Archives par étiquette : Sarah Bearelle

« La douleur en héritage »

Un coup de cœur du Car­net

Pieterke Mol Comme ta mère

Comme ta mère

Auteur : Pieterke Mol

Mai­son d’édition : Noir sur blanc

Col­lec­tion : Nota­bil­ia

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 268

Prix : 22,50 €

Livre numérique : 15,99 €

EAN : 9782889831890

Plus j’en dis sur ma famille, plus j’ai honte. Mon père détru­it avant la nais­sance. Ma grand-mère inca­pable de l’aimer. L’alcool à flots. Ma mère née colère. L’alcool à flots. Sa mort bru­tale. Et moi. Moi, la dépen­dante à tout. En manque de tout. Qui galère dans tout. 

Avec Comme ma mère, pub­lié chez Noir sur blanc dans la col­lec­tion « Nota­bil­ia », Pieterke Mol signe un texte âpre, nerveux, par­fois dérangeant, tra­ver­sé d’une énergie vitale qui en fait toute la sin­gu­lar­ité. Un roman qui racon­te, par frag­ments, par retours en arrière, dans une poly­phonie famil­iale, une blessure. Une dis­sec­tion de la con­struc­tion du soi au milieu du chaos et de l’insécurité affec­tive, une plongée dans les tré­fonds de la psy­ché d’une famille sur trois généra­tions, un explo­ration des failles et des héritages invis­i­bles. Con­tin­uer la lec­ture

Violence possessive en forêt vierge

Dieudonné dans la jungle

Dans la jungle

Autrice : Ade­line Dieudon­né

Mai­son d’édition : L’Iconoclaste

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 434

Prix : 22,50 €

Livre numérique : 14,99 €

EAN : 9782378805814

Der­rière les façades des vil­las en briques blanch­es des demeures bon chic bon genre du Bra­bant Wal­lon, dans les interlignes des cartes postales illus­trées du cliché issu de la séance pho­to annuelle où rutile de bon­heur la sacro-sainte famille à laque­lle, sur des airs de Sin­se­mil­ia, amis, proches et con­nais­sances ont souhaité, quelques années aupar­a­vant, « tout le bon­heur du monde » lors des noces célébrées en grande pompe dans le fief pat­ri­mo­ni­al, dans le tout-ter­rain d’une Bike Night des pre­miers émois arrosés de moji­to en gob­elet, une his­toire d’emprise, de vio­lence con­ju­gale, d’uxoricide, de fil­i­cide, du trash et du réal­isme fra­cas­sant. Con­tin­uer la lec­ture

Le vertige de la trahison des images ou quand le pinceau se fait meurtrier

Philippe BRADFER, La fausse impos­ture, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2026, 227 p., 20 €, ISBN : 9782874899966

bradfer la fausse impostureDans l’univers des galeries d’art brux­el­lois­es, le mys­tère n’est pas qu’une fig­ure de style ; c’est un « hori­zon indé­pass­able ». Le nou­veau roman de Philippe Brad­fer, La fausse impos­ture, paru aux édi­tions Weyrich dans la col­lec­tion « Plumes du Coq », nous entraine dans un univers où la fron­tière entre le vrai et le faux se dis­sout comme une image de René Magritte. Un réc­it autour d’une ren­con­tre bru­tale entre le crime et la beauté, mêlant enquête poli­cière et quête intel­lectuelle. Con­tin­uer la lec­ture

L’éclat de mille soleils dans la brèche du monde

Un coup de cœur du Car­net

Raïs­sa YOWALI, Les mille soleils de Busu Jano, Arbre de Diane, 2026, 114 p., 15 €, ISBN : 978–2‑93082240–2

yowali les mille soleils de busu janoIl est des livres qui ne se con­tentent pas d’être lus, mais qui vous per­cu­tent et oblig­ent à regarder en face les angles morts de notre human­ité, les éclats de la société dans leurs fra­cas, les sur­vivances lumineuses qui irra­di­ent et nour­ris­sent les feux de la résis­tance. Ce pre­mier recueil de Raïs­sa Yowali, Les mille soleils de Busu Jano, paru chez L’Arbre de Diane est de ceux-là. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2025 de Sarah Bearelle

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion de Sarah Bearelle. Con­tin­uer la lec­ture

« Le travail du conte », déplacement, condensation et voix féminine-iste

Myr­i­am MALLIÉ, Un château, le silence, Esper­luète, 2025, 126 p., 19,50 €, ISBN : 978–2‑35984–204‑3

mallié un chateau le silenceMyr­i­am Mallié, fig­ure impor­tante et pio­nnière du tra­vail du con­te en Bel­gique, pour­suit sa voie lit­téraire en semant sur son chemin édi­to­r­i­al son sep­tième titre, Un château, le silence, paru aux édi­tions Esper­luète.

