Archives par étiquette : posthume

L’amour en partage

Jean-Michel AUBEVERT, Aux cimais­es de l’aube, illus­tra­tions de Joëlle Aubev­ert, Coudri­er, coll. « Sor­tilèges », 2025,101 p., 22 €, ISBN : 978–2‑39052–075‑7

aubevert aux cimaises de l'aubeLa col­lec­tion « Sor­tilèges » des édi­tions Le coudri­er com­prend des exem­plaires de tête en tirage lim­ité, des livres d’artiste et des livres au for­mat ital­ien. Pub­lié à titre posthume, ce livre est rehaussé de quelques pho­togra­phies en couleurs réal­isées par l’éditrice, com­pagne du poète (Uccle, 1952 / Ottig­nies, 2024). Auteur d’une œuvre ample et sen­si­ble, Jean-Michel Aubev­ert pos­sé­dait un sens indé­ni­able de la musi­cal­ité et une imag­i­na­tion tournée vers la nature et le mythe, la féérie et le rêve. Il était aus­si atten­tif par son tra­vail de cri­tique et de pré­faci­er aux œuvres d’autrui. Con­tin­uer la lec­ture

Éloge de la fragilité

Anne BONHOMME, Atten­dre. Coudri­er, ill. de Cathy Devylder, 2024, 55 p., 16 €, ISBN : 978–2‑390520–57‑3

bonhomme attendreVoici le dix­ième et dernier recueil de poèmes d’Anne Bon­homme, his­to­ri­enne de for­ma­tion (née à Verviers en 1941 — décédée en sep­tem­bre 2024) dont l’œuvre a obtenu le prix de poésie Nicole Hous­sa  en 1960 et le prix de poésie Emma Mar­tin décerné par l’A.E.B. pour Ici là-bas en 2008. Con­tin­uer la lec­ture

Un roman nécessairement inachevé…

Guy VAES, Sig­ur, ou presque, Post­face d’Adolpho Bar­bera del Ros­al et Bart Von­ck, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es, 2023, 165 p., 17 €, ISBN : 978–2‑8032–0078‑8

vaes sigur ou presqueQuelques mois avant sa mort en févri­er 2012, Guy Vaes con­fia à deux proches, Adol­fo Bar­bera del Ros­al et Bart Von­ck, le man­u­scrit de la pre­mière par­tie d’un dip­tyque dont le deux­ième volet n’était pas encore écrit. « Je ne trou­ve pas la fin et je ne veux pas inven­ter », leur con­fia-t-il. Le roman est même deux fois inachevé, la pre­mière par­tie se con­clu­ant, volon­taire­ment, sur une phrase incom­plète. En out­re, le texte n’avait pas de titre ; les deux déposi­taires du man­u­scrit lui en ont don­né un, Sig­ur, ou presque, titre par­ti­c­ulière­ment judi­cieux tant le réc­it repose sur ce mot presque. Con­tin­uer la lec­ture

Interférences temporelles

Un coup de cœur du Car­net

Daniel FANO, Papi­er pelure : 1969–1999, Pré­face de Philippe Mikri­ammos, Flam­mar­i­on, coll. « Poésie/Flammarion », 2024, 280 p., 22 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9–782080-435897

fano papier pelureHeureuse ini­tia­tive due à Yves di Man­no et Philippe Mikri­ammos qui nous per­met de pren­dre aujourd’hui la mesure de l’importance de l’œuvre de Daniel Fano : pré­parée avec l’auteur de son vivant, cette édi­tion cou­vre trois décen­nies de créa­tion poé­tique. Fano avait retrou­vé des écrits de jeunesse, sur des feuilles de papi­er pelure quelque peu abîmées par le temps et l’humidité ; à ces inédits oubliés s’ajoute une réédi­tion de ses pre­miers livres depuis longtemps épuisés : on trou­vera donc des inédits com­posés entre 1969 et 1974, les recueils Sou­venirs of you et Choco­lat bleu pâle datant de 1980 ain­si que des poèmes des années 1980 à 1993, puis La nos­tal­gie du clas­sique (1997–1998) avant Pour (ne pas) finir, trois textes des années nonante. Elle com­plète avec bon­heur la liste des titres de l’auteur encore disponibles après que Daniel Fano s’est replié dans une longue péri­ode de silence et avant son décès sur­venu en octo­bre 2019, nous lais­sant une œuvre essen­tielle­ment poé­tique, qui ne doit pas nous faire oubli­er qu’il fut aus­si prosa­teur, essay­iste et nou­vel­liste. Car, entre 2000 et 2019, Fano se con­sacra à « un impres­sion­nant cor­pus de longues pros­es qui l’ont prin­ci­pale­ment occupé durant cette sec­onde péri­ode et qui ont fait l’objet d’une dizaine de recueils». Con­tin­uer la lec­ture

