De la bouche à l’oreille

Blach En français dans le sexe

En français dans le sexe

Autrice : Claire Blach

Mai­son d’édi­tion : Bozon2x

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 213

Prix : 20 €

Livre numérique : /

EAN : 9782931067376

Car s’il est des lit­téra­tures pour par­ler si bien du sexe, ils doivent bien exis­ter, quelque part, ces êtres capa­bles de m’as­sou­vir.

Dans ce recueil de nou­velles poé­tiques, nous suiv­ons cette femme, mais aus­si cet homme, et n’ou­blions pas l’en­fant, la grand-mère, et puis tous les autres, ne les oublions pas ! En français dans le sexe se décou­vre comme une boite à sou­venirs enfouie au fond du jardin famil­ial. Claire Blach a creusé la terre à mains nues pour met­tre au jour les ves­tiges de ses proches : leurs désirs les plus char­nels. Ses textes, plus sen­suels les uns que les autres, se lisent comme un poème grif­fon­né au dos d’un tick­et de train, une his­toire fan­tas­tique retran­scrite sur une servi­ette, un aveu glis­sé au dos d’une carte postale : une explo­sion poly­phonique au plus près des corps désir­ants. Ici, la lit­téra­ture devient l’e­space où les désirs s’as­sou­vis­sent, et Claire Blach écrit depuis la foudre et l’or­age pour bous­culer les mœurs d’an­tan.

Après Exu­Vie, un pre­mier roman choral sur la lib­erté, l’amour et la mort, Claire Blach garde la poly­phonie et se lance dans une autre quête : désacralis­er le sexe et les pra­tiques qui l’en­tourent. Entre nou­velles et témoignages, le livre joue avec l’aut­ofic­tion et nous fait entr­er dans la vie de ses per­son­nages, que nous apprenons à con­naitre par bribes. Des bribes de ren­con­tres, d’adieux, d’en­tre-deux. Comme Roland Barthes dans Frag­ments d’un dis­cours amoureux, elle découpe le désir en fig­ures, en éclats de lan­gage, et fait du sujet désir­ant la matière même du livre.

Ici rien ne s’achète, rien ne se vend, tout s’échange et se recy­cle !

Chaque réc­it pénètre le suiv­ant : c’est un flux d’im­ages, de sen­sa­tions, d’én­ergie qui se trans­forme sans cesse et ne dis­parait jamais. Peau con­tre peau, le désir devient une onde qui relie tout et n’ex­clut rien, pas même les choses. Les corps vibrent, et le décor avec eux.

Chaque objet sem­blait sur le qui-vive.

La struc­ture se déploie sur qua­tre mou­ve­ments, comme une sym­phonie qui s’achève sur la ques­tion « et à pro­pos de l’amour ? » Au fil des pages, on s’aperçoit que le livre est plus qu’un exu­toire : c’est le fan­tasme d’une société, de reli­gions, d’e­sprits libérés de toute con­trainte oppres­sante. On l’a lu chez Michel Fou­cault : l’Église a fait du désir un dis­cours à con­fess­er, pour mieux le con­trôler, et pour que cha­cun apprenne à se con­trôler soi-même. Chez Blach, l’aveu n’est plus arraché, il est choisi, et il met le feu aux pur­ga­toires : on ne men­ti­ra plus jamais au curé. « L’outrage aux bonnes mœurs nous exci­tait. »

Le livre est un appel dés­espéré à toutes les salopes amoureuses capa­bles d’as­sou­vir, de cracher leurs désirs. Une lec­ture crue des plus jouis­sives.

Lol­la Wenglin­s­ki