Le chien Timini n’en démord pas : il veut inviter quelqu’un !

Véronique KOMAI, On peut inviter quelqu’un ?, À pas de loups, 2022, 34 p., 16,50 €, ISBN : 9782930787855
Dès 3 ans

komai on peut inviter quelqu'unVéronique Komai, dans ses trois pre­miers albums pub­liés chez Pas­tel à L’école des loisirs, a créé un univers bien à elle, s’appuyant plus par­ti­c­ulière­ment sur un graphisme orig­i­nal. Son dernier livre, On peut inviter quelqu’un ?, paru cette fois sous l’enseigne belge À pas de loups, ne déroge pas à la règle.

Brux­el­loise, Véronique Komai a été insti­tutrice dans une école mater­nelle pen­dant vingt ans. Pas­sion­née par les voy­ages et les îles, elle a vécu durant un cer­tain temps à Tokyo avec ses filles. Elle en a ramené un goût pronon­cé pour les papiers japon­ais qui appa­rais­sent dans sa tech­nique de prédilec­tion : les papiers découpés. Sa maîtrise de la tech­nique lui per­met d’apporter du mou­ve­ment à des per­son­nages et des décors aux formes géométriques joyeuse­ment col­orées. Le tout judi­cieuse­ment placé dans l’espace-page. Comme dans un des albums précé­dents, Les trois chiens, elle met en scène… trois chiens qui ressem­blent furieuse­ment à nous les humains.

Dès le saut du lit, Timi­ni n’a qu’une envie : inviter quelqu’un à la mai­son ! Mez­zor et Max­imus, que nous imag­i­nons être la mère et le père sans que cela ne soit explicite­ment dit sauf qu’ils appel­lent le chiot « mon Timi­ni chéri, mon mignon, mon cœur de beurre, notre petiot », ne prê­tent qu’une oreille dis­traite à sa demande. À moins que celle-ci ne tombe tout bon­nement à vide au milieu des bruits du quo­ti­di­en de la famille. Cela nous vaut une suc­ces­sion de scènes autour d’un sèche-cheveux, d’un aspi­ra­teur ou d’une télé qui sen­tent le vécu. Timi­ni, con­trar­ié, man­i­feste sa décep­tion en bougonnant. « Dis donc, toi, est-ce que ce ne serait pas une journée ‘grognon-non-non’ aujourd’hui ? », lui rétorquent les aînés.

komai on peut inviter quelqu'un extrait

Extrait de “On peut inviter quelqu’un?” — © À pas de loups

Mez­zor et Max­imus, que l’on devine bien­veil­lants, deman­dent alors à Timi­ni de pou­voir jouer avec lui. La deux­ième par­tie de l’album bas­cule dans une jolie ritour­nelle de « On dit qu’on est ». Et les voilà par­tis dans un heuruex délire où ils incar­nent de joyeux musi­ciens, des super danseurs, des gros scarabées, des éléphants affamés, des artistes pein­tres qui repeignent tous les galets du jardin… Timi­ni ne cache pas sa joie et démarre au quart de tour, jusqu’au moment où son imag­i­na­tion débor­de celle de ses deux par­ents lorsqu’il peint une énorme pomme verte digne de Magritte sur… le mur de la cui­sine. Si le père est médusé, la mère min­imise et se lance dans une nou­velle fan­taisie : celle d’égrener leurs desserts préférés dans un autre jeu, celui de listes. Et si le mur, au final, est cou­vert de desserts, Timi­ni lui n’en a pas renon­cé à son idée de départ : inviter quelqu’un ! Comme tout enfant qui ne renonce à aucune de ses envies. Bien vu.

Le réc­it est truf­fé de détails amu­sants comme le petit doudou en obser­va­teur dis­cret mais aux mim­iques bien typées, les décors et les habits, les petites queues en mou­ve­ment des chiens et jusqu’à la page de garde finale qui reprend une palette de galets peints du plus bel effet avec quelques allu­sions aux images du livre. Un album qui met en scène la joie de vivre, l’amour, la générosité, la créa­tiv­ité et les pou­voirs de l’imagination.

Michel Tor­rekens

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