Archives par étiquette : Ludivine Joinnot

Prix Max Jacob 2025

Le prix Max Jacob 2025 sera remis le 24 mars. Les lau­réates et lau­réats de cette édi­tion ont toute­fois déjà été annon­cés. Con­tin­uer la lec­ture

Crépuscule, tendre et joyeux

Ludi­vine JOINNOT (autrice) et Valérie LINDER (illus­tra­trice), Des four­mis qui gig­o­tent, Ail des ours, coll. « Graines d’ours », 2024, 52 p., 10 €, ISBN : 978–2‑491457–33‑4

joinnot linder des fourmis qui gigotentValérie Lin­der est la cheville ouvrière de « Graines d’ours » : respon­s­able de la col­lec­tion aux édi­tions L’Ail des ours (dirigées par Michel Fiévet), « elle s’occupe des liens avec les aut.eur.rice.s et illustrat.eur.rice.s […], elle accom­pa­gne et con­seille l’éditeur […] » et, pour ce sep­tième vol­ume, comme elle l’avait déjà fait pour les qua­tre pre­miers numéros, elle a pris sa palette-douceur et illus­tré les textes poé­tiques de Ludi­vine Join­not. Con­tin­uer la lec­ture

Écrire ou parier sur les possibles…

Ludi­vine JOINNOT, Sans las­si­tude des paysages, Arbre à paroles, 2024, 112 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87406–749‑5

joinnot sans lassitude des paysagesDans le précé­dent recueil de Ludi­vine Join­not, Nous vivons encore, « une phrase extraite de La cloche de détresse de […] Sylvia Plath sonne le glas. L’impact d’un gong comme pour mieux accom­pa­g­n­er les dis­parus aux­quels s’adresse l’autrice dans la pre­mière par­tie du livre inti­t­ulée Faire le deuil. » Dans Sans las­si­tude des paysages, Ludi­vine Join­not cite Ale­jan­dra Pizarnik et Manuel Vilas. Celui-ci, écrivain et poète né en 1962 à Bar­bas­tro en Espagne, est une fig­ure de l’avant-garde de la lit­téra­ture espag­nole. Il a écrit : « la joie qui m’intéresse se con­quiert». La pre­mière, poète mys­tique sans dieu, « peu con­nue et célébrée en France, est presque l’objet d’un culte dans sa patrie, l’Argentine, mais aus­si dans le monde his­panophone. Sa noirceur, ses invo­ca­tions amères, son sui­cide, auraient pu en faire un poète mau­dit. Il n’en fut rien […]. Mais la bar­rière, faite des tes­sons de la mort, édi­fiée dans son œuvre, effraie et tient en respect sans doute. Un voile noir cou­vre ses mots, elle glace et elle boule­verse tout à la fois. » Para­doxale­ment au des­tin trag­ique de Pizarnik, c’est à une cita­tion volon­tariste — auto­sug­ges­tive ? — de celle-ci que fait appel Join­not dès l’entame de son recueil : mais je veux me savoir vivante / mais je ne veux pas par­ler / de la mort / ni de ses étranges mains. On notera néan­moins tout de même que, dans les références à des fig­ures de femmes ici mis­es en avant, Join­not fait la part belle à deux sui­cidées. On voit d’emblée que le pro­pos de l’ensemble poé­tique sera à la fois exis­ten­tiel et méta­physique. Con­tin­uer la lec­ture

Malgré les cicatrices et les lézardes…

Ludi­vine JOINNOT, Nous vivons encore, Arbre à paroles, coll. « If », 2022, 88 p., 15 €, ISBN : 9782874067174

joinnot nous vivons encoreEn ouver­ture du recueil de Ludi­vine Join­not, Nous vivons encore, une phrase extraite de La cloche de détresse de l’écrivaine améri­caine Sylvia Plath sonne le glas. L’impact d’un gong comme pour mieux accom­pa­g­n­er les dis­parus aux­quels s’adresse l’autrice dans la pre­mière par­tie du livre inti­t­ulée Faire le deuil. Les proches, quelques poètes com­pagnons de route se croisent au détour de sou­venirs com­posés avec douceur et nos­tal­gie. Mais la dis­pari­tion des êtres chers serait-elle syn­onyme de la fin de l’écriture ? On pense aux car­nets de Nathalie Sar­raute s’interrompant brusque­ment à la date de la mort de son mari, au Jour­nal de deuil de Barthes inter­ro­geant en somme l’utilité d’écrire après la mort. Ce serait sans compter le pou­voir de la lit­téra­ture qui ne cesse jamais de tiss­er ce lien essen­tiel reliant mort, deuil et mélan­col­ie. Car pour faire revivre ceux dont la voix s’est tue, pour à nou­veau leur don­ner le mou­ve­ment de la danse, l’écriture reste seule capa­ble d’insuffler le rythme, la cadence… Con­tin­uer la lec­ture