Tout au long du mois de décembre, Le Carnet et les Instants vous a présenté ses coups de cœur littéraires de l’année. De nombreux journaux et magazines se sont livrés au même exercice. Tour d’horizon, forcément non exhaustif, des auteurs et autrices belges plébiscités par la presse belge et étrangère en 2024. Continuer la lecture
Archives par étiquette : Daniel Fano
Interférences temporelles
Un coup de cœur du Carnet
Daniel FANO, Papier pelure : 1969–1999, Préface de Philippe Mikriammos, Flammarion, coll. « Poésie/Flammarion », 2024, 280 p., 22 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9–782080-435897
Heureuse initiative due à Yves di Manno et Philippe Mikriammos qui nous permet de prendre aujourd’hui la mesure de l’importance de l’œuvre de Daniel Fano : préparée avec l’auteur de son vivant, cette édition couvre trois décennies de création poétique. Fano avait retrouvé des écrits de jeunesse, sur des feuilles de papier pelure quelque peu abîmées par le temps et l’humidité ; à ces inédits oubliés s’ajoute une réédition de ses premiers livres depuis longtemps épuisés : on trouvera donc des inédits composés entre 1969 et 1974, les recueils Souvenirs of you et Chocolat bleu pâle datant de 1980 ainsi que des poèmes des années 1980 à 1993, puis La nostalgie du classique (1997–1998) avant Pour (ne pas) finir, trois textes des années nonante. Elle complète avec bonheur la liste des titres de l’auteur encore disponibles après que Daniel Fano s’est replié dans une longue période de silence et avant son décès survenu en octobre 2019, nous laissant une œuvre essentiellement poétique, qui ne doit pas nous faire oublier qu’il fut aussi prosateur, essayiste et nouvelliste. Car, entre 2000 et 2019, Fano se consacra à « un impressionnant corpus de longues proses qui l’ont principalement occupé durant cette seconde période et qui ont fait l’objet d’une dizaine de recueils». Continuer la lecture
Décès de Daniel Fano

Daniel Fano
L’écrivain et journaliste Daniel Fano est décédé. Il laisse une oeuvre essentiellement poétique, mais il a aussi été prosateur, essayiste et nouvelliste. Continuer la lecture
Au bord de la falaise
Daniel FANO (textes), Jean-François OCTAVE (illustrations), Bientôt la Convention des cannibales, 2019, 76 p., 13 €, ISBN : 978–2‑930607–55‑9
Daniel Fano est un écrivain de l’apocalypse tranquille. Au fil des années, dans des récits aux titres improbables, des poèmes narratifs et subtils, des fables et des romans de la mélancolie lucide, l’auteur a inventorié, grâce à son sens aigu de la fiction, la modernité et ses avatars, qu’on pourrait appeler aujourd’hui tout simplement le temps d’après. Continuer la lecture
Où l’on capte la poésie par tous nos pores
Un coup de cœur du Carnet
Daniel FANO, Tombeau de l’amateur #1. Assez parlé de moi, La Houle 2017, 21 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930733–09‑8 ; #2. Suite au prochain numéro, La Houle, 2017, 10 p., 10 €, ISBN : 978–2‑930733–13‑5 ; #3. Dix petits exercices de disparition, La Houle 2017, 16 p., 10 €, ISBN : 978–2‑930733–14‑2 ; #4. Au revoir et merci, La Houle, 2017, 12 p., 8 €, ISBN : 978–2‑930733–15‑9 ; #5 Tombeau de l’amateur, La Houle, 2017, 10 p., 8 €, ISBN : 978–2‑930733–16‑6
Question à deux balles : quels sont les points communs entre Assez parlé de moi, Suite au prochain numéro, Dix petits exercices de disparition, Au revoir et merci et Tombeau de l’amateur ?
Fastoche !
Leur auteur d’abord, Daniel Fano, un expert pour ce qui est de booster la langue, de la brancher joyeusement sur du triphasé électrique, de monter nerveusement en neige les phrases en un beau débridé, en un beau glissando, parfaitement maîtrisés : Continuer la lecture
À la mitrailleuse
Daniel FANO, De la marchandise internationale, Les Carnets du Dessert de Lune, 2017, 84 p., 12 €, ISBN : 9782930607894

Il y a une quinzaine d’années, Jean-Louis Massot a tiré Daniel Fano de son trop long silence éditorial. Depuis, le clavier crépite. Voici le septième opus de l’inclassable auteur d’Un champion de la mélancolie et de Comme un secret ninja aux Carnets du Dessert de Lune. On accuse les coups, et on en redemande. Jean-Louis Massot ne devrait-il pas créer une collection à part entière : écrit à la mitrailleuse ? Continuer la lecture
Affiches de stars
Daniel FANO, Privé de parking, micro-fictions, Traverse, 2017, 12 €, ISBN : 978–2‑93078–319‑2
Au rallye Vancouver-Montréal-Vancouver, elle pilote une Austin Healey, arrive onzième. Elle est Sagittaire ascendant Sagittaire. Marcella Saint-Amand reçoit dix lettres d’amour par semaine, elle répond à toutes — avec parfois un an de retard.
(Daniel Fano, Privé de parking, p.48)

Avec les textes courts de Daniel Fano, le lecteur plonge dans les séries télévisées des années 80 et dans le cinéma classique d’Hollywood, dans les univers du polar, de l’espionnage, de la politique sauce guerre froide. Continuer la lecture
« Écrire, c’était partir à l’aventure »
Daniel FANO, La Contrepartie, Paris, Pierre-Guillaume de Roux, 2015, 140 p., 20,90€
« Lester Godard n’était ni un dandy de droite, ni un esthète virtuose de gauche, ni un idiot utile ni un révolutionnaire clandestin, pas davantage un moraliste funèbre ou un Robinson mélancolique, c’était un franc-tireur, un non-aligné absolu. » Godard est surtout un écrivain à succès, ayant connu une inexpliquée (mais explicable) mise au placard éditoriale de dix-sept ans et partageant un appartement avec sa vieille chatte, Mademoiselle Chanel. Revenu sur le devant de la scène grâce à ses publications provoc’ (telles que Chronique de la béatification d’Adolf Hitler), ce lecteur assidu de la chronique « Disparitions » du Monde et amateur de vinyles porte un regard désabusé sur ses contemporains (souvent source de perles philosophiques et langagières qu’il recycle dans ses romans). Continuer la lecture
Interdit aux simples mortels
Daniel FANO, Ne vous inquiétez plus c’est la guerre, Les Carnets du Dessert de Lune, 85 p., 12 €
« Encouragé par Joyce Mansour, Henri Michaux et Dominique de Roux »… Découvrir le triple patronage qui présida aux destinées littéraires de Daniel Fano permet de mieux s’orienter dans l’œuvre atypique qu’il poursuit depuis 1966. Entre le surréalisme des deux premiers et l’immédiateté revendiquée par le troisième, Fano a su se tracer une voie et se tailler une voix, afin de tenir la chronique d’un monde perturbé : le nôtre. Chacune de ses pages réverbère l’image d’un plurivers angoissé, fragmenté à l’extrême, où le règne triomphal des apparences taille la part belle à la pénible survie du réel. Continuer la lecture
