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À Liège ou ailleurs, « il n’y a pas de mauvais livres »…

Un coup de cœur du Car­net

Jean-Jacques MESSIAEN, Lec­ture pour tous. Une his­toire des ini­tia­tives de la Province de Liège en matière de lec­ture publique, Pré­face de Jean-François Füeg, Édi­tions de la Province de Liège, 2021, 194 p., 20 €, ISBN : 9782390101604

messiaen lecture pour tousPro­mul­guée le 17 octo­bre 1921, la loi Destrée sur les bib­lio­thèques publiques mar­quait un moment fort de la poli­tique cul­turelle dans notre pays. Plus que la recon­nais­sance d’un lieu sym­bol­ique, c’était un ser­vice des­tiné au plus grand nom­bre que cette dis­po­si­tion légale insti­tu­ait : offrir à toutes et tous l’accès à la lec­ture, afin de favoris­er le développe­ment intel­lectuel de toutes les caté­gories sociales. Aigu­il­lon­né sur sa droite quant au choix des ouvrages à met­tre dans les mains du peu­ple, Destrée eut cette réplique ful­gu­rante : « Pour l’État, il n’y a pas de mau­vais livres ». Le ten­ant du Par­ti ouvri­er belge refu­sait d’orienter les choix des usagers selon une doxa, une idéolo­gie, fût-ce celle de son pro­pre par­ti. Au con­traire, il fai­sait con­fi­ance aux indi­vidus dont il était per­suadé que, con­fron­tés au plus grand nom­bre pos­si­ble de sources diver­gentes, ils sauraient exercer leur esprit cri­tique. En cela, il créait le pro­fil, peut-être idéal­isé, en tout cas fon­da­men­tale­ment vertueux et posi­tif, du Lecteur, au dévoué ser­vice duquel il met­tait les bib­lio­thé­caires… Con­tin­uer la lec­ture

« Dieu n’a jamais existé mais Eddy bien »

Jeanne RAHIER, Tout Eddy est dit. Écrits 1969–1979, Édi­tion établie par Jean-Jacques Mes­si­aen, Avant-pro­pos d’André Stas, Edi­tions John­ny Bersou & Son, 2019, 190 p.

Bien sûr, vous ne con­nais­sez pas Jeanne Rahi­er, et per­son­ne ne pour­ra vous en faire grief, car la pro­duc­tion de cette Serési­enne (1896–1981) était vouée à demeur­er au rang de ce que Mar­cel Jouhan­deau appelait avec déli­catesse « la lit­téra­ture con­fi­den­tielle ». C’était cepen­dant compter sans l’endurance du PPP (Poly­graphe Provin­cial Paten­té) Jean-Jacques Mes­si­aen qui a tout mis en œuvre pour révéler les textes de cette plume atyp­ique dont il a gardé le plus vif sou­venir. Ado­les­cent, il les a enten­du lire par leur auteure lors des nom­breuses vis­ites qu’il lui rendait, rue Peeter­mans, « dans le fond de Seraing » comme on dit dans la région. « Une voix chaude aux into­na­tions gouailleuses, striée des blessures de l’existence et pour­tant por­teuse de vie et pleine d’espoir ». Con­tin­uer la lec­ture