Archives par étiquette : Genèse édition

Amour passage

Dominique VAN COTTHEM, Retour à la vie risquée, Genèse, 2025, 224 p., 22 €, ISBN : 9782382010464

van cotthem retour à la vie risquéeEn quelques années à peine, Dominique Van Cot­them s’est fait une place dans le monde lit­téraire. Si ses livres ont su gag­n­er un lec­torat et des prix lit­téraires, c’est sans nul doute grâce à la grande finesse avec laque­lle elle donne vie à ses per­son­nages, nous dévoilant toute la com­plex­ité de leur psy­cholo­gie et surtout la façon dont ils abor­dent les épreuves de la vie. Avec Retour à la vie risquée, son cinquième roman, elle met en point de mire un homme et une femme que le des­tin n’a pas épargnés et dont la ren­con­tre va bous­culer le par­cours. Con­tin­uer la lec­ture

La saga documentaire du pays des Mille Collines

Romain BAERTSOEN, Danse de la grue couron­née, Genèse édi­tion, 2025, 336 p., 24,50 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 978–2‑3820104–33

baertsoen danse de la grue couronnéeAvec la pub­li­ca­tion de son livre Danse de la grue couron­née, Romain Baert­soen nous emmène dans une saga (annonce l’éditeur) qui développe un for­mi­da­ble réc­it sur trois généra­tions de femmes, depuis le début du 21e siè­cle, 2002, où une femme retourne au Rwan­da pour témoign­er des atroc­ités du géno­cide com­mis par des Hutus extrémistes con­tre les Tut­sis en 1994. Con­tin­uer la lec­ture

Une vie tissée de fils d’argent

Dominique ZACHARY, Per­du sans mon chien, Genèse édi­tion, 2025, 160 p., 19 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782382010457

zachary perdu sans mon chienDominique Zachary trou­ve ses racines dans la province du Lux­em­bourg. Il réalise des études en langues anci­ennes au Col­lège Saint-Joseph de Vir­ton puis obtient sa licence en Infor­ma­tion et Arts de Dif­fu­sion à l’Université de Liège. Plus tard, il explore l’actualité de sa région à tra­vers son tra­vail de jour­nal­iste pour Vers l’Avenir. Sa plume ne le quitte jamais : il écrit aus­si des ouvrages lit­téraires, dont de nom­breux sont récom­pen­sés d’un prix, de même que plusieurs de ses arti­cles de presse. En ce début d’année 2025, il présente son roman Per­du sans mon chien chez Genèse Édi­tion. Con­tin­uer la lec­ture

L’estran en héritage

Arnaud NIHOUL, La vil­la Aigue-Marine, Genèse, 2025, 242 p., 22,5 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑3820103–58

nihoul la villa aigue marineAu décès d’Alice Terneuve, Alis­tair, jour­nal­iste et auteur de car­nets de voy­age écos­sais, et Lau­ryne, pho­tographe améri­caine, décou­vrent que la défunte a fait d’eux ses héri­tiers. Pour­tant, ils ne la con­nais­sent pas, ne l’ont même jamais ren­con­trée, et la dame avait deux fils. Mais l’héritage est une vil­la dont ces derniers ne voulaient pas : la vil­la Aigue-Marine, grande mai­son famil­iale sur une ile peu peu­plée de l’archipel nor­mand de Chausey, han­tée d’un sou­venir trop douloureux pour eux. Famil­iale, la vil­la l’est depuis sa con­struc­tion au début du 20e siè­cle et Alice voulait qu’elle le reste. Or, en retraçant l’histoire de la lignée Terneuve, elle a pu met­tre au jour des branch­es de l’arbre généalogique jusqu’alors incon­nues. Au bout de ses branch­es : Alis­tair et Lau­ryne, qui devront eux-mêmes décou­vrir leur lien avec la famille pour devenir pro­prié­taires du lieu qui a vu les généra­tions se suc­céder, con­tre vents et marées. Con­tin­uer la lec­ture

« Va, lis et deviens »

Véronique SELS, Le livre des pos­si­bles, Genèse édi­tion, 2025, 200 p., 22,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782382010426

sels le livre des possiblesEn jan­vi­er 1943, Jus­tine, étu­di­ante en physique à Greno­ble, ren­tre pour le week­end chez ses par­ents. Dans le train qui l’y emmène, les claque­ments de la porte du cab­i­net de toi­lette la poussent à quit­ter son com­par­ti­ment et à s’enhardir vers le lieu ; elle y décou­vre un bébé.

