La Fédération Wallonie-Bruxelles (FW‑B) a récemment classé comme trésor le psautier dit de sainte Wivine, un manuscrit exceptionnel datant du 12e siècle.
Quittons, une fois n’est pas coutume, le monde de la littérature contemporaine pour aborder le domaine du livre ancien, avec ce manuscrit médiéval remis en lumière.
Le classement par la FW‑B
Le psautier (c’est-à-dire un recueil de psaume) rejoint les quelque 250 biens exceptionnels classés par la FW‑B. Une telle reconnaissance met en valeur les pièces les plus remarquables du patrimoine de Wallonie et de Bruxelles, en même temps qu’elle offre une protection juridique renforcée aux biens qui en bénéficient. Ultimement, il s’agit de garantir leur préservation et leur transmission aux générations futures.
Un manuscrit d’une valeur patrimoniale exceptionnelle
Le psautier de sainte Wivine est la propriété de la fabrique d’église Saint-Lambert d’Orbais. Il allie qualité de la conservation et du décor : une combinaison très arare pour les manuscrits de cette époque réalisés dans nos régions. Il est en effet arrivé jusqu’à nous dans un état de conservation hors du commun, à la fois du parchemin et de la reliure, probablement d’origine. Cet excellent état permet d’admirer l’iconographie remarquable de l’ensemble, avec des lettrines typiques de l’art mosan, et une iconographie précieuse.
Daté entre 1110 et 1130, il est intimement lié à la figure de sainte Wivine d’Oisy, la fondatrice du prieuré de Grand-Bigard, canonisée en 1177. Il offre un témoignage rare de la piété féminine au 12e siècle. À cette époque, la spiritualité féminine connait un essor remarquable en Europe du Nord et dans nos régions, marqué par la fondation de communautés religieuses, l’émergence de figures mystiques et la production de manuscrits destinés à un lectorat féminin. Le psautier s’inscrit pleinement dans ce contexte, illustrant l’accès croissant des femmes à la lecture et à la vie spirituelle.
