Dominique ZACHARY, Perdu sans mon chien, Genèse édition, 2025, 160 p., 19 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782382010457
Dominique Zachary trouve ses racines dans la province du Luxembourg. Il réalise des études en langues anciennes au Collège Saint-Joseph de Virton puis obtient sa licence en Information et Arts de Diffusion à l’Université de Liège. Plus tard, il explore l’actualité de sa région à travers son travail de journaliste pour Vers l’Avenir. Sa plume ne le quitte jamais : il écrit aussi des ouvrages littéraires, dont de nombreux sont récompensés d’un prix, de même que plusieurs de ses articles de presse. En ce début d’année 2025, il présente son roman Perdu sans mon chien chez Genèse Édition.
L’intitulé du roman est cristallin. Il ne laisse guère place au doute pour le lecteur. Deux héros donnent vie au récit : le Vosgien Clovis et son petit bichon frisé, Cosmos. Les deux sont inséparables. Si l’on en aperçoit un, l’autre n’est jamais bien loin. Clovis voue depuis toujours une admiration sans failles à l’artiste Camille Claudel. Un beau jour, notre héros programme une virée culturelle pour son fidèle compagnon à quatre pattes et lui-même. Il trace alors sa route jusqu’à un musée situé à Roubaix pour s’extasier devant une œuvre toute particulière de son idole. Mais… C’est ce jour-là que sa vie bascule. Cosmos ne peut visiter le musée. Il doit rester dans la voiture. Au retour de Clovis, la petite boule de poils adorée a été dérobée alors qu’il attendait confortablement son maitre dans la voiture. Dès cet instant, l’on suit Clovis dans sa quête effrénée pour retrouver sa moitié. Très vite, le lecteur est happé par chaque évènement traversé par le héros, il s’identifie à lui.
En ces quelques phrases, l’histoire semble banale. Et pourtant… Elle est porteuse de messages précieux. Deux lectures possibles : l’une littérale qui avive l’adage « Le chien est le meilleur ami de l’Homme », et l’autre plus symbolique. Dans le premier cas, on lit le récit d’un homme atypique, un peu gauche, qui perd son chien et pour qui tout s’écroule. « Juste pour ça ». Néanmoins, en lisant entre les lignes, c’est une leçon essentielle qui se dévoile à nous. Et cette interprétation confiera ses secrets à qui voudra bien les déceler. Elle révèle le besoin humain de créer du lien. L’Homme est un être social. Il se rassure grâce à des liens, des connexions qu’il crée avec des êtres, des lieux, des objets… S’il y a lien, il y a relation. Nous sommes tous liés d’une manière particulière à quelqu’un ou à quelque chose. Et peu importe la nature de ce à quoi l’on s’unit, aucun jugement ne fait le poids contre cette évidence. L’on accorde le sens que l’on souhaite à ce qui nous est cher. Pour notre héros Clovis, l’objet de cet attachement, son repère, évolue au rythme de sa vie et le guide vers son accomplissement en tant qu’homme. Ce roman nous rappelle que l’on s’enrichit purement de « peu », et ces connexions sont précieuses. C’est de là qu’exhale le souffle de vie.
Le bichon avait su remonter ce fameux fil d’argent qui le liait à son maître.
La métaphore du fil est le symbole même de la Vie. C’est en cela que ce roman « léger » est puissant : un message profond et universel y est pourtant caché. Partout sont dissimulés des enseignements. À nous de les saisir. Ne négligeons pas ce qui instille de la Beauté à notre existence.
Pauline Roy