Affiches de stars

Daniel FANO, Privé de park­ing, micro-fic­tions, Tra­verse, 2017, 12 €, ISBN : 978–2‑93078–319‑2

Au ral­lye Van­cou­ver-Mon­tréal-Van­cou­ver, elle pilote une Austin Healey, arrive onz­ième. Elle est Sagit­taire ascen­dant Sagit­taire. Mar­cel­la Saint-Amand reçoit dix let­tres d’amour par semaine, elle répond à toutes — avec par­fois un an de retard.
(Daniel Fano, Privé de park­ing, p.48)

 fano

Avec les textes courts de Daniel Fano, le lecteur plonge dans les séries télévisées des années 80 et dans le ciné­ma clas­sique d’Hollywood, dans les univers du polar, de l’espionnage, de la poli­tique sauce  guerre froide.

Il y est ques­tion, entre autres, de pornogra­phie, d’érotisme, de sen­su­al­ité, de femmes de car­ac­tère et de « vic­times de la mode ». Des égéries d’images et de com­mu­ni­ca­tion pris­es dans un mou­ve­ment de vacuité appliqué à leur corps et à leur esprit qu’elles s’efforcent de ren­dre de plus en plus légers à coups de régimes, de plus en plus plats à coup de pen­sées creuses pour sat­is­faire la loi de la dou­ble dimen­sion des affich­es pub­lic­i­taires et des écrans.

L’écriture de Daniel Fano  avance par sautes d’humeur et sur le rythme de salves d’un règle­ment de comptes entre gang­sters. S’y for­mu­lent des pen­sées sur la société telle qu’elle va ou ne va pas, avec un arrière-plan cul­turel impor­tant. Mais si dans ce recueil une ambiance se crée, et s’empare du lecteur,  il manque peut-être le resser­re­ment d’une nar­ra­tion qui en dirait plus que ces quelques traits tirés avec lib­erté dans des direc­tions mul­ti­ples et  qui peu­vent laiss­er au final le sen­ti­ment d’une cer­taine dis­per­sion.

Lau­rence Ghigny