Le voyage d’une vie 

Monique THOMASSETTIE, La source d’incandescence,  2022, M.E.O., 95 p., 14 €, ISBN : 9782807003569

thomassettie la source d'incandescence« J’ai soif d’une his­toire incon­nue qui irait calme­ment sa vie d’écriture, me créerait une fois pour toutes dans son déroule­ment. »

« Pour moi, l’audace d’écrire  rejoint peut- être celle d’exister. De ne pas m’effacer, m’étouffer. De (re)naître. »

Dès les pre­mières pages de son con­te La source d’incandescence, nous nous glis­sons dans les pen­sées, les regards de Monique Thomas­set­tie.

L’histoire qu’elle tisse s’ouvre par une image sen­si­ble. « Der­rière chez moi, voici plus de deux ans qu’un arbre se tait, mort dans son grand âge, coupé pour ne pas, desséché, se bris­er et se fendre. Durant des mois, je n’ai vu que son vide entouré par deux arbres devenus les gar­di­ens de sa mémoire. (…) Je ne voy­ais donc plus que ce vide, blanc. Puis, un soir m’apparut le rouge au-delà de l’absence. » Sous la forme d’un arbre dressé un peu plus loin, rougeoy­ant au soleil couchant, révélant son feu intérieur .

Bien­tôt elle entre­prend un vaste voy­age qui la mène jusqu’en Inde, à la recherche de la source d’incandescence.

Nous suiv­ons ses chemins semés de décou­vertes, d’interrogations, d’avatars, d’émotions. Bruis­sant de ren­con­tres, depuis celle, dans un tem­ple isolé qu’il est seul à garder,  d’un jeune moine, épris d’art.

Dans un autre tem­ple, noir de monde, où se déroule une céré­monie, elle est invitée à lancer des fleurs dans un bassin avant d’être (fer­me­ment) priée de pay­er son écot !

Au fil de routes innom­brables alter­nent les paysages ; les per­son­nages, par­fois sin­guliers, dont se détache l’oratrice, une jeune femme vibrante d’indignation, révoltée, qui martèle : « Aujourd’hui domi­nent la poltron­ner­ie et le manque d’audace, de véri­ta­ble audace,  celle qui con­siste à ne pas peureuse­ment  se rac­crocher à des « valeurs sûres », à remet­tre en ques­tion les idol­es, à désobéir ! Cha­cun se dés­espère. Le lien le plus solide est celui de la colère ! » L’oratrice, une présence amie.

Les chemins au long cours aboutis­sent à une grotte cachant des fresques mag­nifiques témoignant que la vie est mou­ve­ment et dia­loguant avec la voyageuse qui se recon­naît en elles.

« La grotte pro­tégeait et révélait l’alchimie de l’Art, vis­i­ble et audi­ble tré­sor, réponse ici man­i­festée en un cortège de légen­des forgées au feu de la source d’incandescence”.

Francine Ghy­sen

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