Ingénue Proserpine
Sophie BUYSE, L’escarbilleuse, Talus d’approche, 1995
A peine vient-on de découvrir Sophie Buyse avec La graphomane (publiée à Toulouse chez Patrice Thierry) que l’on a droit, déjà, à un deuxième roman. S’y expriment une fois encore la jubilation créatrice et l’érotomanie du jeune écrivain. Que s’est-il passé, quelles leçons de vie et quelles métamorphoses depuis Mara-la-Graphomane jusqu’à Marcia-l’Escarbilleuse, depuis la blonde vénitienne jusqu’à l’exil au pays noir ? Peut-être après tout n’est-ce qu’une question de point de vue. Quand l’amoureuse épistolaire s’ingéniait à jouer avec la mort par l’intermédiaire des mots, la petite grappilleuse de charbon, de l’hôpital où elle console à l’académie où elle pose, a la mort sur son épaule comme un manteau d’hiver : « Ce n’est pas elle qui touche la mort, /c’est la mort qui la touche », ainsi parle l’épigraphe. Continuer la lecture