Un coup de cœur du Carnet

Comme ta mère
Auteur : Pieterke Mol
Maison d’édition : Noir sur blanc
Collection : Notabilia
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 268
Prix : 22,50 €
Livre numérique : 15,99 €
EAN : 9782889831890
Plus j’en dis sur ma famille, plus j’ai honte. Mon père détruit avant la naissance. Ma grand-mère incapable de l’aimer. L’alcool à flots. Ma mère née colère. L’alcool à flots. Sa mort brutale. Et moi. Moi, la dépendante à tout. En manque de tout. Qui galère dans tout.
Avec Comme ma mère, publié chez Noir sur blanc dans la collection « Notabilia », Pieterke Mol signe un texte âpre, nerveux, parfois dérangeant, traversé d’une énergie vitale qui en fait toute la singularité. Un roman qui raconte, par fragments, par retours en arrière, dans une polyphonie familiale, une blessure. Une dissection de la construction du soi au milieu du chaos et de l’insécurité affective, une plongée dans les tréfonds de la psyché d’une famille sur trois générations, un exploration des failles et des héritages invisibles. Continuer la lecture










En dépit de la météo, la narratrice décide d’aller « marcher quelque part », elle qui, dans ses lieux communs, « trouve toujours quelque chose à voir ». Scène inaugurale du récit, cet élan perceptif fait jaillir un regard, qui parcourt, se dérobe, interroge, explore, embrasse, fixe, se suit. Dans un kaléidoscope aux prismes intimes et aux clartés touchant le philosophique et l’imminemment collectif, l’écrivaine, ethnologue et passionnée de photographie, Chantal Deltenre se met en quête de celui qui permet de voir, de se voir, de se redécouvrir quand il s’était oublié ou avait été censuré, cet œil résonnant qui transmet une rumeur qui ranime.
Le « dit », genre en vogue dans la littérature médiévale, désigne initialement des textes proches des fabliaux et des lais, pour ensuite évoluer vers une poétique lyrique et narrative, tout à la fois. Avec Le dit de la renarde, la poésie de François Emmanuel subtilement liée aux gravures de Chris Delville livre une figure poétique qui aboutit à une sorte de « Voir dit » – continuons la référence aux lettres du Moyen Âge et à l’incontournable Guillaume de Machaut –, une aventure où ce que la renarde dit rythme l’itinéraire initiatique d’un « je » scandé par l’esprit animal, l’adorée, l’être aimé, le corps, l’organique, le territoire, la belle animale envoûtante qui interpelle.
« Elle espérait que son exemple me donne de la force. Mais c’était tout le contraire qui se produisait ». Elle, la mère d’Isabelle. Elle, l’ombre écrasante. Elle, qui ne veut surtout pas que sa fille cache ou gâche sa beauté. Elle, l’unique lien, la seule, face au vide généalogique. Elle, dont la mort fait éclater le mensonge, la transmission filiale au prisme des secrets et des non-dits. Isabelle devra alors voir au-delà d’elle, sonder l’héritage tapi dans des profondeurs insoupçonnées, retracer des liens d’une noirceur d’encre à l’incandescence d’elle.