle for­mera vite un trio de rebelles. Con­tin­uer la lec­ture

Tout peut encore y surgir

Un coup de cœur du Car­net

Françoise LISON-LEROY et Geof­frey DELINTE, Terre meu­ble, Ail des ours, coll. « Coqueli­cots », 2025, 54 p., 16,5 €, ISBN : 9782491457464

lisonleroy delinte terre meubleAvec Terre meu­ble, Françoise Lison-Leroy remue la représen­ta­tion sin­istre de la mort pour en brandir une nou­velle, lumineuse, joyeuse et mélan­col­ique. Par déf­i­ni­tion, une terre meu­ble est légère, tra­vail­lée, presque vivante, tout peut encore y sur­gir ; elle peut se déplac­er, laiss­er se mou­voir ceux qu’elle recou­vre. Et s’il était pos­si­ble de con­tin­uer à vivre des aven­tures avec ceux qui ne sont plus là ? À con­di­tion de garder leurs expédi­tions – détri­cotant la fron­tière du vivant et de la mort – secrètes, la nar­ra­trice et son petit frère décédé peu­vent établir une rela­tion éter­nelle, s’offrant la joie d’une échap­pée plurielle, d’un efface­ment des événe­ments irrévo­ca­bles : celui qui n’est plus revit, celle qui a per­du un être cher le retrou­ve. Le couperet de la mort est émi­et­té par une seule petite phrase, sûre d’elle, annonçant la couleur du recueil et les con­tours d’une nou­velle réal­ité : Con­tin­uer la lec­ture

L’infini des invisibles

Flo­ri­an PÂQUE, Dans le silence des paumes, Lans­man, 2025, 72 p., 12 €, ISBN : 978–2‑8071–0442‑6

paque dans le silence des paumesDans le silence des paumes, la dernière pièce en date de Flo­ri­an Pâque (qui a déjà pub­lié plusieurs textes chez le même édi­teur) pro­pose un croise­ment de séquences doc­u­men­taires et de pas­sages pro­pre­ment oniriques, et d’une haute den­sité émo­tion­nelle.

Faire par­ler les invis­i­bles a, depuis longtemps, taraudé les dra­maturges de toutes orig­ines : Tchekhov, Molière avec sa per­ma­nence des valets, Brecht et Mère Courage, et, il n’y a pas si longtemps (années 1970) Jean Lou­vet qui don­na voix la pre­mière fois à la fig­ure de l’ou­vri­er enfoui dans la classe ouvrière, … Con­tin­uer la lec­ture

Louis Adran. Écrire depuis les confins

Un coup de cœur du Car­net

Louis ADRAN, Tireur et tombeur, Cheyne, coll. « Verte », 2025, 80 p., 18 €, ISBN : 978–2‑84116–362‑5

adran tireur et tombeurDans Tireur et tombeur, son qua­trième recueil poé­tique pub­lié aux Édi­tions Cheyne, tail­lé dans la splen­deur de l’énigme, Louis Adran déporte le verbe dans des champs de sen­sa­tions qui se sous­traient à toute cap­ture. Dans un bal­let d’ombres et de lumières, dans le trem­blé du dire et du silence, Louis Adran dresse des scènes furtives comme des songes, pétries de corps fon­dus dans des paysages, s’adonnant à des larcins, des effrac­tions noc­turnes, dans une épiphanie du hors-la-loi et de l’érotisme qui fait songer à Jean Genet. L’imaginaire ne gagne et ne délivre son unic­ité qu’à se dot­er d’une langue qui déplace la syn­taxe, qui déver­rouille le régime des voca­bles. Cette langue sous la langue qui tra­verse les class­es de mots, qui con­catène des images rel­e­vant de reg­istres hétérogènes, le poète nous la donne à vivre, à sen­tir dans un cli­mat où l’amour, le désir cul­mi­nent dans des zones de mort. De ce tireur et tombeur qui galope dans les cinq par­ties du recueil, nous recevons la force sauvage, son art du vol dans des maisons endormies, sa présence sex­uelle, son drame, la mort du frère, le reflux de la parole dans le mutisme, l’internement. Con­tin­uer la lec­ture

Au bord du monde

ADRIEN D’HOSE, Col­let, Lans­man, 2025, 68 p., 11 €, ISBN ‏: ‎ 978–2807104389

d'hose colletAprès le très remar­qué Square Edi­son, Adrien d’Hose pub­lie, chez le même édi­teur, un sec­ond texte, Col­let, lau­réat des Journées de Lyon des autri­ces et auteurs de théâtre 2025.

