
Le soupçon ordinaire
Auteur : Alain Berenboom
Maison d’édition : Kennes
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 400
Prix : 21,90 €
Livre numérique : 16,99 €
EAN : 9782931300473
Une dystopie est d’abord une analyse du présent et l’expression d’une inquiétude. Le soupçon ordinaire d’Alain Berenboom est bien une dystopie inquiétante. En 2060, cela fait 30 ans que le judaïsme est interdit. Suite aux troubles que suscite l’existence de l’État d’Israël, y compris en dehors du Moyen Orient, mais aussi parce que cette religion « avait provoqué tant de controverses au cours de son histoire millénaire », l’ONU a décidé de l’interdire. Et la Belgique s’est empressée d’appliquer cette décision. Si toute forme de pratique religieuse est proscrite, les ornements religieux ou culturels ainsi que les souvenirs mémoriels ou familiaux sont encore tolérés. Tout cela encadré par le Code des libertés qui, au nom du principe « trop de liberté tue la liberté », veut empêcher toute forme de discrimination, et donc surveille spécialement les juifs. Le paradoxe de ce principe de régime à tendance totalitaire n’échappe à personne. Continuer la lecture






Un silence métaphysique mais aussi sensoriel baigne les pages de Ceci est mon corps. Il est rarissime qu’à la lecture, on entende un texte respirer, nous envelopper de son souffle, soulever les pages. C’est à cette expérience que nous convie Claire Huynen dans cet éblouissant roman d’une beauté tournée vers l’intime. Qu’est-ce qu’une vocation ? Comment s’empare-t-elle d’un être ? Comment, dans l’exercice de l’existence, Dieu surgit-il pour tracer un chemin, apporter une lumière, une raison de vivre ? 

Dans Quand Dieu s’efface…, Vincent Flamand se penche sur le parcours singulier d’une foi en perpétuelle métamorphose : la sienne. Sous la forme de lettres à un presque inconnu dont le regard intense, qui ne le quittait pas, l’avait frappé lors d’une conférence sur le christianisme qu’il donnait à l’évêché de Liège, qu’il aurait voulu rencontrer mais qui s’était déjà éclipsé et dont il a seulement saisi au vol le prénom : Rodolphe Henri.
C’est en partant du pastafarisme — cette religion parodique et loufoque créée par Bobby Henderson en 2005 — que le philosophe et essayiste François de Smet interroge la nature des religions et s’efforce de mettre au jour les fondamentaux au principe de leur genèse. Si seule son initiale le distingue du rastafarisme, le pastafarisme n’a rien en commun avec le premier. Basé sur une divinité « faite de boulettes et de pâtes cuites », ce nouveau culte apparaissant comme un canular inoffensif entraîne un ébranlement des frontières séparant le religieux du non-religieux. Si le chrétien arbore le signe de la croix, le pastafarien a comme signe distinctif une passoire sur la tête. Au fil d’analyses aussi solidement étayées qu’audacieuses, s’appuyant entre autres sur les travaux de Jean Huizinga, Deus Casino part du torpillage des fondements de la religion que produit le pastafarisme : par-delà sa charge d’autodérision, le culte d’une nouvelle divinité appelée « Monstre en spaghetti volant » dynamite les certitudes sur ce qui est religieux et ne l’est pas. Pourquoi, au nom de quoi reconnaître des religions instituées dont les piliers de la foi violent la rationalité, les acquis de la science (immaculée conception, transsubsantiation…) et refuser un culte fondé sur un « Monstre en spaghetti volant » ou encore sur les Schtroumpfs ou les licornes de mer ?
Le récit de l’autrice nous plonge dans la vie d’Annette, une jeune fille de douze ans qui vient d’être réglée pour la première fois et à qui sa grand-mère annonce que « les beaux jours sont finis ». Spontanément, l’héroïne répond in petto (et le lecteur aussi) : ah, bon ?
L’on sait que Kenan Görgün est un observateur fin et particulièrement bien documenté des phénomènes sociaux, entre autres en Belgique. Une société dont les marges et le risque que celles-ci font peser sur le vivre ensemble le questionne.
Pour sa vingt-huitième rentrée littéraire, Amélie Nothomb revient avec un roman au titre minimaliste : Soif. Elle y raconte les derniers jours de Jésus, à la première personne.
Gérard Adam, à côté de son œuvre de nouvelliste, de direction des éditions M.E .O, qu’il a cofondées, ou de traducteur de poésie et romans bosniaques ou croates (aux éditions M.E.O.), propose en cette rentrée littéraire son dixième roman. Gérard Adam qui, comme le mentionne la quatrième de couverture de La Passion selon Saint-Mars, continue de piocher dans les interrogations qui sous-tendent son œuvre d’agnostique imprégnée de religion chrétienne.