Parlons-en de la vie !

Mar­celle PÂQUES, Le cœur en balade, Bleu d’encre, 2022, 50 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930725–45‑1

paques le coeur en balade« Secré­taire, dans une autre vie. Retraitée, elle peut désor­mais don­ner libre cours à sa fan­taisie » racon­te l’excipit titré Mar­celle Pâques, dans ce nou­veau livret chez Bleu d’encre.  « Femme ordi­naire. Vie ordi­naire en apparence, car l’extraordinaire est là dans le quo­ti­di­en », lit-on ensuite pour expli­quer les trente-trois textes courts qui précè­dent et for­ment un bloc-notes de réflex­ions et sen­ti­ments. La généreuse pré­face d’Éric Allard saisit bien l’intention de l’auteure : L’art de la joie. Sur la cou­ver­ture, au-dessus de l’illustration enfan­tine par Cather­ine Han­necart d’une semeuse de coqueli­cots : Le cœur en balade.

Le monde est déri­sion
Kafkaïen, dro­la­tique
Si nous détri­co­tions
L’écharpe pathé­tique

Les allitéra­tions de K, R, T et les asso­nances de I et ON font une très jolie entrée en matière. Le velours des voyelles se heurte à la claque des con­sonnes et don­nent dans leur con­fronta­tion tout son sens au qua­train, dont le vers final est une métaphore très réussie ; où le mot écharpe échappe aux autres afin de le met­tre en évi­dence. Le cœur en balade ou en écharpe, c’est un effet de causal­ité cyclique résumant bien l’acte d’écriture ; entre chaleur et pathos.

C’est un matin sucré
À déguster sans ver­gogne
Un matin suc­cu­lent
Comme une tarte « à prones »

Les autres textes, divers et irréguliers tant sur le fond que la forme, sont d’espace (Espagne, Éva­sion, Hôpi­tal, Provence), de sai­son (Avril 2021, Mon cœur en hiv­er, Décem­bre, Avril) ou bien, sou­vent, sans titre. L’impression de lire un mémen­to ou des pris­es de notes en route, en chemin est insis­tante. C’est peut-être ce qu’il manque à cet ouvrage, du lien et du liant, à moins de suçot­er, de ne pas boire d’une traite ; ce qui est sou­vent con­seil­lé en poésie afin de laiss­er les mots infuser, attein­dre le cœur et se balad­er dans le corps ; comme la tasse d’un thé pré­cieux pour un temps sus­pendu, un silence qui

Après l’aposiopèse
con­tin­ue le réc­it
L’écriture de la vie
les pos­si­bles chemins

Tito Dupret

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