Archives par étiquette : L'âne qui butine

Devenir encore, obstinément

Un coup de cœur du Car­net

Éric CLEMENS, La mort existe pas, col­lages et pho­tos de Christoph Bruneel, Âne qui butine, 2026, 160 p., 22 €, ISBN : 9782919712397

clémens la mort existe pasDans La mort existe pas, Éric Clé­mens per­siste et reste fidèle à lui-même : abor­dant la vieil­lesse, le corps qui décrépit, les proches qui dis­parais­sent, Éric Clé­mens aurait pu som­br­er dans le pathos, le ressasse­ment nat­u­ral­iste, la nos­tal­gie, la mélan­col­ie, la con­fes­sion, la ten­ta­tion tes­ta­men­taire, l’autofiction, etc.

Rien de tout ça. Tant mieux. Con­tin­uer la lec­ture

Duo dada dodu dis donc

Christoph BRUNEEL et José VANDENBROUCKE, … NU & con­tinu, Âne qui butine, coll. “Amphis­bène”, 2025, 166 p., 22 €, ISBN : 978–2‑919712–38‑0

bruneel vandenbroucke nu & continu« Spec­tal­lumeurs », Christoph Bruneel et José Van­den­broucke van­nent les let­tres dans la joie et les mirages. Ils les tamisent et les déplient sur un cadavre exquis de flots de mots col­lants et de col­lages, qui meurent dans des remous poé­tiques pour en génér­er par l’écume, de nou­veaux sur le chant. Dont les cou­plets inin­ter­rom­pus respirent abon­dam­ment l’air par la page ouverte, dévalée en lignes ser­rées et dérangées ; tel un tor­rent NU & con­tinu. Con­tin­uer la lec­ture

Comment écrire par les oreilles autant que par la tête

Un coup de cœur du Car­net

David BESSCHOPS et Christoph BRUNEEL, En quête du p, Âne qui butine, coll. « Amphis­bène », 2025, 22 €, ISBN : 9782919712366

besschops bruneel en quete du pEn quête du p est le pre­mier livre d’Amphisbène, la nou­velle col­lec­tion de L’Âne qui Butine. Le “con­cept” de la col­lec­tion ? Très sim­ple. Un duo d’auteurs ou d’autrices écrit à qua­tre mains un livre de poèmes, de fic­tions, ou d’autres choses encore. Peu importe. Pourvu qu’il y ait l’ivresse. Le même duo four­nissant des œuvres plas­tiques ou visuelles, elles aus­si pro­duites à qua­tre mains. Con­tin­uer la lec­ture

Petits objets blessés à l’horizon

Anne LETORÉ et Françoise LISON-LEROY, Col­lec­tions après usage, Âne qui butine, 22 €, ISBN : 9782919712373

letore lison leroy collections apres usageVoilà un objet curieux que celui com­posé des qua­tre mains asso­ciées d’Anne Letoré et Françoise Lison-Leroy. Col­lec­tions après usage vient de paraitre dans la col­lec­tion « Amphis­bène » des édi­tions de l’Âne qui butine, dans laque­lle “deux auteur-es créent en duo, tis­sent leurs mots, illus­trent ensem­ble une œuvre unique.” Entre prose (Anne Letoré), poésie (Françoise Lison-Leroy), recette de cui­sine sat­ur­nale, pho­togra­phie et col­lages, les deux artistes voy­a­gent dans les espaces, les épo­ques et les médi­ums pour explor­er quan­tité de col­lec­tions croisées sur leur chemin. Comme l’annonce l’inscription au feu­tre orange et vert sur la qua­trième de cou­ver­ture : ça riboule, ça pêle-mêle, ça tar­touffe. Con­tin­uer la lec­ture

Le détournement de l’anarchiste

Christoph BRUNEEL, QUEMHRF ! (en manège), Âne qui butine, coll. « Xylophage », 2025, 264 p., ISBN : 978–2‑919712–35‑9

bruneel QUEMHRFLa terre tourne, mais sous sa forme humaine, notre monde, elle tourne mal. Com­ment la détourn­er ? Christoph Bruneel, cet écrivain (par­fait en deux langues) et tra­duc­teur (il a réin­ven­té en néer­landais les langues de Jean-Pierre Ver­heggen) a de façon jubi­la­toire créé un per­son­nage pour nous y aider… Con­tin­uer la lec­ture