Elle cherche une expli­ca­tion dans la cab­ine, puis à l’intérieur du couf­fin, soulève prudem­ment la cou­ver­ture et trou­ve une paire de chaus­sons d’un blanc immac­ulé, un biberon en verre sur­mon­té d’une tête en caoutchouc de bonne qual­ité et, dépas­sant légère­ment de sous l’oreiller sur lequel repose la tête de l’enfant, un livre à la cou­ver­ture en cuir mar­ron clair. Con­tin­uer la lec­ture

Trois femmes face à l’inondation

Dominique VAN COTTHEMLes eaux assas­sines, Genèse édi­tion, 2024, 235 p., 22,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑3820103–96

Mi-juil­let 2021, la Bel­gique est con­fron­tée à de dra­ma­tiques inon­da­tions. Trente-neuf vic­times ont per­du la vie et de nom­breuses maisons ont été détru­ites ou sont dev­enues inhab­it­a­bles. La roman­cière Dominique Van Cot­them s’est retrou­vée pris­on­nière des flots, chez elle. Elle a pu mesur­er l’impact émo­tion­nel, psy­chologique et physique de la cat­a­stro­phe. Elle aurait pu témoign­er. Avec Les eaux assas­sines, elle a choisi d’aborder les événe­ments par la fic­tion, en imag­i­nant trois per­son­nages féminins… Con­tin­uer la lec­ture

Van Loo in Vlaanderen

Alain BERENBOOM, Le coucou de Malines. Une enquête de Michel Van Loo, détec­tive privé, Genèse, 2024, 256 p., 22,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑3820104–02

berenboom le coucou de malinesEn 1957, la Sec­onde Guerre est encore proche et les blessures que le con­flit a provo­quées au sein de la société belge sont loin d’être cica­trisées, prin­ci­pale­ment en Flan­dre. Pour cette enquête Michel Van Loo va franchir cette lim­ite si impor­tante qu’est la fron­tière lin­guis­tique. Car c’est à Malines que Diego Bloemkool le charge de fil­er Gertrude De Vijver. Très vite celui-ci lui retire l’enquête (sans le pay­er). Van Loo va néan­moins ten­ter d’entrer en con­tact avec la jeune femme… qu’il trou­ve assas­s­inée.   

Dans Le coucou de Malines, sep­tième roman met­tant en scène Van Loo, Alain Beren­boom reprend le principe qui car­ac­térise la série : chaque livre est l’occasion d’illustrer une des prob­lé­ma­tiques de l’histoire de la Bel­gique de la fin des années 1940 et des années 1950. Con­tin­uer la lec­ture

Souvenir d’exil, écho de résistance

Anne SYLVAIN, Elles iront voir la mer, Genèse, 2024, 200 p., 22,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782382010365

sylvain elles iront voir la mer« Il était embal­lé dans un petit morceau de papi­er jour­nal déchiré à la hâte, un jour­nal alle­mand. En surim­pres­sion étaient écrits au cray­on une suite de chiffres et un mot, qu’elle ne com­pre­nait pas, le tout grossière­ment entouré. Recht­san­walt. […] Le pen­den­tif était mag­nifique. Les lobes du cœur, fine­ment gravés, étaient asymétriques. Léon­tine lut sur le ver­so du médail­lon “Sou­venirs d’exil”. » Ce bijou, à l’odeur par­ti­c­ulière de soufre, recèle l’amour pro­fond, solen­nel et meur­tri de Mel­chior, alors en dépor­ta­tion à Soltau. Con­tin­uer la lec­ture

Quand l’âme s’ouvre au chant des indignés

Bernard TIRTIAUX, L’écorché, Genèse édi­tion, 2024, 187 p., 21 €, ISBN : 978–2‑3820–1033‑4

tirtiaux l'écorchéPhilippe est un chirurgien spé­cial­isé en recon­struc­tion faciale qui vit en har­monie avec sa com­pagne Albane. Son quo­ti­di­en est ébran­lé lorsque la pre­mière femme qu’il a aimée, Olga, reprend con­tact avec lui après vingt-cinq ans pour lui deman­der d’opérer son fils défig­uré par une agres­sion à l’acide.