Nous voilà donc, avec Col­let, dans un nou­veau réc­it théâ­tral qui nous mène encore une fois dans cette zone proche de l’en­fance, des non-dits et de cette étrange loufo­querie de la vie. Con­tin­uer la lec­ture

Guidés par la lumière du phare 

Jérôme EECKHOUT, Le cortège des mau­dits, Alice Ter­tio, 2025, 368 p., 16,95 €, ISBN : 978–2‑87426–639‑3

eeckhout le cortege des mauditsD’entrée de jeu, en pleine course-pour­suite, on plonge dans les eaux noires du port en même temps que Gabriel, sa mobylette, les bil­lets de banque qu’il trans­porte et les ennuis dans lesquels il s’est englué.

Les con­séquences s’enchainent : la mère impuis­sante et dépassée par ce fils qui grandit comme une herbe folle, le gang Ler­oux qui veut récupér­er sa mise, la dés­co­lar­i­sa­tion qui se pro­file… et la déci­sion du juge qui tombe. Une main ten­due, certes ferme mais sans équiv­oque : celle de la dernière chance. Con­tin­uer la lec­ture

Il n’y a pas de mauvaises herbes, il n’y a que des mauvais cultivateurs

Brigitte MOREAU, Je m’appelle Ange et je ne suis pas un mon­stre, F dev­ille, 2024, 62 p., 9 € / ePub : 6,49 €, ISBN : 978–2‑87599–193‑5

moreau je m'appelle ange et je ne suis pas un monstreLe nou­veau micro-roman de Brigitte More­au com­mence en force avec son incip­it : « J’ai tué mon frère. Je ne le détes­tais pas. En fait, nous nous enten­dions plutôt bien. » Après avoir dîné avec lui, la nar­ra­trice, Ange, explique qu’elle a poussé son frère, Jean-Math­ieu, sous un camion et qu’il n’a pas résisté. C’est dans la salle d’attente du com­mis­sari­at de police, où elle attend de faire sa dépo­si­tion, qu’elle se plonge dans ses sou­venirs et nous aide à com­pren­dre les raisons qui l’ont poussée à ce geste extrême. Con­tin­uer la lec­ture

Les naufragés du temps

Patrizio FIORILLI, Sauver Hitler, F dev­ille, coll. « Œuvres au jaune », 2025, 65 p., 9 € / ePub : 6,49 €, ISBN : 978–2‑87599–194‑2

fiorilli sauver hitlerEn 2022, Patrizio Fio­r­il­li nous avait éton­nés avec Au com­mence­ment, il y eut le mal, aus­si biblique que peu catholique : divers­es audaces déca­paient un paysage his­torique trop sou­vent académisé. Dans son qua­trième ouvrage, tou­jours pub­lié par les édi­tions brux­el­lois­es F dev­ille (sans point et sans majus­cule), l’auteur reste fidèle à l’Histoire mais nous revient dans un reg­istre plus court, un micro-roman. Con­tin­uer la lec­ture

En court et noir

Patrick DELPERDANGE, Un par­fum d’innocence, In8, coll. « Polaroïd », 2024, 80 p., 8,90 €, ISBN : 978–2‑36224–150‑5

delperdange un parfum d'innocenceOn avait lu (et appré­cié) le pas­sage du romanci­er Patrick Delper­dan­ge au for­mat court de la nou­velle avec son recueil Les corps sen­si­bles. C’est avec une novel­la inti­t­ulée Un par­fum d’innocence qu’il revient en cette ren­trée lit­téraire.

