Petites histoires glaçantes

CLARKE, Ren­con­tres obliques, Lom­bard, 2018, 160 p., 16,45 €, ISBN : 9782803672363

Après Réal­ités obliques et Mon­des obliques, l’auteur de bande dess­inée Clarke livre un troisième tome de ses réc­its aus­si brefs que lugubres. L’auteur de la série Mélu­sine (dont le dernier album vient de sor­tir) délaisse sa petite sor­cière et s’adresse ici à un pub­lic adulte, pour lequel il a aus­si réal­isé d’autres albums remar­qués, comme le thriller d’anticipation Les Danois ou le dip­tyque Dilem­na.

Les vingt-cinq cour­tes his­toires de Ren­con­tres obliques, qui passent d’un reg­istre fan­tas­tique à hor­ri­fique ou réal­iste, ont en com­mun leur noirceur. Une jeune femme qui devine la mort dans les yeux de ceux qui vont dis­paraitre ; un mange-lumière qui plonge le monde dans l’obscurité ; un exor­cisme sanglant ; une impres­sion de malaise pré­moni­toire ; un enfant per­du ; un tueur en quête de sa prochaine vic­time… L’auteur prend un malin plaisir à plonger le lecteur dans une atmo­sphère angois­sante avant de laiss­er devin­er le pire.

Réc­its fan­tas­tiques,  nou­velles à chute ou petites his­toires d’horreur, de celles à se racon­ter dans le noir, de préférence avant de dormir… autant vous prévenir : cela se ter­mine tou­jours mal, pour le plaisir des ama­teurs du genre. Le livre ressem­ble à un exer­ci­ce de style, pour lequel l’auteur s’est inspiré de maitres à penser qu’il remer­cie en dédi­cace : Ray Brad­bury, Edgar Allan Poe, mais aus­si Will Eis­ner, le graveur M. C. Esch­er ou le pein­tre Milt Kobayashi.

Ces Ren­con­tres obliques sont égale­ment le fruit de ren­con­tres artis­tiques. En effet, pour réalis­er ce recueil de saynètes, Clarke s’est entouré de beau monde : Kid Tou­s­saint, Fabi­en Vehlmann, Andreas, Dugom­mi­er, Zidrou, Raoul Cau­vin, Aimée de Jongh, Joseph Safied­dine et Foer­ster ont col­laboré à l’écriture de ces his­toires, dont cer­taines sont par­ti­c­ulière­ment effi­caces. Ces auteurs sem­blent s’être amusés à inven­ter ensem­ble ces scé­nar­ios cauchemardesques un soir d’Halloween.

Des planch­es de qua­tre cas­es, un for­mat car­ré et imprimé en noir en blanc : on saluera la mise en page du livre, très réussie, qui met en valeur les réc­its et plonge d’emblée le lecteur dans une atmo­sphère à la noirceur oblique.

Pour les lecteurs qui aiment leurs his­toires noires, bien ser­rées et sans sucre.

Fan­ny Deschamps