Avant la mise en place de l’enchantement d’un « il était une fois » ou autre for­mule codée sésame d’un Autre Monde, la con­teuse installe son lecteur. Celui ou celle qui ouvre Un château, le silence, décou­vre un réc­it issu de la mécanique onirique. Il est ques­tion, dans la nais­sance de cette écri­t­ure, d’un « laiss­er faire ce qui creu­sait en moi et fai­sait mal pour l’instant. Et tout autant, [d’un] laiss­er agir ce qui, venu d’ailleurs, y ver­sait de la douceur. Le rêve et le fleuve. », énonce Mallié. L’analogie entre rêve et mythe, rêve et con­te, sou­vent notée par Freud et ses dis­ci­ples, sou­tient le pro­jet d’écriture ; tel le rêve, le con­te se présente avec un con­tenu man­i­feste qui dis­simule un con­tenu latent, le lec­torat en est d’emblée aver­tit, la con­teuse racon­te alors. Con­tin­uer la lec­ture

« Le cahier volé », histoire en quête et enquête d’histoire

Tris­tan LEDOUX, Un accent de vérité, Chant des voyelles, 2025, 221 p., 20 €, ISBN : 978–2‑490580–20‑0

ledoux un accent de véritéUn accent de vérité s’ouvre sur une perte, un manque d’où émerge alors le désir. Désir de recon­stituer l’œuvre écrite par le nar­ra­teur dans ce cahi­er égaré, de retrou­ver les fils nar­rat­ifs, tan­tôt noués autour d’une cein­ture ou pelo­ton­nés à une jupe portée par l’être aimé et abîmé. Tan­dis que l’oubli a fait som­br­er les ten­ants et aboutis­sants de l’histoire con­signée, l’écrivain se lance, dans une sorte de fuite en avant, dans son irré­press­ible quête. Des motifs du réc­it dis­paru sur­gis­sent dès lors dans le réel, des crises hal­lu­ci­na­toires étof­fent le tis­su nar­ratif, l’enquêteur se livre à la resti­tu­tion des gestes d’écriture, scrute les artic­u­la­tions tapies çà et là, un trom­binoscope de per­son­nages défile dans ses rêves, l’un d’eux jail­lit des eaux pro­fondes et le plonge dans le jeu abyssal de la réal­ité et de la fic­tion.   Con­tin­uer la lec­ture

L’amour véritable, c’est pour du semblant

Un coup de cœur du Car­net

Louis DUBRAU, Les imag­i­naires, Académie Royale de langue et de lit­téra­tures français­es, 2025, 239 p., 20 €, ISBN : 9782803200894

dubrau les imaginairesAvec la réédi­tion du recueil Les imag­i­naires, l’Académie Royale fait à nou­veau réson­ner une voix d’une intel­li­gence rare et d’une sen­si­bil­ité fine, celle de Louis Dubrau. Der­rière ce nom, choisi par Louise Schei­dt (1904–1997) pour, dit-on, déjouer les préjugés d’une cri­tique qu’elle jugeait misog­y­ne, se cache une autrice pro­lifique et essen­tielle, dont l’œuvre, pour­tant recon­nue par ses pairs et son élec­tion à l’Académie Royale en 1972, mérite plus que jamais d’être redé­cou­verte aujourd’hui. Con­tin­uer la lec­ture

La Jeune Romancière fit entendre ce monde silencieux

Claire MATHOT, La sai­son du silence, Actes Sud, 2025, 170 p., 18 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782330201586

mathot la saison du silenceUn vil­lage isolé, un bourg minus­cule, frap­pé d’un hiv­er rigoureux qui le coupe de tout autre monde, dans une époque indéter­minée, un endroit énig­ma­tique où chaque habi­tant est entière­ment défi­ni par son méti­er – Serveuse, Crémière, Mousse, Boulangère, Fos­soyeur, Écrivain, Aven­turi­er – où toute iden­tité est réduite à sa fonc­tion. Un lieu où le « faire » a anéan­ti l’« être ». Dans cette microso­ciété, la survie est une lutte de chaque instant, dès qu’un indi­vidu n’est plus jugé « utile », son sort est scel­lé. Au cœur de cette ten­sion, l’on suit le des­tin de trois per­son­nages con­fron­tés à leurs peurs pro­fondes et à la vio­lence du monde régi par l’utilitarisme. L’arrivée d’un étranger qui pré­tend con­naitre le passé du vil­lage vient semer le trou­ble et fait vac­iller les frag­iles cer­ti­tudes. Con­tin­uer la lec­ture

« Va, lis et deviens »

Véronique SELS, Le livre des pos­si­bles, Genèse édi­tion, 2025, 200 p., 22,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782382010426

sels le livre des possiblesEn jan­vi­er 1943, Jus­tine, étu­di­ante en physique à Greno­ble, ren­tre pour le week­end chez ses par­ents. Dans le train qui l’y emmène, les claque­ments de la porte du cab­i­net de toi­lette la poussent à quit­ter son com­par­ti­ment et à s’enhardir vers le lieu ; elle y décou­vre un bébé.

