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Dounia, mon amour, mes larmes, mon sourire

Taha ADNAN, Dou­nia, Lans­man, coll. « Théâtre à vif », 2020, 66 p., 10 €, ISBN : 978–2807102781

Le réc­it démarre dans une rame de métro. Une explo­sion reten­tit. Tout se fige. Après le bruit assour­dis­sant, les cris et la peur font irrup­tion. Au milieu des corps, celui de Dou­nia, en robe de mar­iée blanche. Que fait-elle là ? Hasard ? Malchance ? Elle rassem­ble ce qui lui reste d’énergie et nous racon­te tout, depuis le début.

Dou­nia est la six­ième et dernière enfant d’une famille maro­caine immi­grée à Brux­elles. Non désirée, elle encaisse durant toute son enfance les mots froids et durs de sa mère. Aucune pho­to d’elle ne recou­vre les murs de la mai­son. On ne fête jamais ses anniver­saires. Dou­nia n’est pas comme les autres mem­bres de sa famille. Elle est de trop. Elle vit son exil dans son pro­pre foy­er, son pro­pre corps. Elle s’entoure de silence. Elle envie ses copines qui parta­gent une cer­taine com­plic­ité avec leurs par­ents. De son côté, elle ne reçoit que sar­casmes et cris. Jamais un geste affec­tif. Jamais un mot posi­tif. Chez elle, on ne par­le pas. Dou­nia rêve d’indépendance et de lib­erté. Alors elle en fait voir de toutes les couleurs. La nuit, elle prof­ite de l’accalmie pour se maquiller et essay­er des vête­ments aguicheurs. Une fois, son frère Milou la sur­prend. Il la roue de coups. Apeurée, acculée, elle saute par la fenêtre pour met­tre fin à son cal­vaire. Son corps est brisé. S’ensuivent deux années d’hospitalisation, des opéra­tions à la pelle et la décou­verte de la bes­tial­ité de l’homme. Con­tin­uer la lec­ture

Les djihadistes n’ont aucun humour

Xavier DEUTSCH, Quelque chose dans le ciel…, Mijade, 2016, 216 p., 9 €   ISBN : 9782874230929

deutschQui a‑t-il de com­mun entre un Parisien d’âge moyen tra­vail­lant dans une agence d’images et des appren­tis dji­hadistes au Yémen ? Une pho­to. Celle d’un groupe. Elle ressem­ble à une pho­to de classe. Et puis arrive une blague, parce que Nico­las, le Parisien, se dit que ça serait drôle de flouter un des vis­ages bar­bus. Que ça aurait des con­séquences pour le « flouté » en ques­tion. En effet, les réper­cus­sions dues à cette petite mod­i­fi­ca­tion anodine, faite sur un coup de tête, dépasseront celles que Nico­las aurait pu imag­in­er. Con­tin­uer la lec­ture