
Grand âge, nous voici
Autrice : Colette Nys-Mazure
Maison d’édition : Salvator
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 306
Prix : 18 €
Livre numérique : 12,99 €
ISBN : 978–2‑7029–3166‑0
Si Colette Nys-Mazure est surtout connue pour sa poésie, elle a aussi conquis un large public par ses essais, et en particulier ses célébrations dont le premier Célébration du quotidien (Desclée de Brouwer, 1997 ; Espace Nord, 2022). Toute son œuvre n’est, au demeurant, qu’une continuelle célébration de la vie et de la littérature. Avec Grand âge, nous voici, elle s’inscrit résolument dans cette dynamique, même lorsque pointe la vieillesse… Continuer la lecture






Rares sont les romanciers qui, dans leurs œuvres, interrogent le bal de la vie qui touche à sa fin, les dernières mesures de la valse existentielle. Dans son récit Les reines du bal, Corinne Hoex décrit dans une partition en trente mesures le microcosme d’une résidence pour personne âgées, le destin de femmes qui ont été parquées dans des mouroirs invisibles. Elles refusent de se résoudre au sort que leur monde veut leur imposer — l’effacement —, elles refusent de disparaître, prises en étau entre des camisoles chimiques et un corps médical déshumanisé. Parmi les reines de ce bal enfermées dans la résidence Les Pâquerettes, il y a Madame Prunier, Madame Pincemin, Madame Spinette, Madame Simonart, Madame Coppens. Chacune affronte à sa manière la vieillesse qui monte en elles ; ce petit peuple que la société a soustrait au regard se déchire souvent. Peu importe qu’on ait déjà un orteil dans la tombe. La logique du bal, c’est la rivalité, les coups bas pour rafler la première place sous les projecteurs.
Octogénaire atteinte de la maladie d’Alzheimer, Dominique Biron se donne cinq jours pour balayer devant nous son existence avant de tirer sa révérence. Elle vient d’apprendre le diagnostic lors d’une visite médicale, accompagnée de sa fille et de son beau-fils. Elle sait désormais que l’on va la serrer de près, alors qu’elle revendique de toujours sa pleine liberté et vit dans sa modeste villa. Au rythme de la montée en surface des souvenirs, elle revient sur les faits qui l’ont marquée dans son enfance, sur sa vie avec son défunt mari, mort d’avoir avalé une frite de travers, sur la relation distendue avec ses enfants. Elle entrecoupe son récit de réflexions sur son voisinage et sur tout ce qui lui passe par la tête.
Valentin a quinze ans et la vie devant lui. Son grand-père, cinq fois cet âge, et une maladie dégénérative qui rend sa fin de vie tristement tangible. Et puis, il y a Apollon, le drahthaar que Valentin a reçu pour Noël alors qu’il pouvait à peine parler, son meilleur ami, son confident de toujours, son frère. Lui aussi décline. Quatorze ans, c’est déjà un âge honorable pour un chien. 


La famille a la cote en littérature ces derniers temps. Elle y apparaît souvent toxique, source de violences et de dysfonctionnements. Voici un récit qu’on imagine autobiographique, tout en douceur et en empathie, sur la présence offerte par un fils à sa mère devenue veuve. Un roman qui se déroule comme une petite musique de chambre.
Des textes et des illustrations à parts égales, il se dissémine d’emblée du délice, facile à reconnaitre et partager. La recette est en effet transparente de simplicité et de vérité : une petite-fille s’adresse à sa grand-mère tout juste centenaire. Complicité, humour, bonne humeur et gâteau d’anniversaire ouvrent les papilles du lecteur.