Célébration du grand âge

Nys-Mazure Grand âge, nous voici!

Grand âge, nous voici!

Autrice : Colette Nys-Mazure

Mai­son d’édi­tion : Sal­va­tor

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 306

Prix : 18 €

Livre numérique : 12,99 €

ISBN : 978–2‑7029–3166‑0

Si Colette Nys-Mazure est surtout con­nue pour sa poésie, elle a aus­si con­quis un large pub­lic par ses essais, et en par­ti­c­uli­er ses célébra­tions dont le pre­mier Célébra­tion du quo­ti­di­en (Desclée de Brouw­er, 1997 ; Espace Nord, 2022). Toute son œuvre n’est, au demeu­rant, qu’une con­tin­uelle célébra­tion de la vie et de la lit­téra­ture. Avec Grand âge, nous voici, elle s’inscrit résol­u­ment dans cette dynamique, même lorsque pointe la vieil­lesse…

Grand âge, nous voici pro­pose une approche rob­o­ra­tive du cinquième âge sans en gom­mer les aspérités, voire les fail­lites, les « dernières fois », en par­ti­c­uli­er dans la com­plic­ité de l’autrice avec son mari. On retrou­ve surtout la vie au quo­ti­di­en, la mater­nité, la fidél­ité en ami­tié, la famille, la lit­téra­ture dont Colette Nys-Mazure a inscrit la célébra­tion au cœur de son écri­t­ure, que ce soit en poésie, au théâtre ou en prose. Elle prône, aujourd’hui encore et jusqu’à l’échéance finale, « la joie sim­ple d’être au monde, le plaisir élé­men­taire d’exister. » Pour abor­der le grand âge, elle n’a pas dérogé à sa ligne de con­duite. De la même façon, elle se réfère à ses lec­tures pour mieux appréhen­der ce nou­v­el âge. Là aus­si, elle aime célébr­er con­sœurs et con­frères et ne mégote pas son admi­ra­tion à leur égard. Des auteurs et autri­ces qui ont tou­jours une dimen­sion spir­ituelle. Nous croi­sons ain­si Jeanne Benameur, Andrée Che­did, Marie Rouanet, Anne Philippe, Mal­lar­mé, Saint-John Perse, François de La Rochefou­cauld, Georges Hal­das, Erri De Luca, François Cheng, Pierre Péju, Con­stan­tin Cavafy et les Belges Mar­cel Thiry, Hen­ri Michaux, Guy Gof­fette, Wern­er Lam­ber­sy ain­si que Mar­guerite Yource­nar, notre pre­mière académi­ci­enne française, et Françoise Lison-Leroy, l’amie et sœur en écri­t­ure. À leurs œuvres, Colette Nys-Mazure ajoute des références à la Bible.

La deux­ième par­tie de son essai s’inscrit ni plus ni moins « Dans le sil­lage de Paul Ricoeur » qui apporte une dimen­sion spir­ituelle sup­plé­men­taire à sa réflex­ion. On ne s’étonne pas de décou­vrir l’intitulé de la par­tie suiv­ante : « Pas d’âge pour lire, écrire, admir­er ». Elle y dit les échanges de livres entre pas­sion­nés et pas­sion­nées, dans les trains, vastes salles de lec­ture jusqu’il y a peu encore, et ailleurs. Elle y rend hom­mage à son mari qui, les 90 ans dépassés, a mul­ti­plié les tech­niques pour pour­suiv­re ses lec­tures dev­enues sonores. Elle évoque tout ce que les ren­con­tres et mul­ti­ples ate­liers d’écriture qu’elle a pu ani­mer lui ont apporté, sans oubli­er ses cours de français dis­pen­sés en son école tour­naisi­enne durant une quar­an­taine d’années. Tout un bagage pour pour­suiv­re le voy­age en human­ité mal­gré le glas du grand âge. Après la lec­ture, place à l’écriture en un mou­ve­ment d’inspire et d’expire, une res­pi­ra­tion qui donne son souf­fle à l’œuvre de Colette Nys-Mazure. Tout part de la poésie et tout y ramène dans son œuvre. Poètes et poét­esses sont citées mais des poèmes de l’essayiste jalon­nent égale­ment Grand âge, nous voici. Un acte de foi lit­téraire et bien davan­tage : une philoso­phie de vie, une manière de “lire” l’existence. Quand le livre s’avance dans sa dernière par­tie « Vers l’autre clarté », l’autrice accentue encore la dimen­sion médi­ta­tive, spir­ituelle et religieuse de cet âge qui rap­proche de l’ultime étape. Et Colette Nys-Mazure, 86 ans, con­clut en un acte de foi tein­té d’optimisme : « Puis­sions-nous garder une faim de vie jusqu’à la fin. »

Michel Tor­rekens

Ndlr : au moment de boucler cette édi­tion, nous apprenons le décès de Jean-Marie Nys, ce 10 sep­tem­bre. La rédac­tion présente ses sincères con­doléances à Colette Nys-Mazure et sa famille.