Se promener “À côté du sentier”

Daniel SIMON, À côté du sen­tier, Brux­elles, M.E.O., 2015, 143 p., 15 €

simon_primaelleDaniel Simon est un con­tem­pla­teur. Il con­tem­ple le monde, l’époque qui nous entoure. De ces obser­va­tions, nait un recueil de nou­velles : À côté du sen­tier qui évoque « notre désir de retrou­ver des murs nus dans la mai­son du temps où nous pas­sons ». Vaste pro­jet qui est donc le sien dans cet ouvrage paru aux édi­tions M.E.O.

Ces nou­velles qui com­posent ain­si ce troisième ouvrage présen­tent une même vraie cohérence nar­ra­tive et styl­is­tique. Thé­ma­tique­ment par­lant, chaque réc­it, de « Pour­riez-vous être plus clair ? » à « Le Petit théâtre » explore quelques images instan­ta­nées du quo­ti­di­en dans une écri­t­ure très réal­iste : « Mamy n’allait pas bien. Ses jambes, sa hanche et sa tête quelque­fois. Surtout les jambes. Ça fai­sait un an qu’elle ne sor­tait que rarement. Le temps, la pluie, le soleil, le vent… À force, ça a empiré. Elle n’est plus sor­tie. Alors on allait chez elle et on fai­sait le tour de l’appartement pen­dant des heures. On lui tenait le bras, elle s’appuyait sur sa canne et on tour­nait en rond. » Aus­si, la prose de Daniel Simon n’a‑t-elle rien de super­flu, elle évite les écueils d’une écri­t­ure qui se voudrait trop lyrique pour priv­ilégi­er une nar­ra­tion directe et effi­cace. À côté du sen­tier se lit comme des bribes de romans à venir.

Dans ce recueil, l’auteur priv­ilégie les change­ments d’énonciation, pas­sant du « je », au « nous » ou encore au « il ».  Cette vari­a­tion dans la com­po­si­tion du recueil apporte un vrai rythme à l’ensemble et per­met, dans une per­spec­tive plus nar­ra­tive, de dress­er une série de por­traits très dif­férents les uns des autres, mais for­mant un tableau pré­cis de notre société, sans embel­lisse­ment : « J’ai quit­té l’école en juin et me revoilà à pied d’œuvre. Trois col­lègues man­quent à l’appel, ils ont aban­don­né, ter­mi­nus, ils ren­dent leur tabli­er ».

À côté du sen­tier se lit comme une prom­e­nade lit­téraire, légère et distrayante. C’est finale­ment ce qu’on attend de la lit­téra­ture.

Pri­maëlle Verte­noeil