David Besschops ou l’incommunicabilité

Un coup de cœur du Car­net

David BESSCHOPS, Faut-il que tout meure pour que rien ne s’achève ?, L’Âne qui butine, coll. « Troglodyte », 2022, 11 €

besschops faut il que tout change pour que rien ne s acheve« On ne com­prend pas quel drame j’ai pré­ten­du ouïr. »

À con­tre-courant d’une lit­téra­ture con­tem­po­raine per­pétuelle­ment en fête et de ses parades menées tam­bour bat­tant avec force péta­rades, le tra­vail de David Bess­chops s’impose comme l’un des plus intran­sigeants de notre époque. Aux recueils Trou com­mun (2010), Avec un orgasme sur la tête en guise de bon­net d’âne (2017) ou Pla­cen­ta (2018) vient s’ajouter ce petit opus, Faut-il que tout meure pour que rien ne s’achève ?, pub­lié aux édi­tions L’Âne qui butine. Peu (re)connus, les ouvrages de Bess­chops, depuis son pre­mier recueil Car­men (2006), sont de ceux qu’on se passe sous le man­teau ou qu’on acquiert comme des livres de col­lec­tion. Ain­si, sans doute, de cer­tains des plus grands livres ou des plus grands écrivains : peu de pail­lettes, peu de médailles mais un halo feu­tré et pérenne.   Con­tin­uer la lec­ture

« Déambulons dans le non-dit »

Un coup de cœur du Car­net

François LIÉNARD, Lieux dits, Col­lages de F. Lié­nard, Âne qui butine, coll. « Xylophage », 2021, 230 p., 22 €, ISBN : 9782919712274

liénard lieux dits« On ne part pas » décré­tait, dans Mau­vais sang, celui que l’on surnom­mait pour­tant « l’homme aux semelles de vent ». C’est que le rap­port du poète au voy­age est con­trar­ié, du fait qu’il est voy­ant : il est moins un corps qu’un regard qui se déplace. Les décors se muent en mots, les façades ne dis­simu­lent jamais qu’elles-mêmes, tous les arti­fices des villes sont dénudés en un clin d’œil…

François Lié­nard, vous con­nais­sez ? Mais si… Vous l’aurez croisé dans quelque train entre Brux­elles-Midi et Charleroi-South ou vers Mons via Buizin­gen, ou encore à la jetée d’Antwerpen, à Lis­bonne, à Køben­havn, à Venise, ou dans quelque ville-musée « Inscrite au Pat­ri­moine mon­di­al d’une / Human­ité qui ne se recon­naît plus », ou dans des con­fins moins acces­si­bles encore, Châtil­lon, Vir­ton-on, Arlon. Con­tin­uer la lec­ture

Verheggen enfin chez Vondel !

Jean-Pierre VERHEGGEN, Pub­ères, Putains / Pubers, Pieten­pakkers, tra­duc­tion Christoph BRUNEEL, Âne qui butine, 2019, 2013 p., 22€, ISBN : 978–2‑919712–23‑6

Il n’est pas dans les habi­tudes du Car­net de recenser les tra­duc­tions d’œuvres lit­téraires belges fran­coph­o­nes vers d’autres langues. Une excep­tion pour­tant aujourd’hui tant l’entreprise qui voit le jour con­stitue une pre­mière, un défi relevé et entamé il y a trois ans par Christoph Bruneel, relieur de for­ma­tion et ani­ma­teur avec Anne Letoré des édi­tions L’Âne qui butine. Le pari ? Traduire inté­grale­ment en néer­landais un recueil de Jean-Pierre Ver­heggen, en l’occurrence Pub­ères, Putains, sans doute l’un des textes les plus con­nus, les plus aboutis du poète. Un pari assez fou en effet d’autant que Ver­heggen se plaît à rap­pel­er avec humour que même en français il n’a jamais été adap­té, emprun­tant en cela à Jules Renard sa for­mule ironique à l’encontre de l’auteur d’Un coup de dés jamais n’abolira le hasard, « Mal­lar­mé, intraduis­i­ble même en français ! » Con­tin­uer la lec­ture