Arthur sort de prison. Lor­raine, sa sœur, va le chercher et l’embarque dans la voiture qu’elle a emprun­tée à une amie pour l’occasion. Lors d’une banale halte pour pren­dre un verre dans une sta­tion-ser­vice – la chaleur est acca­blante – Arthur ne peut s’empêcher de vol­er dans la caisse. Pris sur le fait, il blesse l’employé pour pou­voir s’évader. Ce qui aurait pu être des retrou­vailles ten­dres entre le frère et la sœur se mue en une ten­ta­tive de fuite dés­espérée. Con­tin­uer la lec­ture

Et si le diable avait un frère… et trois enfants ?

Jean-Marc RIGAUX, L’Itoi, Mur­mure des soirs, 2024, 235 p., 22 €, ISBN : 978–2‑9312–3518‑8

rigaux l'itoiD’abord remar­qué comme nou­vel­liste, dans la revue Mar­ginales et trois recueils édités entre 2012 et 2018, Jean-Marc Rigaux, en 2020, avait ent­hou­si­as­mé avec Kipjiru 42…195, un thriller lit­téraire, puis­sant et sophis­tiqué. Et voici venir son deux­ième roman, chez Mur­mure des soirs, une très belle enseigne qui le pub­lie depuis ses débuts. Con­tin­uer la lec­ture

Retour au pays de l’enfance

Michel DESMARETS, La plage d’après, Acad­e­mia, 2024, 176 p., 18 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑8061–3646‑6

desmarets la plage d'aprèsLe pre­mier roman de Michel Des­marets nous fait décou­vrir les sou­venirs de Côme, qui a per­du son frère aîné et rep­longe dans son passé en foulant le sable d’une plage qu’il affec­tionne. Il emmène son lecteur dans ses ter­ri­toires intimes, dans les explo­rations de l’enfance et les jeux frater­nels tein­tés d’euphorie et d’émerveillement, devenus ain­si inou­bli­ables. Con­tin­uer la lec­ture

Préserver l’étincelle de l’espoir jusqu’au bout

Un coup de cœur du Car­net

Katia LANERO ZAMORA, La machine (tome 2), ActuSF, 2023, 384 p., 20,90 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2376865742

lanero zamora la machine tome 2Le tome 2 de La machine de Katia Lanero Zamo­ra nous plonge dans une guerre civile qui fait rage depuis deux ans entre les Machin­istes, des anar­chistes défen­dant la jeune république espag­nole, et leurs opposants roy­al­istes, les Fléchistes. Dans le pre­mier tome, nous avons pu décou­vrir la façon dont l’histoire col­lec­tive s’articulait aux des­tins indi­vidu­els des héros Andrès et Vian Cabay­ol. Dans la suite de cette his­toire, c’est dans la vie con­crète des deux frères que les effets de la guerre sont dévoilés.

D’un côté, il y a Vian, affec­té à la colonne de Feu, la sec­tion d’élite des sol­dats de l’armée de Panîm, dirigée par son beau-père Ovan­do, un homme dur et cru­el. Mar­qué par l’empreinte de son rôle, Vian est devenu une machine de guerre dont le seul but est de vis­er, charg­er, tir­er. Sa part d’humanité revient pour­tant faire effrac­tion dans cer­tains moments. Con­tin­uer la lec­ture

Quarante-cinq minutes

Stéphanie BLANCHOUD, Le temps qu’il faut à un bébé girafe pour se tenir debout,  Lansman/Rideau, coll. « Théâtre à vif », 2023, 40 p., 10 €, ISBN : 9782807103740

blanchoud le temps qu'il faut a un bebe girafe pour se tenir deboutQuar­ante-cinq min­utes. C’est le temps d’une mi-temps au foot­ball ou le temps qu’il faut à un gira­fon pour se tenir debout, après sa nais­sance. C’est aus­si le temps régle­men­taire que dure une vis­ite au par­loir, en prison. Et le temps que Louise passe sur un banc, chaque mer­cre­di, face au numéro 44 de la rue Berk­endael, à Brux­elles, la prison des femmes.

