Un coup de cœur du Carnet

Le Petit Chaperon Rouge suivi de Atti
Autrice : Sofia Betz
Maison d’édition : Les oiseaux de nuit
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 94
Prix : 10 €
Livre numérique : /
EAN : 9782931101780
Sofia Betz nous propose deux récits. Dans le premier, elle revisite, avec humour et dérision, le célèbre conte du Petit Chaperon Rouge. Le second texte, Atti, entraine le lecteur ou la lectrice dans un tout autre univers : une petite fille part à la recherche de son père et de ses souvenirs.
Le Petit Chaperon rouge est – comme son nom l’indique – petit. Et comme il est trop petit, tout lui est interdit. Il est bloqué chez lui – ou chez elle, son genre est au choix – alors qu’il rêve de découvrir le monde… ou du moins la forêt à côté de chez lui. Le Loup, quant à lui, vit dans sa tanière où tout est permis. Il est même obligé de faire peur. Mais lui, il n’a pas envie de sortir dans la forêt toute sombre – il a peur du noir, mais chut, c’est un secret – et préférerait rester bien au chaud chez lui. Dans leurs maisons respectives, on leur parle de l’autre comme d’un ennemi. Alors, forcément, ils se détestent alors qu’ils ne se sont jamais rencontrés. Pourtant ils ont plein de choses en commun. Ils sont notamment nés le même jour. Continuer la lecture



C’est un petit livre carré que proposent les éditions L’âme de la colline. Sur sa couverture hypnotique, un ciel aux dégradés de rose, de violet et de jaune, constellé d’étoiles étincelantes, d’où se détache un pic glacé altier. À son pied, une baleine tout aussi bleue et imposante, tout aussi calme et indifférente. Une impression cosmique irradie de cette image conciliant le chaud et le froid, et renvoyant à l’infiniment grand et mystérieux. De la montagne à l’océan se présente d’emblée comme une invitation, silencieuse, à la découverte : « Il était une fois un temps, un temps où tout était possible. »
Dans Lisières, Daniela Ginevro revisite cinq contes populaires : Le petit chaperon rouge, Hansel et Gretel, Les chaussons rouges, Vassilissa-la-très-belle et Boucle d’or. Ces célèbres histoires mettent en scène des petites filles des forêts à qui l’autrice dédicace son texte. Qui sont-elles ? Leurs noms nous sont familiers : le petit chaperon rouge, Gretel, la petite fille aux souliers rouges, Vassilissa, Boucle d’or… Mais il y en a tant d’autres. 



L’histoire de L’île aux deux crabes appartient à la tradition kanak et se transmettait originellement en iaaï (langue parlée à Ouvéa, comptant aujourd’hui un peu moins de quatre mille locuteurs). Au début de l’ouvrage, il est précisé que Françoise Ozanne-Rivierre, une linguiste spécialiste des langues et civilisations à tradition orale, l’a recueillie en Nouvelle-Calédonie à la fin des années 1980 de la bouche d’un certain Taï Waheo. Quelques décennies plus tard, Sylvain Alzial s’en empare et facilite son inscription, à travers les âges et au-delà des frontières, par le biais d’un conte amusant et plein de la sagesse de feu Madame Bouba.
Pour son trente-cinquième ouvrage, la collection « La petite pierre » des éditions La pierre d’alun propose un cahier à spirale rempli de la prose de Nadine Monfils et des illustrations de Kikie Crêvecœur. Les deux artistes devaient se rencontrer car elles brillent d’une même lumière : celle du détournement et de la légèreté certaine. L’univers déjanté de l’autrice est connu de tous ; Monfils s’amuse à triturer un matériau sérieux et documenté pour en façonner (notamment) des polars bourrés d’humour et de vitalité. Crêvecœur, elle, œuvre à capter avec sensibilité des fragments de vie et du monde, et les grave minutieusement… dans des gommes ! Toutes deux partagent une volonté tenace de se dégager de la lourdeur imposée ainsi qu’un tracé singulier hors des sentiers battus. Leur collaboration « évidente » se concrétise dans Le bleu des rêves à la faveur de deux contes.
Le conte du Naufragé semble commencer par la fin :
Il ne peut l’écrire tout de go, il doit s’y reprendre à trois fois (et autant de chapitres) pour parvenir à le dire, à énoncer ce qui le consumait, lui, le narrateur — qui, dans ce récit, peut se confondre avec l’auteur. Ce qui l’a brisé mais dont il finira par sortir libéré, délivré – le conte de La reine des neiges est là, présent, avec son imaginaire de glace et ses ambiguïtés, sa chanson et ses deux mots emblématiques. Le petit Poucet n’est pas loin non plus. Le narrateur s’en servira pour raconter sa Fêlure – le livre d’Emmanuel Régniez que nous lisons est à la fois ce récit mais aussi celui de l’écriture comme processus salutaire. Le narrateur : fils, frère aîné et père. Sans âge, et de tous les âges. Celui de son enfance, celui des années où et celles du temps d’après (qu’il racontera dans une quatrième partie). Les années où : celles pendant lesquelles s’est déployée la revanche maternelle. 
Dans cette magnifique édition de gravures de Félix Vallotton, Jean-Philippe Toussaint part sur les traces du graveur, illustrateur, peintre et romancier né à Lausanne en 1865, mort à Paris en 1925. Présenté par Katia Poletti, édité par Martin de Halleux (qui a publié l’œuvre de Masereel), le recueil reproduit magistralement la série Intimités ainsi que Les instruments de musique ou encore La paresse, L’assassinat, La nuit. Célèbre par ses gravures sur bois et ses illustrations en noir et blanc, Vallotton réinventa la xylographie, joua sur les contrastes des noirs et des blancs, sans passer par le dégradé. Illustrateur pour La revue blanche, il publia en 1898 une série de dix gravures intitulées Intimités dans un tirage limité à 30 exemplaires.