Un coup de cœur du Carnet
Gérald WITTOCK Le dernier roi, The Melmac Cat, 2025, 192 p., 16 €, ISBN : 978–2492759277
Dans ce pop roman, Le dernier roi, Gérald Wittock, par ailleurs auteur et compositeur belge, parsème dans le récit une suite de QR codes qui renvoient aux musiques populaires qui l’ont accompagné dans l’écriture du livre. Le dernier roi est aussi un hommage à Jack London et à un de ses chefs-d’œuvres, L’appel de la forêt. Qui a lu ce livre dans sa jeunesse ne peut s’empêcher de sourire et de faire remonter à la mémoire un plaisir de lecture qui fut intense et fondateur. Dans ce roman, Jack London met en scène un jeune héros et son chien Buck. Gérald Wittock a eu l’excellente idée de reprendre ce rapport de d’homme à animal aujourd’hui dans un récit qui ne se passe pas en Alaska dans le Grand Nord mais bien en mai 1968, à Bruxelles et à Paris. Continuer la lecture




Bien rares sont les auteurs qui sortent tout armés de leur écriture première. La plupart tournent en rond interminablement. Ils effectuent des rites de passages, sacrifient aux idoles du jour, et suivent des pistes qui débouchent sur des sources taries. Soit qu’ils croient que la littérature est de la musique, soient qu’ils pensent qu’elle est un témoignage vécu, ils n’échappent pas aux apparences, c’est-à-dire à la répétition.
Daniel Simon a de nouveau frappé. Le directeur des Éditions Traverse et l’auteur de nombreux livres de poésie, de théâtre et d’essais livre ici son nouvel opus poétique, Au prochain arrêt je descends, aux Éditions Les Carnets du Dessert de Lune.
Poète, dramaturge, nouvelliste, Daniel Simon traverse la littérature en électron libre aussi nourri de rêves éveillés que vigilant observateur des heurs et malheurs d’un monde qu’il aimerait plus juste et plus fraternel. C’est ce qu’il exprime au fil des pages de Ce n’est pas rien – Nouvelles et textes brefs, flânerie signifiante patronnée en exergue par Thomas d’Aquin : « il faut un minimum de confort pour pratiquer la vertu ». Ce qui d’ailleurs pourrait aussi se traduire par : il est plus aisé de se montrer intransigeant quand on vit dans le confort. L’ironie positive pratiquée par Simon, on la retrouve en force dans le texte qui clôt le recueil : une lecture-spectacle interprétée naguère au Château de Seneffe, intitulée Modeste proposition pour les enfants perdus, directement inspirée de la fameuse provocation de Swift relative à la famine d’Irlande. Il s’agit bien entendu pour l’auteur de destiner la majorité des nourrissons rendus « dodus et gras » à la table de « personnes de bien et de qualité » :
Daniel Simon, écrivain multiple et magister particulièrement actif dans la propagation de la lecture et de l’écriture, décline les beaux fantasmes de l’enfance sous les espèces d’une Autobiographie rêvée toute en images fortes et poétiques. Le texte central L’Ogre des cabanes précède Les fleurs en papier crépon, évocation romantique des souvenirs d’un séjour à la Mer du Nord vécu par le petit natif de Charleroi accompagné de sa maman. 