Tout en comp­tant les trous dans le trot­toir, Louise racon­te son his­toire depuis ce banc. Elle par­le de sa mère qui est comme un fan­tôme à présent. Elle se sou­vient de sa mère qui visait les pigeons avec son pis­to­let à billes. Des his­toires qu’elle leur racon­tait. De sa voix récon­for­t­ante. Mais aus­si de la vio­lence de l’homme qui a partagé sa vie durant dix-huit ans. Quand elle était plus jeune, Louise mon­tait dans sa cham­bre lors de leurs dis­putes et ne redescendait que quand elle entendait Vival­di, signe qu’il était par­ti et que sa maman ramas­sait les morceaux brisés. Dix-huit années à voir sa mère s’éteindre à petit feu. Vival­di était l’échappatoire de celle-ci, sa bouée de sauve­tage. Que s’est-il passé le jour du meurtre ? Le jour où sa mère a mis fin à son cal­vaire en tuant son beau-père ? Louise a plein de ques­tions, mais sa mère ne se sou­vient de rien. Elle se ferme de plus en plus jusqu’à défini­tive­ment refuser de la voir. Con­tin­uer la lec­ture

Sur un fil, avancer toujours

Daniel CHARNEUX, Les oiseaux n’ont pas le ver­tige, Genèse édi­tion, 2022, 207 p., 21 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑3820101–67

charneux les oiseaux n ont pas le vertigeDe l’enfance à l’âge mûr, les sou­venirs de Jean Berthol­let sont racon­tés à la pre­mière per­son­ne, entrelacs de faits mar­quants et de cartes postales du quo­ti­di­en. Les images du petit vil­lage arden­nais des pre­mières années instal­lent une ambiance bucol­ique : théâtre de pleine nature, tout en quié­tude, qui ne se laisse pas trou­bler par les drames qui y boule­versent les habi­tants. Mais l’insouciance de Jean con­naît une fin trag­ique lorsqu’un acci­dent de vélo emporte son jumeau et son enfance.

Il paraît que les cel­lules de notre intestin se renou­vel­lent en quelques jours, celles de notre cœur en quelques années. Que reste-t-il de l’enfant dans l’adulte ? Rien, sans doute, ou si peu. Aucune molécule du corps, en tout cas. Deux êtres totale­ment dif­férents, le cerveau mis à part. Car il sem­ble que les cel­lules de l’encéphale ne se régénèrent pas. Et que toute notre vie, tous nos sou­venirs y dor­ment. À moins qu’ils ne se désagrè­gent, bus par la boue comme une chaus­sure per­due.  Con­tin­uer la lec­ture

Dans les bras de morphine

Bar­bara ABEL, Les fêlures, Plon, 2022, 432 p., 20 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782259307628

abel les feluresGarance et Rox­ane sont insé­para­bles. La pre­mière, l’aînée, pro­tège sa sœur depuis tou­jours, elles parta­gent les con­fi­dences, et, surtout, elles font ensem­ble front face à Judith, leur mère, que l’alcool rend sou­vent folle de rage. Depuis quelques temps, leurs liens se dis­ten­dent : leur mère est décédée, et Rox­ane s’est éprise de Mar­tin dont elle partage la vie. Pour­tant, lorsqu’un appel au sec­ours arrive sur son portable, Garance se pré­cip­ite et elle trou­ve sa cadette éten­due aux côtés de Mar­tin. Les sec­ours appelés con­sta­tent le décès du jeune homme, Rox­ane est emmenée en ambu­lance et revient à elle. Saisie de l’affaire, la police con­clut à un décès du jeune homme par arrêt car­diaque suite à une injec­tion de mor­phine et les soupçons se por­tent sur Rox­ane, qui est étu­di­ante en médecine. Mais les analy­ses révéleront que la dose de mor­phine ne pou­vait suf­fire à provo­quer le décès. Le mys­tère reste donc entier et il va per­sis­ter jusqu’à la fin de l’intrigue. Con­tin­uer la lec­ture