Après la pluie, le beau temps

BIEFNOT-DANNEMARK, Kyrielle Blues, cou­ver­ture et illus­tra­tions de Véronique Biefnot, Cas­tor Astral, 2015, 280 p., 17,90 €

biefnot dannemark kyrielle bluesAprès La Route des Coqueli­cots, le cou­ple d’écriture Véronique Biefnot-Fran­cis Dan­nemark pour­suit à deux plumes  et avec vail­lance sa marche décidée à tra­vers le bon­heur des coïn­ci­dences enchan­tées, des révéla­tions et rebondisse­ments opéra­tionnels jusqu’aux dénoue­ments grat­i­fi­ants sinon mirac­uleux. Fidèle aus­si à la sim­plic­ité de bon aloi qui imprègne le style des romans pop­u­laires. Si l’option, haute­ment revendiquée, est hon­or­able et salu­bre, elle ressem­ble davan­tage à la jubi­la­tion d’un jeu de mains croisées qu’à une avancée lit­téraire, gour­man­dise dont, à tort ou à rai­son, la cri­tique est friande. Quant à la pré­ci­sion très immé­di­ate et descrip­tive des gestes, des com­porte­ments et des décors, elle  évoque plutôt, avec inten­tion ou non, les indi­ca­tions en usage dans les scripts ou dans les didas­calies.

De quoi s’agit-il ? Jeune femme bor­de­laise, mère d’un grand fils et  aban­don­née depuis belle lurette par son com­pagnon par­ti en Amérique, Nina quitte sa ville pour se ren­dre dans le Nord, à l’étude d’un notaire d’Hazebrouck. Elle y va pour assis­ter à  la lec­ture du tes­ta­ment de son défunt père, célèbre pianiste de jazz. Une lec­ture qui se frag­mente sur une petite moitié du roman, mais qui débouche finale­ment sur une con­stata­tion sai­sis­sante, faisant du notaire, vieux garçon (bien que jeune encore) et un rien ami­don­né, un acteur cen­tral du bal­ai qui va se jouer entre qua­tre per­son­nes (deux fois deux) dans cette belle ville de Bor­deaux. On n’en dira pas plus : suite à l’écran. En sachant toute­fois que l’amour mèn­era le bal et qu’après un temps très incer­tain, par­fois som­bre et même menaçant, il fini­ra par faire très beau. Sur un air de jazz qui con­clut en musique ce Kyrielle Blues.

Ghis­lain Cot­ton