
Marcel-Sylvain Godfroid, avant de faire paraitre Pour les beaux yeux d’Eddy Merckx aux Éditions Weyrich, avait publié, il y a plus de dix ans, un premier roman remarqué chez le même éditeur, Le bureau des reptiles, centré sur la question de la politique coloniale de Léopold II. Il a poursuivi, depuis, de plusieurs façons, son activité de journaliste et d’enquêteur sociétal et s’est livré, en nous offrant ce nouveau roman, à un exercice périlleux et réussi, en ce sens où fonder tout un roman sur la figure mythique du héros cycliste, pour une génération, et sur le cyclisme, était une gageure ! Continuer la lecture
Bien sûr, vous ne connaissez pas Jeanne Rahier, et personne ne pourra vous en faire grief, car la production de cette Serésienne (1896–1981) était vouée à demeurer au rang de ce que Marcel Jouhandeau appelait avec délicatesse « la littérature confidentielle ». C’était cependant compter sans l’endurance du PPP (Polygraphe Provincial Patenté) Jean-Jacques Messiaen qui a tout mis en œuvre pour révéler les textes de cette plume atypique dont il a gardé le plus vif souvenir. Adolescent, il les a entendu lire par leur auteure lors des nombreuses visites qu’il lui rendait, rue Peetermans, « dans le fond de Seraing » comme on dit dans la région. « Une voix chaude aux intonations gouailleuses, striée des blessures de l’existence et pourtant porteuse de vie et pleine d’espoir ».