Rééditer, c’est remettre du bois sur le feu de veillée

Un coup de cœur du Car­net

Émile GILLIARD, Bokèts po l’ dêrène chî­je. Poèmes pour l’ultime veil­lée, CROMBEL, coll. « micRo­ma­nia », n° 39, 2023, 159 p., 16 €, ISBN : 978–2‑931107–08‑9

gilliard boketPeu de temps avant son décès, le grand écrivain wal­lono­phone Émile Gilliard avait trans­mis à son édi­teur les épreuves cor­rigées de Bokèts po l’ dêrène chî­je. La pre­mière édi­tion de cette œuvre — une édi­tion arti­sanale en 50 exem­plaires, aujourd’hui introu­vable — lui avait valu le prix tri­en­nal de Poésie en langue régionale de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles 2005 et était vue comme un incon­tourn­able de sa bib­li­ogra­phie. Sa réédi­tion dans une col­lec­tion de plus large dif­fu­sion et avec des adap­ta­tions français­es est donc une ini­tia­tive bien­v­enue. Con­tin­uer la lec­ture

« Un mot main / dans la main »

Véronique WAUTIER, Ton nom main­tenant, Pré­face de Marc Dugardin, Pein­tures d’Alain Dulac, Herbe qui trem­ble, 2022, 90 p., 15 €, ISBN : 978–2‑491462–42‑0

wautier ton nom maintenant« par­fois on écrit
et les mots ne sont pas véri­fiés
ils jail­lis­sent d’une anci­enne forêt
d’une future nudité 
»

D’une sim­plic­ité désar­mante, le recueil Ton nom main­tenant de Véronique Wau­ti­er, pub­lié à titre posthume, se déploie sur un nuanci­er bleu. Du « bleu matisse » au vague à l’âme qui s’empare du lecteur dès l’exergue (deux sub­limes vers séléniens de Wau­ti­er), le recueil tient du champ chro­ma­tique et séman­tique de cette couleur qui rap­pelle celle du ciel (« cette immense page bleue ») ou de la mer, avec sa longueur d’onde voilée. Con­tin­uer la lec­ture

Ceejay, le Poète-Monde

Un coup de cœur du Car­net

CEEJAY, Matière noire. Poèmes d’au-delà de la fin, Arbre à paroles, 2022, 314 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87406–719‑8

ceejay matiere noire poemes d au dela de la finMatière noire est un livre posthume, un livre mag­nifique que nous a lais­sé Jean-Claude Crom­me­lynck alias Cee­jay et que les édi­tions L’arbre à paroles ont pub­lié presque deux ans après le décès (1946–2020) du poète et de l’artiste. Pein­tre, sculp­teur, graveur, styl­iste, …ses activ­ités ont été innom­brables sur plusieurs con­ti­nents…

Sa gouaille était à l’égal de sa faconde mais aus­si de sa déli­catesse. Il savait que tout devait être intense en regard de la brièveté de nos péré­gri­na­tions sur terre. Con­tin­uer la lec­ture

Vous êtes fou

Serge NOËL, Les éléphants clairs tra­verseront les fenêtres du matin. Poèmes enragés, Arbre à paroles, 2022, 145 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87406–710‑5

ensem­ble nous faisons un livre de poésie
j’en suis ravi comme une vieille rose

noel Les éléphants clairs traverseront les fenêtres du matinCher Serge Noël, l’Arbre à paroles pub­lie aujourd’hui votre dernier recueil de poèmes. Votre chant y émet depuis des temps illim­ités, pour lesquels vous nous quit­tiez, lit-on, inopiné­ment le 27/10/2020. Vous lui voulûtes un titre incon­cev­able et un sous-titre pro­gram­ma­tique. Le sec­ond dit tout, si le pre­mier n’occulte rien.

Cher Serge Noël, au mot d’engage­ment, vous et quelques-uns de vos amis préférez celui d’enrage­ment. Enragés, vous l’êtes con­tre ce que vous nom­mez le vide humain, fruit insipi­de et luisant du cap­i­tal. Con­tre l’alchimie despo­tique de la valeur marchande, qui seule a don de trans­muer la créa­tion en art. Con­tre cet art de rond-point et de bou­tique, tan­tôt abstrait, tan­tôt con­ceptuel, tou­jours volu­mineux et ruti­lant, man­i­fes­ta­tions bavardes d’un monde qui n’a plus rien à dire. Con­tin­uer la lec­ture

