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Ceejay, le Poète-Monde

Un coup de cœur du Car­net

CEEJAY, Matière noire. Poèmes d’au-delà de la fin, Arbre à paroles, 2022, 314 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87406–719‑8

ceejay matiere noire poemes d au dela de la finMatière noire est un livre posthume, un livre mag­nifique que nous a lais­sé Jean-Claude Crom­me­lynck alias Cee­jay et que les édi­tions L’arbre à paroles ont pub­lié presque deux ans après le décès (1946–2020) du poète et de l’artiste. Pein­tre, sculp­teur, graveur, styl­iste, …ses activ­ités ont été innom­brables sur plusieurs con­ti­nents…

Sa gouaille était à l’égal de sa faconde mais aus­si de sa déli­catesse. Il savait que tout devait être intense en regard de la brièveté de nos péré­gri­na­tions sur terre. Con­tin­uer la lec­ture

Ceejay est décédé

Ceejay

Cee­jay lors du dernier fIes­ti­val — pho­to : Samir Sam’­Touch

Nous apprenons le décès de Jean-Claude Crom­me­lynck, con­nu aus­si sous le nom de plume de Cee­jay, à l’âge de 74 ans. Con­tin­uer la lec­ture

Le monde est mon trône

CEEJAY, Der­rière les paupières… l’immensité, Arbre à paroles, 2019, 298 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87406–682‑5

ceejay derriere les paupieres l immensiteAmbitieux sans pré­ten­tion, aus­si méga­lo­mane que généreux, le recueil de Cee­Jay est volu­mineux. C’est celui d’un aveu­gle, Der­rière les paupières, qui sait qu’il ne sait rien de l’immensité. Cepen­dant, il la sent et l’aperçoit dans l’intime lumière de son âme. Il écrit sans relâche pour l’appeler à lui, la rejoin­dre.

L’auteur s’adresse à elle non dans ses replis et inter­stices, mais dans son incom­men­su­ra­bil­ité. En un arbi­traire abécé­daire de l’extrêmement grand — terre, temps, espace, astral, pen­sée, rêve… —, ses poèmes nous dis­ent, nous rap­pel­lent et provo­quent le gigan­tisme qui coule dans nos veines depuis-pour tou­jours. Le poète illim­ite nos sens, notre être venu pour don­ner et notre exis­tence avide d’air. Con­tin­uer la lec­ture

« Les prophètes sont à venir »

CEEJAY, Le prophète du néant, Mael­ström, 2017, 264 p., 17€, ISBN : 978–2‑87505–270‑4

ceejay.pngÀ l’heure où le dia­logue sem­ble de plus en plus dif­fi­cile à nouer entre l’Occident et l’Orient, Cee­jay fait le pari du prophète-poète car il sait juste­ment que nul ne l’est dans son pays. Avec ce sec­ond recueil, l’auteur, qui est d’abord pein­tre et sculp­teur, développe une langue dépliée, incan­ta­toire par moments comme un chant, une prière, celle lancée par le muezzin, une psalmodie et revendique une par­en­tèle avec le pro­jet poé­tique soufi. Si le pari est auda­cieux, c’est qu’il va à rebours du con­texte de repli iden­ti­taire auquel on assiste aujourd’hui. En mis­ant sur l’autre, en inter­ro­geant  les vécus intimes de cha­cun, le poète érige des ponts du Nord au Sud, tend « des cordes de clocher à clocher » – à minaret – pour ten­ter de s’extraire du néant, pour échap­per à cette « sai­son en enfer » qui plombe et enferme. Sans oubli­er de laiss­er la parole à ceux qui n’ont peut-être pas ou plus assez de mots pour chanter, Cee­jay tra­verse son Ori­ent à la manière d’un pèlerin, d’un frère. La pour­suite du dia­logue, la lib­erté de la parole échangée sont les derniers rem­parts con­tre l’aveuglement et la céc­ité. Le poète est prophète, voy­ant bien sûr et tou­jours curieux des choix de l’Autre. Il nous rap­pelle que les feux qui attisent la foi du croy­ant comme de l’athée sont des âtres dansant et non les flammes d’un bûch­er. Con­tin­uer la lec­ture