« Créer sa liberté ! »

Anne LETORÉ, Françoise LISON-LEROY, Colette NYS-MAZURE (textes), Annette MASQUILIER (illus­tra­tions), Rouge mise en plis, avec une post­face de Mar­i­anne Kirsch, L’Âne qui butine, coll. « Scolopen­dre », 2017, 124 p., 29€, ISBN :  978–2‑9197–1218‑2

rouge mise en plis 1.pngTout part d’Annette Masquili­er. Artiste plas­ti­ci­enne et ani­ma­trice d’un ate­lier de théâtre et de mar­i­on­nettes pour per­son­nes hand­i­capées men­tales, elle inter­roge dans son tra­vail l’humain et la société, avec un accent par­ti­c­uli­er mis sur les femmes : « Ma créa­tion par­le des femmes, mais ques­tionne égale­ment… Qu’en est-il des codes, des non-dits, des images qui nous sont imposées par la société et que l’on s’impose… C’est une recherche de lib­erté d’être, de parole, de vérité, de retrou­ver son essen­tiel, pro­pre à cha­cun, à cha­cune… » Son cre­do ? « Créer sa lib­erté » ! Alors, elle a dess­iné. Une femme, épouse, mère, d’âge moyen. Une femme au vis­age vidé de ses traits (même si, par­fois, des larmes coulent). Une femme d’intérieur, tabli­er orange ; une femme à l’intérieur, escarpins rouges. Une femme bardée d’une ser­pil­lière, d’une poêle, d’oreilles, de jambes coupées, d’un cœur éprou­vé. Une femme qui picore sa vie. Une femme tirail­lée par des aspi­ra­tions con­traires ; enrac­inée, légère. Une femme à la recherche de ses cail­loux de Petite Poucette. Con­tin­uer la lec­ture

Le chant ininterrompu de Werner

Wern­er LAMBERSY, dessins de Lau­rence Skivée, Ball-trap, suivi de Je me suis fait un non, L’âne qui butine, 2017, 106 p., 22 €, ISBN : 978–2‑919712–14‑4 ; Hom­mage à Calder, Ed. Rhubarbe, 2017, 81 p., 8€, ISBN : 978–2‑374750–16‑3 ; Ici l’ombre (jour­nal de résis­tance), Cygne, 2017, 50 p., 10€, ISBN : 978–2‑84924–486‑9

lambersy hommage a calderOn pour­rait dire de Wern­er Lam­ber­sy que c’est un poly­graphe et ce serait extrême­ment réduc­teur. Ajouter peut-être qu’il est vir­tu­ose mais ça ne suf­fi­rait pas encore. Aus­si à l’aise dans la forme courte, le haïku, l’aphorisme, que dans le poème long, Wern­er nous sur­prend à chaque nou­velle pub­li­ca­tion. Car c’est bien à l’ensemble d’une œuvre impor­tante et pro­téi­forme qu’il con­vient de rat­tach­er ces recueils qui parais­sent simul­tané­ment. Il n’est donc pas éton­nant de trou­ver par­mi les trois phras­es d’exergue qui ouvrent son Hom­mage à Calder, celle de l’écrivain por­tu­gais Anto­nio Lobo Antunes : « Il faut sans cesse trou­ver une autre façon d’écrire pour exprimer ce qu’on veut vrai­ment dire ». Ce à quoi s’attelle Wern­er dans une œuvre où chaque nou­v­el opus vient con­solid­er encore un peu plus l’édifice dont l’une des pre­mières pier­res fut posée avec Maîtres et maisons de thé dès 1979. Con­tin­uer la lec­ture

Besschop(s) ou la souille familiale

David BESSCHOPS, Besschop(s), L’âne qui butine, s.d.,191 p., 22 €

besschops_demaeseneerLes édi­tions de L’Âne qui butine ont le don de dénich­er des météores lit­téraires ! Au gré des trou­vailles, le cat­a­logue s’affirme, s’affine, s’affûte. Leur belle et exigeante col­lec­tion “Xylophage” (dont chaque ouvrage est tiré pré­cisé­ment à 317 exem­plaires sur un Vergé choisi) s’enrichit d’un texte hors norme, inclass­able. Con­tin­uer la lec­ture