Archives par étiquette : Ceejay

Ceejay est décédé

Ceejay

Ceejay lors du dernier fIestival – photo : Samir Sam’Touch

Nous apprenons le décès de Jean-Claude Crommelynck, connu aussi sous le nom de plume de Ceejay, à l’âge de 74 ans. Continuer la lecture

Le monde est mon trône

CEEJAY, Derrière les paupières… l’immensité, Arbre à paroles, 2019, 298 p., 18 €, ISBN : 978-2-87406-682-5

ceejay derriere les paupieres l immensiteAmbitieux sans prétention, aussi mégalomane que généreux, le recueil de CeeJay est volumineux. C’est celui d’un aveugle, Derrière les paupières, qui sait qu’il ne sait rien de l’immensité. Cependant, il la sent et l’aperçoit dans l’intime lumière de son âme. Il écrit sans relâche pour l’appeler à lui, la rejoindre.

L’auteur s’adresse à elle non dans ses replis et interstices, mais dans son incommensurabilité. En un arbitraire abécédaire de l’extrêmement grand — terre, temps, espace, astral, pensée, rêve… —, ses poèmes nous disent, nous rappellent et provoquent le gigantisme qui coule dans nos veines depuis-pour toujours. Le poète illimite nos sens, notre être venu pour donner et notre existence avide d’air. Continuer la lecture

« Les prophètes sont à venir »

CEEJAY, Le prophète du néant, Maelström, 2017, 264 p., 17€, ISBN : 978-2-87505-270-4

ceejay.pngÀ l’heure où le dialogue semble de plus en plus difficile à nouer entre l’Occident et l’Orient, Ceejay fait le pari du prophète-poète car il sait justement que nul ne l’est dans son pays. Avec ce second recueil, l’auteur, qui est d’abord peintre et sculpteur, développe une langue dépliée, incantatoire par moments comme un chant, une prière, celle lancée par le muezzin, une psalmodie et revendique une parentèle avec le projet poétique soufi. Si le pari est audacieux, c’est qu’il va à rebours du contexte de repli identitaire auquel on assiste aujourd’hui. En misant sur l’autre, en interrogeant  les vécus intimes de chacun, le poète érige des ponts du Nord au Sud, tend « des cordes de clocher à clocher » – à minaret – pour tenter de s’extraire du néant, pour échapper à cette « saison en enfer » qui plombe et enferme. Sans oublier de laisser la parole à ceux qui n’ont peut-être pas ou plus assez de mots pour chanter, Ceejay traverse son Orient à la manière d’un pèlerin, d’un frère. La poursuite du dialogue, la liberté de la parole échangée sont les derniers remparts contre l’aveuglement et la cécité. Le poète est prophète, voyant bien sûr et toujours curieux des choix de l’Autre. Il nous rappelle que les feux qui attisent la foi du croyant comme de l’athée sont des âtres dansant et non les flammes d’un bûcher. Continuer la lecture