Elle cherche une expli­ca­tion dans la cab­ine, puis à l’intérieur du couf­fin, soulève prudem­ment la cou­ver­ture et trou­ve une paire de chaus­sons d’un blanc immac­ulé, un biberon en verre sur­mon­té d’une tête en caoutchouc de bonne qual­ité et, dépas­sant légère­ment de sous l’oreiller sur lequel repose la tête de l’enfant, un livre à la cou­ver­ture en cuir mar­ron clair. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2024 de Sarah Bearelle

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2024 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion de Sarah Bearelle. Con­tin­uer la lec­ture

« La parole est au témoin »

Sophie PIRSON, Qua­tre saisons plus une, Arbre à paroles, coll. « iF », 2024, 18 €, ISBN : 9782874067518

pirson quatre saisons plus uneDurant les saisons qu’a duré le procès des atten­tats de Brux­elles, Sophie Pir­son tient un car­net de bord. Qua­tre saisons plus une offre une immer­sion poé­tique dans le procès des attaques ter­ror­istes de Brux­elles et parait aujourd’hui aux édi­tions L’Arbre à Paroles, dans leur col­lec­tion « iF » dirigée par Antoine Wauters. L’autrice, à la suite de ce jour funeste du 22 mars 2016, y avait déjà con­sacré deux réc­its Le print­emps c’é­tait hier (Indekeuken édi­tions, 2018) – lequel clôt la présente édi­tion – et Cou­vrez les biens, il fait froid dehors… (Édi­tions du Cerisi­er, 2021). Con­tin­uer la lec­ture

Conter les heurs

Michel JOIRET, L’heure du con­te, M.E.O., 2024, 103 p., 15 € / ePub : 8,99 €, ISBN : 9782807004641

joiret l'heure du conteLe poète, essay­iste, romanci­er, Michel Joiret nous revient en prose avec L’heure du con­te, pub­lié aux édi­tions M.E.O. Il nous con­te un cré­pus­cule de vie dont les arcanes de la mémoire, ses pertes et ses sur­gisse­ments, lais­sent sour­dre des lueurs incan­des­centes et des aubes nais­santes. Con­tin­uer la lec­ture

Au premier regard

Chan­tal DELTENRE, Le regard retrou­vé, Esper­luète, 2024, 103 p., 18 €, ISBN : 9782359841817

deltenre le regard retrouvéEn dépit de la météo, la nar­ra­trice décide d’aller « marcher quelque part », elle qui, dans ses lieux com­muns, « trou­ve tou­jours quelque chose à voir ». Scène inau­gu­rale du réc­it, cet élan per­cep­tif fait jail­lir un regard, qui par­court, se dérobe, inter­roge, explore, embrasse, fixe, se suit. Dans un kaléi­do­scope aux prismes intimes et aux clartés touchant le philosophique et l’imminemment col­lec­tif, l’écrivaine, eth­no­logue et pas­sion­née de pho­togra­phie, Chan­tal Del­tenre se met en quête de celui qui per­met de voir, de se voir, de se redé­cou­vrir quand il s’était oublié ou avait été cen­suré, cet œil réson­nant qui trans­met une rumeur qui ranime. Con­tin­uer la lec­ture

« j’ai toutes ces bêtes en moi / murmurais-tu »

François EMMANUEL et Chris DELVILLE, Le dit de la renarde, Esper­luète, 2023, 140 p., 19,50 €, ISBN : 9782359841770

emmanuel le dit de la renardeLe « dit », genre en vogue dans la lit­téra­ture médié­vale, désigne ini­tiale­ment des textes proches des fabli­aux et des lais, pour ensuite évoluer vers une poé­tique lyrique et nar­ra­tive, tout à la fois. Avec Le dit de la renarde, la poésie de François Emmanuel sub­tile­ment liée aux gravures de Chris Delville livre une fig­ure poé­tique qui aboutit à une sorte de « Voir dit » – con­tin­uons la référence aux let­tres du Moyen Âge et à l’incontournable Guil­laume de Machaut –, une aven­ture où ce que la renarde dit rythme l’itinéraire ini­ti­a­tique d’un « je » scan­dé par l’esprit ani­mal, l’adorée, l’être aimé, le corps, l’organique, le ter­ri­toire, la belle ani­male envoû­tante qui inter­pelle. Con­tin­uer la lec­ture

A(d)venir d’elles

Luc LEENS, Au-delà des mères, Acad­e­mia, 2024, 300 p., 23,50 € / ePub : 17,99 €, ISBN : 9782806136763

leens au dela des meres« Elle espérait que son exem­ple me donne de la force. Mais c’était tout le con­traire qui se pro­dui­sait ». Elle, la mère d’Isabelle. Elle, l’ombre écras­ante. Elle, qui ne veut surtout pas que sa fille cache ou gâche sa beauté. Elle, l’unique lien, la seule, face au vide généalogique. Elle, dont la mort fait éclater le men­songe, la trans­mis­sion fil­iale au prisme des secrets et des non-dits. Isabelle devra alors voir au-delà d’elle, son­der l’héritage tapi dans des pro­fondeurs insoupçon­nées, retrac­er des liens d’une noirceur d’encre à l’incandescence d’elle. Con­tin­uer la lec­ture