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Les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel

Un coup de cœur du Carnet

Hed­wige JEANMART, Les oiseaux sans tête, Gal­li­mard, 2018, 316 p., 21€ / ePub : 14.99 €, ISBN : 9782072762888

jeanmart les oiseaux sans tete.jpgHed­wige Jean­mart nous revient qua­tre ans après son Prix Rossel. Blanès , pre­mier roman au décalage sub­til, se glis­sait sous le haut-patron­age de Rober­to Bolaño. Eva, en plein deuil d’une rela­tion arrachée de façon abrupte, y croi­sait d’énigmatiques afi­ciona­dos de l’auteur chilien  et ten­tait de redonner du sens à sa vie.

Ici, dès l’entame, Hed­wige Jean­mart s’assure de créer un cli­mat qui crisse, des lignes à l’inquiétude tan­gi­ble et de nous pren­dre à rebrousse-poil du réc­it. Nous y suiv­rons donc d’abord Blanche, trans­bahutant depuis quelques années un irri­tant cail­lou men­tal, et presqu’agacée par sa pro­pre démarche: « Elle n’est pas sûre  qu’elle aimerait qu’on fasse ça avec sa vie à elle, aller voir, s’imaginer des choses. C’est un peu comme si elle s’était appro­prié Daniel, qu’elle pou­vait en faire ce qu’elle voulait ».  Comme bien­tôt le lecteur, cette enquêtrice impro­visée – qui a tou­jours eu plus de dégoût que de sym­pa­thie pour Daniel Deur – a pour­tant à cœur de com­pren­dre quel homme il était avant, pen­dant et après ses meurtres. Existe-t-il des indices qui nous met­tent le doigt sur le rouage grip­pé, d’expliquer le « pourquoi » au-delà même du « com­ment » ? Est-on en mesure d’entrapercevoir de quelle façon s’esquisse l’être der­rière le crime ?  Peut-on met­tre des mots sur « ça » ? Con­tin­uer la lec­ture