Maude DE BEL (autrice) et Quentin GRÉBAN (illustrateur), Le pestacle, Mijade, 2024, 28 p., 13 €, ISBN : 9782807702103
Rarement un oisillon a été aussi beau. Plumage duveteux bleu turquoise pâle, aigrette et longues rectrices d’une teinte identique plus soutenue, bouille ronde avec d’énormes yeux marron myopes derrière des lunettes cerclées, bec tout sourire. Dans sa salopette jaune pompier, Jacques a tout pour faire craquer. Son doux regard, ses mines attendrissantes, la gentillesse qui émane de lui aussi soyeuse que ses plumes… Quel magnifique héros ! Quentin Gréban l’a créé avec les mêmes traits précis qui rendent une texture particulière à tout ce qu’il représente : tissus, pelages, matières, etc. Mais dans ces illustrations pleines de couleurs vives, incroyables de perspectives et de jeux de lumière, riches de courbes et de détails, c’est avant tout l’expressivité des personnages qui éblouit : on fond pour chacun d’eux, du hamster à la lapine, en passant par la cygnesse et l’ourson en peluche. Joie des yeux et émotion à chaque tableau. Continuer la lecture

Comme son titre l’indique, cet enthousiasmant roman de Pierre Coran est un livre d’aventures. Il y raconte celles du petit Simon, fraîchement admis dans la bande des grands de son village, surnommés les Pièces-à-Trou, dont il va désormais partager les jeux, défis et exploits. Il y a quelque chose de l’ambiance de La guerre des boutons dans ce récit d’un groupe de gamins s’organisant dans la bataille, si ce n’est qu’ici, le conflit est bien plus sérieux et leur est imposé. Leur enfance dans la campagne montoise va en effet bien vite être bouleversée par l’arrivée de troupes allemandes : nous sommes en pleine période d’Occupation et le quotidien des jeunes garçons et de leur famille va en être radicalement changé. Tous vont apprendre à vivre en côtoyant le danger, la peur et les drames, tout en résistant comme ils le peuvent. 
Avec La vie devant nous, Eva Kavian nous livre un récit polyphonique d’une bande de copains. L’histoire se déroule en une soirée où rien ne se passera comme prévu, où l’on peut même dire que tout va basculer.
S’il est surtout connu pour être l’auteur de romans noirs — Chants des gorges ou plus récemment,
Xavier Deutsch fait appel ici à toute l’humanité qu’il est possible de mettre dans un livre. Il nous présente d’une part la terrible réalité que vivent les milliers de réfugiés sur la route de l’exil. Et, d’autre part, la montée de l’intolérance, de l’ignorance et leurs conséquences en Europe.
Karine Latour, professeure de lettres dans un collège alsacien, décide de faire lire Rien Nadir à sa classe de troisième. Elle a eu un coup de cœur pour ce roman conseillé par sa libraire et espère qu’il provoquera chez ses élèves émotions fortes et prise de conscience. Le roman est court, écrit dans un langage proche de celui utilisé au quotidien par les adolescents et surtout, raconte l’exil français de Nadir, un jeune Syrien qui a fui la guerre et la barbarie.
Qui a‑t-il de commun entre un Parisien d’âge moyen travaillant dans une agence d’images et des apprentis djihadistes au Yémen ? Une photo. Celle d’un groupe. Elle ressemble à une photo de classe. Et puis arrive une blague, parce que Nicolas, le Parisien, se dit que ça serait drôle de flouter un des visages barbus. Que ça aurait des conséquences pour le « flouté » en question. En effet, les répercussions dues à cette petite modification anodine, faite sur un coup de tête, dépasseront celles que Nicolas aurait pu imaginer.