Le jury du prix Marguerite de Navarre a tranché. Trois nouvellistes ont été primés, recevant respectivement le grand prix Marguerite de Navarre, le prix spécial du jury et le prix de la meilleure nouvelle.
Le prix Marguerite de Navarre
Le prix Marguerite de Navarre a été créé en 2024, pour célébrer le centième anniversaire de l’Académie de Béarn. Marguerite de Navarre (1492–1549), sœur du roi de France François Ier, est l’autrice d’un livre aujourd’hui connu sous le nom d’Heptameron. Le prix qui porte son nom est dédié aux recueils de nouvelles de langue française, il se compose de trois prix : meilleur recueil, meilleure nouvelle, et prix spécial du jury.
L’Académie de Béarn a décidé de pérenniser le prix et de le rendre annuel.
Le palmarès 2024
Six recueils de nouvelles constituaient la sélection finale de cette première édition du prix.
Parmi eux, le grand prix est décerné à Sophie Marceau pour La souterraine paru aux éditions Seghers. Claire Castillon reçoit le prix de la meilleure nouvelle pour « L’orée du Parc », extraite du recueil L’œil, paru chez Gallimard.
Étienne Verhasselt reçoit quant à lui le prix spécial du jury pour Après l’éternité(Le Tripode).
L’avis du jury :
À priori les quarante-sept nouvelles de l’ouvrage d’Étienne VERHASSELT, Après l’Éternité (Le Tripode, avril 2022) ne semblent guère entretenir de rapport avec la thématique de référence du prix Marguerite de Navarre, « l’amour dans ses rapports avec la société ». La clé d’entrée réside dans la nouvelle « L’atelier d’écriture », métaphore et métonymie du recueil tout entier. On croit être très éloigné du sujet et devoir écarter l’ouvrage de la sélection… et l’on n’a pas envie de trouver la clé de sortie. On découvre que c’est l’amour du verbe, l’amour de la phrase, l’amour des lettres qui rattache l’ouvrage à la thématique de l’amour. Dans une sorte de one-text-show iconoclaste qui pousse jusqu’au nonsense, avec des références belges teintées d’Oulipo et de pataphysique, et qui rejoint le fantastique d’auteurs comme Jean Ray ou Jean-Luc Outers, voire l’absurde du Michaux de 1948, l’auteur livre là, avec des accents poétiques d’ordre métaphysique qui n’excluent pas la drôlerie, un vif et étonnant ouvrage qui surprend et prend littéralement le lecteur car il s’y reconnaît dans sa propre condition. Faut-il ajouter la présentation matérielle raffinée de l’ouvrage qui révèle le travail de qualité de l’éditeur ? Auteur et éditeur méritent le « Prix spécial du Jury » qui est décerné à ce recueil d’une imagination fertile que l’absurde tracasse avec une sensibilité enfouie et une logique narrative toujours ferme.