Ces retrou­vailles sont l’occasion pour le héros de se rep­longer dans son passé et de revivre cet amour fou ren­con­tré lors d’un cours de dessin. Olga la tor­nade a libéré Philippe d’un car­can famil­ial trop étriqué et lui a fait goûter aux plaisirs de la chair, où la con­fu­sion clas­sique entre désir et amour a été scel­lée par un mariage éclair. Mal­gré cet échec sol­dé par une dis­pari­tion laconique de la belle, Philippe sent se raviv­er les flammes de ce « loin­tain amour resté vivace sous les cen­dres ». Con­tin­uer la lec­ture

Tout est question de codes

Michel CLAISE, Code Kanun, Genèse, 2023, 262 p., 22,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑38201–031‑0

claise code kanunAu fil des années, Michel Claise a con­stru­it une œuvre romanesque en marge de son activ­ité de juge d’instruction en charge de la crim­i­nal­ité finan­cière, tou­jours ani­mé du désir de nous don­ner des clés de com­préhen­sion de la société con­tem­po­raine. La fic­tion qu’il nous donne aujourd’hui prend d’emblée un point de vue qui lui est pro­fes­sion­nelle­ment fam­i­li­er, celui de Julie Pas­teur, une jeune juge réveil­lée une nuit de décem­bre vers 2 heures du matin par le pro­cureur qui l’informe de la décou­verte en pleine ville d’un corps criblé de balles. Con­tin­uer la lec­ture

Nos territoires

Alex LORETTE, Un fleuve au galop, Genèse Édi­tion, 2023, 247 p., 22,5 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782382010259

lorette un fleuve au galopTout au long du roman, nous suiv­ons les réc­its de plusieurs per­son­nages. Il y a d’abord Lucie, qui est née au Con­go et n’a jamais été heureuse en Bel­gique. Ensuite, il y a sa fille Félic­ité avec qui elle n’a jamais réus­si à com­mu­ni­quer. On suit égale­ment les his­toires du père André, autre­fois appelé Nkisu, de Mas­si­ga, la nour­rice de Lucie et enfin d’Edmond, l’arrière-grand-père de Lucie, un colonisa­teur san­guinaire.

Lucie aimerait retourn­er au Con­go, cette terre qui l’a vue naître, au bord du fleuve, dans les années 1940. Mal­gré sa couleur blanche, elle s’est tou­jours sen­tie noire à l’intérieur, une Con­go­laise. À présent, il est trop tard. Elle est clouée au lit dans sa mai­son de retraite. Elle pour­rait deman­der à sa fille qui habite en Norvège de l’y accom­pa­g­n­er, mais elle n’a plus de con­tact avec elle. Seuls lui restent les sou­venirs dans lesquels elle plonge à corps per­du, au risque de s’y per­dre. Lucie se sou­vient de Mas­si­ga, cette Con­go­laise qui l’a éduquée comme sa pro­pre fille. De Koko, son grand-père, qui con­sid­érait les Con­go­lais comme des sauvages. De son père, presque tou­jours absent. De ce 28 mai 1958 où, âgée de 17 ans, on l’envoya en Bel­gique pour étudi­er dans un pen­sion­nat de sœurs. Lucie repense aus­si à Nkisu, son ami d’enfance qui allait chez les pères blancs. Elle se sou­vient de leurs par­ties de foot, de leurs baig­nades dans le fleuve, mais aus­si de ce jour d’été de 1957, où ils se sont aimés et où sa vie a bas­culé. Elle évoque sa grossesse cachée. La nais­sance de Félic­ité et le départ vers la Bel­gique, en 1958, sans son enfant, seule et sans d’autres bagages qu’une volon­té tenace de revenir au plus vite au Con­go. Con­tin­uer la lec­ture

Vrai ou faux ?

