Comme un origami…

Philippe LEUCKX, Car­nets de Ranggen, Mont-Saint-Guib­ert, Le Coudri­er, 2015, 92 p., 14 €

leuckx

Poète fécond des éton­nements du quo­ti­di­en, Philippe Leuckx a déjà pub­lié une quin­zaine de recueils poé­tiques en plus d’ouvrages divers qui attes­tent l’étendue de sa tes­si­ture. Avec ces Car­nets de Ranggen , c’est une vil­lé­gia­ture tyroli­enne qui inspire sa plume.

Il n’est pas inutile de pré­cis­er que Ranggen, dans la région d’Innsbruck, s’étale au pied des mon­tagnes et offre ain­si les charmes et les lan­gages à la fois con­jugués et con­trastés d’un hori­zon de plaine et de reliefs en pagaille. De quoi créer une har­monie para­doxale avec les alter­nances d’états d’âme d’un poète qui s’entend à les faire affin­er et mûrir dans ses écrits. Tout fait farine au moulin de ses célébra­tions Tout est nour­ri­t­ure pour des sen­sa­tions trans­mutées en sen­ti­ments, au hasard des ren­con­tres les plus ténues, des cadeaux du moment, de leurs con­cor­dances intimes ou de leurs désolantes fragilités. Et tout ces enchante­ments, toute ces mélan­col­ies aus­si, s’expriment sous les espèces de poèmes sou­vent très courts, où chaque mot compte et  dont la den­sité poé­tique n’est pas sans rap­pel­er les univers con­tenus dans un haïkaï, tout comme ces fleurs japon­ais­es qui se déploient depuis un noy­au de couleurs et comme ces origamis où d’un morceau de papi­er s’envole un oiseau-lyre. (Le soir n’a qu’à bien se tenir/Dit l’oiseau posé/Dans sa prédelle d’ombre ou encore :  On a eu la peine sourde/ Et le filet de lumière/Soudain le noir a pris/Toute la place du cœur ).

 C’est aus­si ce qu’illustre la belle image de la pré­face inspirée et cir­con­stan­ciée d’Anne-Marie Derèse, à pro­pos de cette « émeute des mots » :

Un esprit ailé plane au-dessus des cimes et vient se pos­er sur l’épaule du rêveur. Leuckx arrache une plume, la taille, la trempe dans l’encre et nous écrit un songe qui se déroule tel un ruban dans la fragilité de l’air.

Quant à l’œil du poète, il affirme aus­si sa présence au tra­vers les pho­tos de son cru qui accom­pa­g­nent les textes.

Ghis­lain Cot­ton

 

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