Vers l’ordre du poète

Pierre GILMAN, Où le poème, Tail­lis pré, 2022, 114 p., 15 €, ISBN : 9782874501906

gilman ou le poemePierre Gilman est né et a vécu à Liège, où il nous a quit­tés en octo­bre 2021 à l’âge de 72 ans. Il s’était dis­tin­gué aux yeux de Willy Bal, Roger Foulon et Yves Namur lors de la pub­li­ca­tion en 2006 de son pre­mier recueil, Dans la serre poé­tique (L’Âge d’homme), récom­pen­sé par les trois mem­bres du jury du prix Nicole Hous­sa de l’Académie. Ceux-ci soulig­naient un « pre­mier recueil de haut vol », une « révéla­tion pour tout ama­teur de poésie ». Un sec­ond recueil, Presque bleu, est paru au Fram en 2010, et c’est aux bons soins d’Yves Namur que furent con­fiés les textes d’Où le poème, troisième vol­ume tout récem­ment paru au Tail­lis Pré — hélas à titre posthume. Il est par con­séquent par­ti­c­ulière­ment touchant de le voir s’ouvrir sur une dis­pari­tion : Con­tin­uer la lec­ture

De l’immatériel

Gas­pard HONS, Invis­i­bles cordées, Rougerie, 2021, 12 €, ISBN : 978–2‑85668–404‑7

hons invisibles cordeesLa vie que tu t’offres
– Une his­toire fêlée – Un
Objet de brève éter­nité
Naître pilote pre­mier
Devoir se débar­rass­er de soi
– Comme d’une let­tre -
Écrite en langue étrangère

Invis­i­bles cordées de Gas­pard Hons est, comme le titre le donne à pressen­tir, placé sous le signe de l’énigme. Non une énigme que le poète détiendrait pour lui seul, ni un mys­tère caché pour le lecteur – mais une énigme partagée, celle qui nous rassem­ble peut-être au sein de notre con­di­tion d’humains. En fil­igrane des pages, des poèmes sen­si­bles et tac­i­turnes, se devine la dis­cré­tion et la qual­ité de présence du poète Gas­pard Hons, décédé en 2020. Con­tin­uer la lec­ture

Les idées, la poésie : sœurs ennemies ?

Roger BODART, Orig­ines. Poésies com­plètes, Sam­sa, coll. “Les Évadés de l’Ou­bli”, 2021, 431 p., 30 €, ISBN : 978–2‑87593–342‑3

Roger BODART, Dia­logues. Europe, Afrique, Amériques, Israël, Sam­sa, coll. “Les Évadés de l’Ou­bli”, 2021,  255 p., 24 €, ISBN : 978–2‑87593–340‑9

bodart originesAidé par Flo­rence Richter et François Ost, Chris­t­ian Lutz réédite en deux épais vol­umes une part notable des écrits de Roger Bodart, écrivain, jour­nal­iste, per­son­nage-clé de notre milieu lit­téraire (1910–1973). Curieuse­ment inti­t­ulé Orig­ines, le pre­mier rassem­ble les neuf livres de poèmes pub­liés entre 1930 et 1968, à quoi s’a­joutent deux recueils posthumes et des extraits de presse. Se trou­ve ain­si mis en lumière, avec ses faib­less­es et ses réus­sites, ses con­stantes et ses inno­va­tions, le par­cours du poète en quar­ante-trois ans d’écri­t­ure. Con­tin­uer la lec­ture

La figure cachée

Marie-Claire d’OR­BAIX, Œuvre poé­tique com­plète 1948–1990, Renaud et Béa­trice Denu­it, 2020, 522 p., 15 €, ISBN : 978–2‑8052–0567‑5

d orbaix oeuvre poetique completeNotre lit­téra­ture après 1945 com­porte un volet anti­con­formiste con­nu sous l’ap­pel­la­tion « Bel­gique sauvage » et immor­tal­isé par un numéro de la revue Phan­tomas en 1971. On serait ten­té de dénom­mer « Bel­gique sage » l’autre volet, quelque­fois qual­i­fié de « néo­clas­sique ». C’est à lui qu’ap­par­tient sans con­teste une poétesse aujour­d’hui un peu oubliée, mais dont une réédi­tion méri­toire nous redonne, cent ans après sa nais­sance, les huit recueils devenus introu­vables : Marie-Claire Debouck, mieux con­nue sous le pseu­do­nyme Marie-Claire d’Or­baix. Con­tin­uer la lec­ture

