Thomas Lavachery livre un cours d’écriture créative

Thomas LAVACHERY, L’artisanat du roman. Ini­ti­a­tion à l’écriture créa­tive, École des loisirs, coll. « L’école des let­tres », 2024, 304 p., 19 €, ISBN : 978–2‑211–32118‑1

lavachery l'artisanat du romanDes­tiné à ceux et celles qui écrivent ou que l’écriture de fic­tion ten­terait, cet essai est nour­ri de la demande faite un jour à Thomas Lavach­ery d’animer un sémi­naire autour des « Pra­tique de l’écriture pour la jeunesse » dans le cadre d’un mas­ter con­sacré aux métiers du livre jeunesse créé par l’Université Charles de Gaulle, Lille 3.

Auteur jeunesse pro­lixe et recon­nu, notam­ment pour sa saga Bjorn le Mor­phir parue à L’école des loisirs où l’essentiel de son œuvre est pub­lié, Thomas Lavach­ery s’appuie sur son expéri­ence, et il n’hésite pas à l’écrire, sur cer­taines de ses erreurs pour prodiguer ses con­seils aux can­di­datꞏeꞏs écrivainꞏeꞏs, et on sait qu’ils et elles sont nom­breuxꞏes tant la lit­téra­ture fait (encore) rêver cer­tainꞏeꞏs.

S’il s’est appuyé sur son pro­pre tra­vail pour écrire cet essai de cre­ative writ­ing comme on dit du côté anglo-sax­on où les for­ma­tions sont net­te­ment plus répan­dues qu’en lit­téra­ture fran­coph­o­ne, Thomas Lavach­ery cite aus­si de mul­ti­ples con­frères et con­sœurs, par­fois en com­para­nt leurs pra­tiques. Citons Tolkien, J.K. Rowl­ing, Simenon, Mar­guerite Yource­nar, Paul Auster, George Orwell, Ele­na Fer­rante, Stend­hal, Proust, Flaubert, Dos­toïevs­ki, mais surtout Jules Verne et Alexan­dre Dumas, le plus cité dans le livre. Notons que Thomas Lavach­ery rend une autre forme d’hommage à ces aînéꞏeꞏs en les por­traitu­rant lui-même dans cet essai. Il ne manque pas de faire référence à Stephen King pour son livre Écri­t­ure, mémoires d’un méti­er, ou Robert-Louis Steven­son pour ses Essais sur l’art de la fic­tion, mais égale­ment La dra­maturgie, les mécan­ismes du réc­it, d’Yves Lavandi­er et Le roman d’aventures de Jean-Yves Tadié. Thomas Lavach­ery pro­pose d’ailleurs en fin de vol­ume la bib­li­ogra­phie du par­fait appren­ti écrivain.

Sur ces bases pra­tiques et théoriques, il passe en revue divers élé­ments de l’écriture créa­tive comme le plan de départ, le syn­op­sis, l’intrigue, le sché­ma nar­ratif, l’ironie dra­ma­tique, la crédi­bil­ité, les per­son­nages, les descrip­tions et les dia­logues qui sont d’authentiques créa­tions, le temps romanesque avec ses rythmes et ses ellipses, pour n’en citer que quelques-uns. Pré­cisons que chaque chapitre se ter­mine par des exer­ci­ces pra­tiques d’écriture pour ceux et celles qui voudraient pass­er à l’action sur écran ou sur papi­er. Là aus­si les pra­tiques vari­ent.

Si Thomas Lavach­ery abor­de les gen­res lit­téraires comme le roman d’aventure et le roman his­torique aux­quels on le sent attaché, tout comme la lit­téra­ture jeunesse avec un chapitre con­sacré aux illus­tra­tions et aux inter­ac­tions avec le texte, il passe sous silence d’autres approches scrip­turaires comme celles du Nou­veau Roman.

Écrire est une chose, éditer en est une autre. L’ouvrage se ter­mine sur cette autre réal­ité en évo­quant les liens par­ti­c­uliers qui se nouent entre les auteurs et autri­ces avec leurs édi­teurs ou éditri­ces, lecteurs et lec­tri­ces, cor­recteurs ou cor­rec­tri­ces, voire les sen­si­tiv­i­ty read­ers, apparus dans le sil­lage du poli­tique­ment cor­rect et du wok­isme pour veiller à ne cho­quer aucune sen­si­bil­ité au risque d’édulcorer les textes.

Si vous souhaitez deux con­seils d’écriture pour ter­min­er, nous avons épinglé ceux-ci cités dans L’artisanat du roman : « Il n’y a qu’un seul art : l’art d’omettre ! », de Steven­son et « La bonne prose est comme une vit­re trans­par­ente », d’Orwell. Il n’y a plus qu’à…

Michel Tor­rekens

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