Arnaud NIHOUL, Le témoin silen­cieux, Genèse, 2023, 256 p., 22,50 €, ISBN : 9782382010242

nihoul le temoin silencieuxLe doute est bien sou­vent le meilleur moteur d’une enquête poli­cière. Il est nour­ri par le sen­ti­ment trou­ble, encore indéfi­ni, que l’on ne peut se résoudre à accepter pour telles les con­clu­sions tirées d’un enchaine­ment de faits que rien ne sem­ble reli­er. À la base, deux décès et une dis­pari­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Famille, je vous ai

Dominique VAN COTTHEM, Répar­er nos silences, Genèse, 272 p., 22,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782382010228

van cotthem reparer nos silencesEnfant aban­don­né à la nais­sance, Ludovic a vécu en insti­tu­tion jusqu’à son accueil dans la famille de Lau­ra et Chris­t­ian, en qui il trou­ve un port d’attache où se recon­stru­ire tant bien que mal. Nar­ra­teur prin­ci­pal, il nous appa­raît alors que la police vient d’annoncer le meurtre de son père adop­tif, abat­tu à bout por­tant dans les toi­lettes d’une sta­tion-ser­vice. Pour la famille de ce trans­porteur routi­er sans his­toires, le séisme est total. La police émet l’hypothèse d’un règle­ment de comptes lié à un traf­ic, mais elle pié­tine faute d’indices. Con­tin­uer la lec­ture

Stéphane Mandelbaum : la spoliation de la mémoire

Un coup de cœur du Car­net

Véronique SELS, Même pas mort !, Genèse, 2022, 256 p., 22,50 €, ISBN : 978–2‑38201–021‑1

sels meme pas mortDans le puz­zle de la vie, il y a tou­jours une case qui manque. Surtout quand on s’appelle Stéphane Man­del­baum, qu’en quelques années, on a bous­culé l’univers de la pein­ture et du dessin. Dans son cinquième roman, Même pas mort !, Véronique Sels recon­stru­it libre­ment la tra­jec­toire du pein­tre en l’immergeant dans les con­vul­sions de l’Histoire, le point de non-retour de la Shoah. Pour affron­ter la vie éminem­ment romanesque, la fin trag­ique de Stéphane Man­del­baum assas­s­iné en décem­bre 1986 à l’âge de vingt-cinq ans, elle met en place un dis­posi­tif auda­cieux que dévoile le titre. Con­tin­uer la lec­ture

Sur un fil, avancer toujours

Daniel CHARNEUX, Les oiseaux n’ont pas le ver­tige, Genèse édi­tion, 2022, 207 p., 21 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑3820101–67

charneux les oiseaux n ont pas le vertigeDe l’enfance à l’âge mûr, les sou­venirs de Jean Berthol­let sont racon­tés à la pre­mière per­son­ne, entrelacs de faits mar­quants et de cartes postales du quo­ti­di­en. Les images du petit vil­lage arden­nais des pre­mières années instal­lent une ambiance bucol­ique : théâtre de pleine nature, tout en quié­tude, qui ne se laisse pas trou­bler par les drames qui y boule­versent les habi­tants. Mais l’insouciance de Jean con­naît une fin trag­ique lorsqu’un acci­dent de vélo emporte son jumeau et son enfance.

Il paraît que les cel­lules de notre intestin se renou­vel­lent en quelques jours, celles de notre cœur en quelques années. Que reste-t-il de l’enfant dans l’adulte ? Rien, sans doute, ou si peu. Aucune molécule du corps, en tout cas. Deux êtres totale­ment dif­férents, le cerveau mis à part. Car il sem­ble que les cel­lules de l’encéphale ne se régénèrent pas. Et que toute notre vie, tous nos sou­venirs y dor­ment. À moins qu’ils ne se désagrè­gent, bus par la boue comme une chaus­sure per­due.  Con­tin­uer la lec­ture

Les carnets du bourlingueur

Un coup de cœur du Car­net

Jean-Pol HECQ, Moth­er India, Des nou­velles de l’Inde, Genèse, 2022, 190 p., 21 €, ISBN : 978–2‑38201–012‑9

hecq mother indiaMoth­er India n’est pas un recueil de nou­velles mais « une col­lec­tion de sou­venirs per­son­nels » livrant des nou­velles du sous-con­ti­nent indi­en. Le jour­nal de bord d’un jour­nal­iste belge, Jean-Pol Hecq, qui a repris en radio le flam­beau éthique des Lachter­man, Désir, Dan­blon et autres Sas­son, qui ont enchan­té les écrans des années 1970–1980 :

Je suis per­suadé que l’on ne peut pas bien faire ce tra­vail sub­lime qui con­siste à ren­dre compte de la marche du monde le plus hon­nête­ment pos­si­ble (le jour­nal­isme), sans ten­ter de se met­tre à la place, même briève­ment, des gens à qui l’on tente de tir­er les vers du nez.  Con­tin­uer la lec­ture