« Au demeurant.e »

Un coup de cœur du Car­net

”Giustizia

La Maison

Autrice : Hélène Gius­tizia

Mai­son d’édi­tion : Mael­strÖm reEvo­lu­tion

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 198

Prix : 15 €

Livre numérique : /

ISBN : 978–2‑87505–567‑5

La chair poé­tique vibre dans La Mai­son d’Hélène Gius­tizia, le « roman-poème » paru aux édi­tions mael­strÖm reEvo­lu­tion, elle hurle avec douceur, ardeur et douleur, habite avec une inten­sité sin­gulière et déloge les vio­lences jusqu’à l’aube.

Il et Elle, Ici. Avec les Petit.es. Enfants de la brume, ceux qui « se cachent pour grandir quand même / per­dent leurs dents de mousse et leur enfance / à se débat­tre pour sur­vivre / puisque des Adultes lezont plongé.es dans l’immensité haras­sante du tox­ique ». Il et Elle, dans La Mai­son, un espace vivant, un per­son­nage à part entière, qui enferme et pro­tège tout à la fois. Dans cet espace-vie où « les cen­dres rances du passé remon­tent / celles de La Mai­son d’encore Avant », l’emprise assigne à rési­dence, la vio­lence invis­i­ble déloge et crée du hors de soi, entre réel et irra­tionnel. La Mai­son enferme, éclaire, sort du silence et ouvre des fenêtres vers un « je ».

Si les cris de La Mai­son sont indi­ci­bles, l’écrit sera, ce jour-là, où la voie fera place à cette voix :

faut s’échapper avant de per­dre la vie
sous les coups de Drag­on
après l’étranglement avec la mous­ti­quaire du lit con­ju­gal
par­tir s’enfuir
voiture
se cacher
juste le cof­fre rem­pli de casiers de vête­ments
urgence
juste un t‑shirt
Noir tri­om­phant
éva­sion
éva­sion for­cée
saga ren­dra jus­tice
s’en va
en train de fuir
rassem­bler tous les livres
racon­ter cela un jour
les cen­dres des mots
les livres lacérés
le sol jonché d’arbres morcelés

est-ce Ici que tout a com­mencé ?

La Mai­son tient pour matière une poé­tique de la résilience, entre oral­ité et réc­it intime, qui frappe par le sen­ti­ment d’une parole néces­saire. Le verbe y a l’urgence de dire. L’écriture allie une sorte de puis­sance per­for­ma­tive avec une dimen­sion lyrique et sym­bol­ique touchant par­fois à l’incantation où l’« Eau et ses douleurs », les « Falais­es du Silence », les « Enfants Brume », le « GrantAigle », les « Enfants Nuit » sont à feu et à sang pour, enfin, habiter un « Je ».

Des mots pour dire de l’invisible, du tapi dans des bâtiss­es anci­ennes, des fon­da­tions mou­vantes, des délabre­ments intérieurs, La Mai­son, du gros œuvre poé­tique, une recon­struc­tion de soi.

Sarah Bearelle

Un extrait de La Maison

Un extrait pro­posé par les édi­tions Mael­strÖm reEvo­lu­tion