Les éblouissements toujours renaîtront…

Rio DI MARIA, Éblouisse­ments d’exil, Arbre à paroles, 2020, 190 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87406–698‑6

di maria eblouissements d exilUne voix poé­tique s’est éteinte en mars 2020. Celle d’une sorte de grand frère même pour ceux qui ne l’ont pas ou peu con­nu. Une voix sin­gulière qui a su tra­vers­er les modes et les temps depuis la pub­li­ca­tion en 1973 de son pre­mier recueil chez Hen­ry Fagne, À tra­vers l’aube. Parus une pre­mière fois en 2006, la Mai­son de la poésie d’Amay nous livre ici une ver­sion revue et aug­men­tée (notam­ment de dessins de l’auteur) de ces Éblouisse­ments d’exil à laque­lle le poète tra­vail­lait quelques semaines avant sa dis­pari­tion. C’est dire si l’auteur, qui n’aura mal­heureuse­ment pas pu voir cette nou­velle mou­ture, accor­dait une place priv­ilégiée à ce texte. La pré­face de Murielle Com­père-Demar­cy est en ce sens éclairante, insis­tant notam­ment sur le mou­ve­ment per­pétuel de la mémoire, bal­ance­ment con­stant chez le poète pour qui l’ « arrache­ment » à la Sicile, sa terre natale, fut à la fois déchire­ment et renais­sance. La Beauté que chante Rio di Maria ne cesse en effet de renaître comme le lilas au print­emps. Une éter­nité des sen­sa­tions, des émo­tions, une force vitale qui tou­jours renais­sent avec l’aube au seuil du réveil, quand le corps de la femme aimée se révèle, une nou­velle fois, au petit jour. Con­tin­uer la lec­ture

De l’autre côté du mur…

Foulek RINGELHEIM, Boule de Juif, Genèse, 2021, 134 p., 17,50 €, ISBN : 978–2‑382010–01‑3

ringelheim boule de juifLe nar­ra­teur a treize ans quand débute le réc­it, du côté de Liège, il en aura seize à la fin du livre. Et l’on sub­odore être face au pre­mier tome d’une auto­bi­ogra­phie. Mais Foulek Ringel­heim (1938–2019) est mort avant la sor­tie de Boule de Juif, nous pri­vant de leviers de com­préhen­sion. Vers la fin du vol­ume, après des études pri­maires fort chao­tiques, il souhaite devenir tourneur ajus­teur quand un malen­ten­du le propulse dans une sec­tion latine. Or il sera un jour avo­cat, mag­is­trat, écrivain (des essais mais aus­si deux romans fort remar­qués, Le juge Goth et La sec­onde vie d’Abram Potz). Une lec­ture très atten­tive, toute­fois, per­met de dis­crim­in­er une foule d’indices à tra­vers les aven­tures trag­iques et dro­la­tiques du petit Foulek. Ce qui arrache le livre au pre­mier degré (les sou­venirs d’un enfant juif caché durant la guerre) pour le situer dans une inter­ro­ga­tion sur l’identité, l’émancipation, la rédemp­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Jean-Claude Pirotte sur le départ

Un coup de cœur du Car­net

Jean-Claude PIROTTE, Je me trans­porte partout. 5000 poèmes inédits (2012–2014), Cherche Midi, 2020, 740 p., 29 € / ePub : 16.99 €, ISBN : 978–2‑7491–5543‑2

Avant de s’éclipser défini­tive­ment au print­emps 2014, traçant sa dernière route vers les rivages loin­tains de l’enfance per­due, Jean-Claude Pirotte nous avait aimable­ment prévenus :

après ma mort je pub­lierai
des poèmes inat­ten­dus
mais pas avant je reste au rez-
de chaussée des rimeurs per­dus
Con­tin­uer la lec­ture

Un tonnerre d’encre…

Un coup de cœur du Car­net

Yvon VANDYCKE, Anam­nèse !, pré­face de Philippe Mathy, post­face de Luci­enne Strivay. Tail­lis Pré, coll. « Ha ! », 2020, 191 p., ISBN : 978–2‑87450–166‑1

« L’art n’est pas une fenêtre en trompe‑l’œil ouverte sur les par­adis per­dus ou à venir. L’art n’a pas de dra­peau ni d’église, il n’est ni d’en haut ni d’en bas, ni de gauche ni de droite, et il n’a pas de juste milieu. L’art n’est pas une frian­dise, mais une médi­ta­tion sur la vie. Une médi­ta­tion joyeuse ou pathé­tique, ludique, lyrique ou dro­la­tique. L’art est dif­fi­cile, insoumis », écrit ce poète peu con­nu. La réédi­tion d’Anam­nèse et de deux recueils écrits entre 1960 et 1963, aujourd’hui introu­vables : Dire pagaille et L’oplomachin, est par­ti­c­ulière­ment bien­v­enue. Un cahi­er de doc­u­ments pic­turaux fig­ure aus­si dans cette édi­tion. Si Vandy­cke est ignoré en tant que poète, il n’est pas incon­nu comme pein­tre et dessi­na­teur. Line Hubert lui avait en effet con­sacré une mono­gra­phie : Rien qu’un peu de pein­ture véri­ta­ble et véridique (Édi­tions Arts et Voy­ages, 1977). Con­tin­uer la lec­ture