Les pérégrinations de Jacques Crickillon

Jacques CRICKILLON, Litanies. Le voyage du paralytique, Le Taillis Pré, 176 p.

CRICKILLON-LITANIESComme le dit la formule, on ne présente plus Jacques Crickillon. Poète de qualité au sein du paysage francophone de Belgique, il est l’auteur de nombreux recueils dont Colonie de la mémoire ou encore Guerre Sainte pour qui il a reçu le Grand Prix triennal en 1977.  Aujourd’hui, il vient de publier aux éditions Le Taillis Pré un nouveau recueil, Litanies, sous-titré Le Voyage du paralytique. L’ouvrage est découpé en 4 parties : « Montagne noire », « Refuge », « Fragments » et Litanies ».

Formellement, l’auteur ne s’impose pas de formes métriques régulières mais se permet des libertés d’écriture. La première partie est ainsi écrite en vers très libres, proches de la prose : « Et les tambours gagnèrent la tête tambours de certitude venait le Grand Serpent j’ai vécu de toutes les morts me suis abreuvé de l’écarlate qui attend en lisière des marigots (…) », tandis que la section « Fragments » propose des vers plus classiques : « nuit noire bénie/ Comme l’encre sur la feuille /Silence monde purgé/ Attaché aux pas d’un mendiant /qui refuse de mendier … ».

Dans ce recueil, l’auteur évoque le voyage et le propos de Jacques Crickillon n’est que vagabondage. Non qu’il perde son lecteur dans des indiscrétions personnelles, mais bien au contraire ouvre ses souvenirs dans une langue claire, épurée et parfois lyrique. « Litanies » comprend aussi bien des hymnes que des notes personnelles. C’est un pan complet de ces pérégrinations que nous offre le poète. Nos forêts, nos rivières, mais aussi la leur ; il s’évade aussi bien au-delà de la Vieille Meuse que vers le Nouvel Orient, toutes ses visions deviennent le sujet du poète devenu voyageur. Le ton est tantôt amoureux, tantôt rempli de rage, mais toujours parfaitement limpide. Un recueil dense, clair et qui invite indirectement au voyage, que l’on soit « paralytique » ou non. Un surplus ? Le frontispice du poète « Lorna en approche », en ouverture d’ouvrage.

Primaëlle VERTENOEIL