La scène des ventres

”Bruneel

Les aventures de Bleu Blanc Belge & Rouge Rubis Roubignole

Auteurs : Christoph Bruneel et Thier­ry Rat

Mai­son d’édi­tion : L’âne qui butine

Col­lec­tion : Amphis­bène

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 163

Prix : 22 €

Livre numérique : /

EAN : 9782919712410

Mendel über Alles! Des petits pois, rien que des petits pois font tout le poids d’une résur­gence sai­son en enfer plein de légumes pleine d’écume sur l’en­clume préchauf­fée.
Au chaud le dard au plat de résis­tance s’y man­i­feste en inces­te dans le fal­bala man­da.
Mut­ter Courage et Mère Nature s’y met­tent à la progéni­ture sans cen­sure, leur der des ders sinécure…
 

Dans Les aven­tures de Bleu Blanc Belge & Rouge Rubis Roubig­nol, Thier­ry Rat et Christoph Bruneel,  font jail­lir, sur­gir la matière qui ren­tre en nous, matière à boire et à manger, fes­tin culi­naire et orgie de bouffe, tout est bon pour les deux auteurs et illus­tra­teurs de ce livre hors norme, pour faire enten­dre cette fameuse langue du corps dont Jean-Pierre Ver­heggen aurait dit le plus grand bien et rap­pelé que le Belge ne sait par­ler et que, pour cette rai­son, nous avons créé cette lit­téra­ture du corps et des entrailles.

Thier­ry Rat et Christophe Brunet font enten­dre cette langue de l’op­u­lence, cette langue de l’o­rig­ine, du sein bien gar­ni, de la tétée infinie et, c’est sous la forme d’un roman-théâtre que les deux per­son­nages s’en­voient des recettes de grandes tables où l’écri­t­ure peut dans la graisse répan­due, sur­gir des doigts cal­ligraphes des auteurs.

Nous par­tirons joyeux vivre à l’emporte-pièce, chan­tonne Coucourge, la bet­ter­ave et le nerf de bœuf en ban­doulière. L’amour et la charnière de la porte arrière. Quelques brins d’a­musette dans la musette pour fil­er qué­quette, le pre­mier lun­di de frimaire. Nous partagerons le mai­gre dans le manque, le prof­it lais­sons-le aux prof­iteroles. Nos grolles seront d’air pour alléger la charge et la tran­spi­ra­tion des petons.

Bien sûr on pense, devant cette lit­téra­ture de l’ex­cès, toute boud­inée de l’in­térieur, cherche dans la grotte de la glotte les crottes de la petiote langue, comme auraient pu l’écrire nom­bre de poètes belges qui font du corps, et non du moi, le socle par où tout vient et tout part et passe par les buc­cins labyrinthiques (Ver­heggen). Un livre hors sol et en chair, trag­ique donc et comique comme la langue le per­met en nous offrant cette façon de tourn­er le dos aux philosophes de boudoir. Le rire est dans le fruit et con­t­a­mine la con­fi­ture des con­sonnes et voyelles ; l’excès est dans l’ennui mais ici la pro­fu­sion est jouis­sance et richesse. Un livre pour toutes saisons et bonnes natures…

Daniel Simon